Etre enfant au Moyen Age. Anthologie de textes consacrés à la vie de l'enfant du Ve au XVe siècle
Riché Pierre
FABERT
19,25 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782849220894
Extrait de l'introductionDéfinition de l'enfanceCE LIVRE N'AURAIT PAS PU ÊTRE RÉALISÉ, il y a cinquante ans. En effet, à l'époque, il était courant de dire que le Moyen Age ne voyait pas l'enfant, qu'il n'y avait pas d'enfant au Moyen Age, mais seulement des petits adultes.Et pourtant, à la fin du XIXe siècle, que de travaux sur l'école et l'éducation! Les controverses entre les partisans de l'école d'autrefois et l'école républicaine firent naître de nombreux livres. Celui d'Emile Durkheim (1938), L'évolution pédagogique en France, a été réédité plusieurs fois. Après cette belle époque, les livres sur l'enfance et l'éducation se font rares, du moins en France. Nous laissons aux Anglo-saxons, aux Allemands, aux Canadiens, le soin de s'occuper de cette question. L'histoire de la pédagogie médiévale est sacrifiée. Treize pages seulement dans le livre de René Hubert, Histoire de la pédagogie, avec comme titre de chapitre: «L'éducation théologique et scholastique du Moyen Âge.» Un autre livre sur les sciences pédagogiques paru en 1971 parle de «l'interminable millénaire» et ne lui consacre que peu de pages. Comment expliquer cette situation? En 1960 paraît un livre important de Philippe Ariès, L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime. Ariès avait le grand mérite d'ouvrir des recherches sur l'enfant, mais malheureusement son jugement sur le Moyen Âge était négatif. «La civilisation médiévale avait oublié la paideia des Anciens et elle ignorait encore l'éducation des Modernes. Tel est 1e fait essentiel, elle n'avait pas l'idée de l'éducation.» Le livre eut beaucoup de succès et, pour la partie concernant les temps modernes, il le méritait, mais malheureusement ses idées concernant le Moyen Âge furent reprises par des historiens très sérieux, tel Georges Duby, qui l'année suivante écrivait que l'histoire de l'enfance au Moyen Âge était impossible à faire «puisque jusqu'à des temps très proches les adultes ont accordé peu d'intérêt à l'enfance». Encore en 1993, dans le Dictionnaire de la France médiévale, on lit: «L'enfant proprement dit est absent de la littérature et de l'art.» Pourtant dans la réédition de son livre en 1973, puis plus tard en 1980 dans une interview, Ariès avait reconnu qu'il avait sacrifié le Moyen Âge qu'il connaissait mal.Peu à peu les articles, les colloques, en France et à l'étranger, s'intéressent à l'enfant médiéval. Une de mes anciennes étudiantes, Danièle Alexandre-Bidon, écrit, en collaboration avec Monique Closson, L'Enfant à l'ombre des cathédrales, en 1985, s'appuyant surtout sur l'iconographie. Avec cette étudiante devenue collègue, nous organisons, en 1994, une exposition à la Bibliothèque Nationale sur «L'enfant au Moyen Âge», que plus de cinquante mille visiteurs viendront voir. On découvre de nombreuses représentations de l'enfant sur des manuscrits, du matériel scolaire, des jouets, des traités pédagogiques, etc. Nous écrirons un livre, L'enfance au Moyen Age, qui malheureusement est aujourd'hui épuisé. Un autre jeune collègue, Didier Lett, prend l'enfant médiéval comme sujet de thèse et la publie sous le titre L'enfant des miracles - Enfance et société au Moyen Age (XIIe-XIIIe siècle) en 1997. La même année, avec Danièle Alexandre-Bidon, il écrit une Vie quotidienne de l'enfant au Moyen Age. Cette fois, la démonstration est faite. Le Moyen Âge avait bien parlé de l'enfant dans les textes et les images.En dehors des livres cités, il y en a beaucoup d'autres. Tous ces livres explorent les textes médiévaux et en particulier les traités d'éducation qui se multiplient à partir du XIIe siècle jusqu'à la fin du Moyen Âge. Ils sont particulièrement nombreux en Italie aux XIVe et XVe siècles.Mais avant de s'engager plus dans l'exploitation des textes pour présenter tout ce qui intéresse l'enfant au Moyen Âge, il faut savoir ce qu'on désigne sous le terme enfant, car les définitions diffèrent bien souvent.
