Outre deux textes importants de Pierre Raymond lui-même (sur Althusser et sur Spinoza) qui sont republiés ici, il y a, dans cet ouvrage collectif qui lui est dédié, comme l'amorce joyeuse d'une encyclopédie raisonnée et critique. Et c'est en cela qu'il lui fait hommage, à lui, philosophe d'esprit critique et encyclopédique à la fois. Qu'ils ou elles aient été, en effet, ses collègues ou ses élèves, tous les auteurs de ce recueil étaient ses ami(e)s. Et, accompagnant les images chaleureuses de sa personne ou de son enseignement, leur témoignage d'amitié prend ici la forme de contributions expertes et passionnées à l'avancée de leurs disciplines respectives : mathématiques, physique, économie, psychanalyse, musique, politique, sans oublier, cela va de soi, la philosophie elle-même. Honneur, donc, à Pierre Raymond que d'avoir eu de tel(le)s ami(e)s. Ici se rejoignent, en même temps que des générations différentes, des "noms connus" et des auteurs moins connus. Mais, hommage suprême, dans cette féconde diversité apparaît l'unité d'un esprit commun fait d'exigence théorique maximale et d'ouverture aussi bien sociale et politique qu'intellectuelle. Esprits libres, ils et elles sont heureux de se retrouver pour fêter l'un des leurs, philosophe, et assez grand philosophe pour avoir choisi, loin des illusions du philosophe-roi (ou conseiller des rois), tout comme de l'emphase des philosophes-prophètes, la place de philosophe-citoyen, professeur au service de la diffusion populaire de la philosophie. Car pour lui comme pour ses ami(e)s il ne s'agit, au fond, que de parvenir, avec le plus grand nombre, à être dignes du "premier devoir" pointé par Pascal : penser.
Nombre de pages
497
Date de parution
08/05/2017
Poids
650g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841747931
Titre
D'abord penser. Autour de Pierre Raymond
Auteur
Renou Xavier
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
650
Date de parution
20170508
Nombre de pages
497,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Mathématicien et philosophe, Jean Cavaillès (1903 - 1944) a compris en toute clarté que la philosophie n'est ni maîtresse ni servante des mathématiques et des sciences, mais qu'elle peut être leur amie. Elle n'a pas à s'arroger la fonction magistrale de vérifier à leur place la solidité de leurs fondements ni à contrôler ou exploiter leurs résultats pour la plus grande gloire de Dieu ou de la Cause. Elle n'a pas non plus à s'asservir aux mathématiques ou aux sciences comme sources uniques de vérité, justice ou justesse. Une philosophie amie des sciences entretient avec elles un dialogue à bénéfice mutuel : elle s'instruit auprès d'elles et peut, en retour, procurer aux mathématiciens et scientifiques une conscience plus claire de leur propre pratique, s'ouvrant avec eux à l'histoire de cette pratique. Observer la pensée scientifique, dans son travail, ses difficultés et ses succès, et l'aider à s'observer elle-même : tâche aussi libératrice que difficile qui vise l'impérissable idéal aristotélicien de la pensée de la pensée. Voilà la haute et rayonnante ambition de Cavaillès. C'est cet héritage que les cinq auteurs de ce livre ont voulu transmettre et commencer à faire fructifier. Et il fallait pour cela : - libérer Cavaillès des interprétations unilatérales, souvent enjeux de pouvoir universitaire, telle celle qui en fait le héraut d'une "science sans cogito" ; - retrouver la pluralité de ses inspirations philosophiques. Refusant aussi bien filiation que rupture définitive, il a une lecture critique-productive de Descartes, Leibniz, Kant, Hegel, Husserl, Brunschvicg... Spinoza, explicitement évoqué par lui à propos de son engagement dans la Résistance, est une de ses références possibles quand il traite de l'auto-développement des mathématiques ; - respecter la diversité de ses centres d'intérêt mathématiques. Il s'intéresse, on le sait, à l'axiomatisation et à la formalisation de la théorie des ensembles, mais tout autant ou plus à son surgissement chez Dedekind et Cantor, à la construction des ensembles finis à partir des ensembles infinis, à l'hypothèse du continu, etc. - mettre ses catégories emblématiques (paradigme et thématisation) à l'épreuve d'autres moments essentiels de l'histoire des mathématiques que celui de l'essor de la théorie des ensembles ; - pratiquer un dialogue amical entre mathématiciens et philosophes dans des études d' "épistémographie" entrelaçant histoire fine et philosophie. Aux lecteurs de juger si l'héritage est entre de bonnes mains.
Opérations extérieures ou antiterroristes, maintien de l'ordre ou de la paix, protection des populations, interventions " militarohumanitaires "... la guerre cherche toujours à dissimuler derrière des paravents les morts, la souffrance, la barbarie, les viols, le racisme, les pillages, la peur et les immenses dégâts environnementaux et les atteintes aux perspectives d'avenir d'une population traumatisée... Nos gouvernements prêchent la paix. Mais avec leurs conseillers militaires et leurs amis industriels ils encouragent les ventes d'armes, attisent les peurs qui font les gros contrats, volent au secours des dictatures amies, libèrent les puits de pétrole et alimentent le militarisme, tellement plus profitables au contrôle des matières premières et à l'enrichissement. Face au complexe militaroindustriel, des militants inventent de nouvelles manières de résister et de désobéir.
Après une approche historique de la privatisation du mercenariat, ce livre met à l'épreuve les arguments avancés pour justifier économiquement et moralement ce nouveau marché particulièrement lucratif : Les Sociétés Militaires Privées (SMP) peuvent-elles être contrôlées ? Sont-elles vraiment neutres, au service exclusif de leurs seuls clients ? Peuvent-elles faire figure de partenaires fiables en cas d'agressions armées ? Quels sont leur degré d'efficacité réel et la mesure exacte de leur coût ? Au regard des nombreux exemples d'abus et violations diverses perpétrés par les employés des sociétés militaires privées, et notamment à l'occasion de leur mobilisation en Irak, ce dossier s'interroge sur le véritable rôle tenu par les nouveaux mercenaires et présente les rapports entre mondialisation néolibérale, militarisme et privatisation de la guerre, avant d'observer le caractère instrumental des SMP dans les nouvelles stratégies impérialistes des grandes puissances.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.