Daryush Ashouri fait partie des intellectuels laïques qui s'appuient sur une tradition philosophique occidentale, pour éclairer quelques aspects des problèmes de la société iranienne sans oublier l'importance de la tradition, religieuse et nationale, dans la compréhension de la situation de l'Iran. Certes, il ne tente pas de réconcilier la religion avec la modernité mais il met en valeur une approche de la tradition qui serait compatible avec une modernité, ouverte à la pluralité et à la diversité. Ce livre se propose de mettre à la disposition des lecteurs francophones la traduction de quelques-uns de ses textes représentatifs des problématiques qui ont mobilisé les milieux intellectuels en Iran durant les cinquante dernières années. Compte tenu du nombre important de ses textes et de la diversité des champs dans lesquels il les a écrits, notre choix s'est porté sur des thématiques liées aux questions de l'Occident, de la modernité, de la langue persane et d'une nouvelle lecture de la poétique d'Iran. En regardant la trajectoire intellectuelle de notre auteur, on perçoit facilement qu'il fait partie des quelques rares intellectuels iraniens qui ne se sont pas laissé influencer, contaminer et dominer par les deux orthodoxies de leur époque que sont le marxisme dans ses différentes versions et la religion musulmane, dans ses tendances majeures. En qualifiant Ashouri d'intellectuel hétérodoxe, nous avons voulu insister sur sa position critique face au marxisme, au capitalisme et à l'idéologie de modernisation autoritaire de régimes.
Nombre de pages
254
Date de parution
01/02/2019
Poids
305g
Largeur
135mm
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EAN
9782343166650
Titre
Daryush Ashouri. Un intellectuel hétérodoxe iranien
La phénoménologie de Husserl naît de l'interrogation problématique de l'application de la science à la philosophie. Dorénavant, toute question est un problème, la phénoménologie elle-même pouvant également devenir son propre objet. À la recherche du rêve, de l'éveil et de la phantasia, la phénoménologie nous offre une logique d'apparence, voire de transaparence, déterminant l'unité du monde et l'unité universelle en tant que telle. On y constate la rotation charnelle, voire kinesthésique, dans le mouvement des yeux et le mouvement du monde dans son entité avec nous.
Nous appliquons la phénoménologie, socle d'une connaissance objective, à l'histoire de la philosophie et à l'analyse de la tradition de penser. On examine ici l'expérience médiévale de la philosophie par une approche phénoménologique ; l'intentionnalité, la Hylé, la perception, la logique, le monde, la vérité, la conscience... autant d'objets pour une étude comparative qui retrace le parcours de la philosophie médiévale et révèle comment le penseur médiéval abordait des problèmes philosophiques toujours en vigueur aujourd'hui.
La brève histoire de la philosophie moderne en Iran exposée dans cet ouvrage se présente comme un préambule à la connaissance des hommes de lettres iraniens et à leur pensée dans une société tissée de paradoxes. L'herméneutique est sans doute l'un des exemples les plus significatifs de la modernisation théorique en cours en Iran. Après avoir acquis une nouvelle forme de langage, dépourvue de fondements, et créé une conception qui permet de travestir la réalité du monde, elle s'est substituée à son image classique pour devenir une manière de camoufler la décadence de la pensée traditionnelle. De même, l'iconoclasme, phénomène qui touche la conscience visuelle de la société iranienne, représente un autre exemple de ce paradoxe originel, à double tranchant, d'une vision qui ne parvient pas à identifier son trait ontologique et à déterminer l'éducation de la vue. Ainsi le sacré ne supporte pas de se voir et de percevoir l'autre comme sacré, car une conscience séculaire qui n'a pas accès à la vision demeure dans le domaine de la divinité obscurantiste moderne.
La modalité persique de la formation de l'homme s'est constituée dans un face-à-face avec les paradigmes du judaïsme et de l'hellénisme. Le modèle persique a sa propre paideia et son universalisme véhiculés par la civilité poétique fondée dans l'Antiquité sur la souveraineté du monarque. Ce paradigme possède une force littéraire, mythologique et linguistique, mais il réinvente aussi, au travers de son intelligentsia, un versant conceptuel et une "conscience" dans ses multiples facettes. L'intelligentsia iranienne a une histoire longue mais elle a perdu son hégémonie face aux autres paradigmes. A l'époque moderne, différentes modalités de la conscience (historique, langagière, visuelle...) sont la manifestation du paradigme persique. Dans ce livre, on cherche à cerner quelques figures toutes tendances confondues qui incarnent dans l'Iran moderne ces modalités de la conscience persique. Les hommes et femmes abordés dans ce livre sont une partie de tous ceux qui composent le panthéon de la culture iranienne.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...