Pierre Riché est professeur émérite d'histoire médiévale à l'université de Paris X-Nanterre. Au VIIe siècle, alors que s'affrontent encore les héritages celte, gréco-romain et germanique, la première unité européenne voit le jour. Elle est l'?uvre des Carolingiens, une famille aristocratique qui mène une habile et patiente stratégie d'alliances avec les territoires voisins. Maîtres de l'Austrasie, puis de la Gaule, ils créent un empire qui regroupe pendant un siècle une grande partie de l'Occident. Cet empire engendre à son tour les royaumes et les principautés ancêtres des nations modernes. Les Carolingiens mettent en place les institutions politiques,sociales et religieuses qui caractérisent le Moyen Âge: conception religieuse de la royauté, État pontifical, vassalité, etc. Cette remise en ordre unificatrice s'accompagne d'un renouveau culturel et artistique. Il est au fondement de la civilisation occidentale.
Résumé : Comment évoquer le quotidien de la vie dans le haut Moyen-Age dans ce qu'il a de plus humble, alors que nous disposons d'une documentation rare et dispersée, essentiellement littéraire ? Il faut commencer par replacer l'homme carolingien dans son cadre géographique. A -t-il idée de la diversité de peuples, de langues, de coutumes de cet immense empire ? Comment se déplace-t-il ? D'autre part, il faut tenir compte de la faiblesse démographique : les Carolingiens sont perdus dans un monde naturel hostile. Ils se regroupent en villages, cités monastiques, résidences princières et villes. Dans la société carolingienne, s'opposent deux groupes : les puissants aristocrates laïcs et ecclésiastiques, gravitant autour de la cour royale, qui, par leur éducation, leur genre de vie, leur aptitude à la guerre, leurs richesses, dirigent l'empire. Les autres, les paysans libres ou esclaves, les marchands, les juifs, dépendent étroitement des puissants. Les Carolingiens sont aux prises avec les problèmes de la vie matérielle. Il faut exploiter la terre pour se nourrir difficilement ; les artisans ruraux et urbains fabriquent de quoi se vêtir, s'équiper et se loger. L'époque carolingienne est réputée pour être l'âge de renaissance intellectuelle et religieuse. Ecoles et ateliers de scribes sont à l'origine du renouveau. Les clercs et les moines ont le monopole de la culture. Ils éduquent les aristocrates laïcs et assurent le "salut " du peuple. Toute la vie religieuse est centrée sur la prière liturgique. Les Carolingiens qui vivent difficilement par suite des guerres et des fléaux, doivent rechercher des protecteurs ; d'abord le roi, premier justicier, mais aussi les grands, et enfin l'Eglise.
En 476 un chef barbare prend, à Ravenne, la place du dernier empereur d'Occident. En 774, à Pavie, Charlemagne un roi barbare franc met fin au règne du dernier roi lombard et prend sa place. Entre ces deux dates se déroulent trois siècles d'histoire décisive pour l'Europe. C'est la fin des Grandes Invasions, l'installation des royaumes barbares, celtes et germains, la soumission d'autres peuples alamans, thuringiens, frisons, bavarois. Au VIe siècle, les royaumes méditerranéens maintiennent bien des traditions romaines. Au VIIe et au VIIIe siècle les influences barbares semblent l'emporter au moment où s'affrontent rois et aristocrates. Mais l'Eglise catholique qui d'abord s'était installée dans l'empire romain "passe aux Barbares", au risque de perdre beaucoup de ses valeurs. Elle baptise, se mêle des affaires temporelles, invente une nouvelle culture. Au milieu du VIIIe siècle est scellée une alliance entre rois francs et Eglise romaine qui détermine pour des siècles le destin de l'Occident. Ainsi ces trois siècles voient se créer l'Europe médiévale dont les Carolingiens feront par la suite une première ébauche.
Le 6 août 1942, Janusz Korczak, médecin, Juif polonais, entra dans la légende. Ce jour-là, les S. S. l'obligèrent à regrouper les deux cents orphelins qu'il avait pris en charge dans le ghetto de Varsovie. Refusant de sauver sa vie comme il en aurait eu la possibilité, il emmena avec une calme dignité "ses" enfants juifs jusqu'au train qui devait les conduire à Treblinka, où il périt avec eux. Mais Janusz Korczak ne fut pas seulement un martyr et un homme de caractère hors du commun. Il fut aussi et surtout un grand éducateur qui traduisit dans ses actes et dans ses oeuvres (parmi lesquelles le célèbre Comment aimer un enfant) la pédagogie moderne dont il s'était fait le champion. Créant des orphelinats-pilotes, il put appliquer ses conceptions, alors révolutionnaires, d'une éducation éloignée à la fois de l'autoritarisme et de la permissivité, et fondée sur la confiance, l'autonomie et le respect des droits de chacun.
L'inceste n'est pas qu'un abus d'ordre sexuel. Il va bien au-delà. Le passage à l'acte sexuel est le symptôme d'un désordre plus profond, une trahison du lien familial. En effet, l'inceste impacte les liens d'attachement, détruit la construction identitaire, désorganise la psyché familiale. Jean Luc Viaux ouvre une lecture des systèmes familiaux où existe un pacte incestueux silencieux : en attaquant sexuellement un enfant, l'abuseur révèle ce pacte et désorganise à son tour la filiation. En ce sens, l'abuseur détruit la victime et la famille dans son ensemble. Les dommages qu'il cause vont bien au-delà du traumatisme sexuel, car pour en arriver là il lui faut brouiller les repères familiaux, manipuler les liens, désorganiser le langage, déshumaniser les victimes. Au-delà de la sanction, du traitement de l'abuseur, cette compréhension de l'inceste ouvre sur de nouvelles perspectives de prise en charge de l'ensemble de la famille pour soigner la victime et parler les liens familiaux.
La Dernière Frontière, le premier livre de Grey Owl et le plus connu, a été publié en 1931. Le succès de cet ouvrage, on le doit à la vision très personnelle que Grey Owl a de " la dernière frontière ", le Grand Nord comme on dirait aujourd'hui. Il nous délivre, par la précision de ses descriptions, par son écriture souvent lyrique et poétique, un véritable hymne à la nature. L'esprit de ces vastes immensités qu'il a parcourues, été comme hiver comme trappeur ou guide de chasse et de pêche, souffle tout au long de ces pages. L'homme y est confronté à des forces phénoménales. La ruse, la force physique, le courage mais aussi l'humilité l'aident à se tirer d'affaire... Mais gare à celui qui romprait ce pacte secret de respect de la nature et de sa faune. Le Grand Nord : école de vie ? C'est sans doute, aujourd'hui encore, le message le plus perspicace, le plus actuel que nous délivre Grey Owl sur le monde boréal. L'homme qui rêvait d'être indien prouve dans cet ouvrage son attachement à un mode de vie et à une culture qu'il avait adoptés. Ce livre va remuer les consciences et aura un rôle capital. Il sera à l'origine des premières mesures de conservation de la faune prises par le gouvernement canadien. Et sans doute doit-on à ce personnage hors du commun la présence dans la forêt boréale canadienne, aujourd'hui encore, d'une faune sauvage, alors menacée de disparition.
Une histoire du pouvoir à travers ses plus illustres cérémonies. " Cette cérémonie toujours la même et pourtant si diverse par l'histoire, les temps, les idées, les moeurs, les usages et les coutumes ". (Chateaubriand) En 2023, plus de deux milliards de personnes ont assisté en direct au sacre de Charles III dans l'abbaye de Westminster, ce rituel venu du fond des âges et continuant de passionner les foules du monde entier. Depuis des siècles, de nombreux ouvrages se sont interrogés sur ces cérémonies majeures où un nouveau monarque reçoit l'onction de l'huile sainte en même temps que la couronne. Le sacre des rois de France à Reims compte parmi les plus célèbres, Marc Bloch ayant notamment montré comment la tradition capétienne avait inspiré par la suite les monarques anglais. Cet ouvrage collectif poursuit précisément la même ambition, et vise à étudier les sacres européens comme une tradition politique, en revenant sur des cérémonies marquantes, des usages disparus ou au contraire toujours vivaces. En dix-sept chapitres enlevés sont ainsi évoqués les sacres des rois de France au Moyen Age et à la Renaissance, ceux des empereurs carolingiens et ottoniens, des rois de Suède, des empereurs romains germaniques, des tsars de Russie et bien entendu des rois d'Angleterre. De manière plus ciblée, l'ouvrage revient sur des cas particuliers, comme Charles VII, Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV, Napoléon et Charles X, avant d'évoquer l'invention de rites de substitution qui forment la mémoire posthume des sacres. A travers ce lien puissant entre le politique et le sacré, l'ouvrage souligne ainsi de manière frappante le besoin de ritualisation inhérent à tout pouvoir, car il est au fondement même de la perpétuelle quête de légitimité des dirigeants. Sous la plume experte d'un collectif d'auteurs associant figures montantes de l'histoire et personnalités reconnues (Jean-Christian Petitfils, Philip Mansel, Maxence Hermant, Gérard Sabatier, Nicolas Dujin, Thierry Lentz), ce Grand livre des sacres offrira la première synthèse accessible au grand public, prenant en compte les avancées les plus récentes de la recherche tout en s'appuyant sur un corpus considérable de témoignages et d'archives inédites.
Arsinoé, Jeanne, Hélène, Marie-Caroline, Irène... Ces prénoms ne nous évoquent presque rien. Pourtant, ce sont les soeurs de Cléopâtre, Catherine d'Aragon, Sissi, Marie-Antoinette et de la tsarine Alexandra. Qui sont ces femmes issues de la même éducation, la même enfance et du même contexte social que les princesses les plus fantasmées de la culture populaire ? Comment expliquer qu'elles aient été ainsi éclipsées ? Elles ont connu des destins tout aussi extraordinaires que leurs célébrissimes soeurs : elles ont régné, combattu, comploté, été assassinées, ont encouragé des avancées scientifiques, sociales, artistiques... Toutes se sont confrontées aux réalités imposées par leur rang et leur époque, bien loin de la princesse des contes de fées. A travers vingt-neuf portraits, Lune Robin retrace deux mille ans de grands événements historiques. Entre récit et biographie, elle tisse une lecture sensible des liens sororaux à travers les âges et redonne vie à ces femmes oubliées de nos manuels d'histoire.
Plongez au coeur d'une saga anglaise aussi captivante que réelle, où glamour, tragédie et ironie cinglante tissent le destin de six soeurs hors du commun. Bertrand Meyer-Stabley retrace avec une plume alerte le parcours inouï de ces aristocrates britanniques devenus des égéries de la High-Society. De la lumineuse Nancy à la redoutable Diana, de la troublante Unity à la rebelle Jessica, de la discrète Pamela à la charmante Deborah, chaque soeur illustre un pan de l'histoire européenne. Maîtresse d'un intime du général de Gaulle ou épouse d'un leader fasciste, amie d'Hitler ou militante communiste, fermière mondaine ou duchesse grand style, le récit de leur vie dépasse les fictions les plus audacieuses. Nourri de confidences inédites et d'archives rares, ce livre ressuscite un clan féminin mythique, inclassable et inoubliable. Un portrait de famille, où l'on retrouve aussi leurs parents et leur frère Tom, à la fois tendre et impitoyable, à lire comme un roman... où tout est vrai. Dans cette biographie chorale, l'auteur révèle le charme et les fêlures d'une fratrie grandeur nature.