Femmes et littérature, une histoire culturelle. Tome 1, Moyen âge-XVIII? siècle
Reid Martine ; Cerquiglini-Toulet Jacqueline ; Vie
FOLIO
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EAN :9782070465705
Résultat d'un travail collectif effectué par dix universitaires françaises et américaines pendant plusieurs années de recherches, cet ouvrage constitue le premier panorama à peu près complet des oeuvres de femmes en littérature, du moyen âge au XXIe siècle, en France et dans les pays francophones. Un tel panorama n'existait pas, les recherches dans ce domaine, aujourd'hui nombreuses en France comme à l'étranger, étant généralement ponctuelles et parcellaires, les quelques ouvrages sur le sujet anciens, et sensiblement moins ambitieux. Outil indispensable à la compréhension de la littérature pratiquée par les femmes et au rôle spécifique qu'elles y ont tenu au fil des siècles, les autrices se sont fixées pour objectifs de dresser l'inventaire des oeuvres publiées dans tous les genres existants (les découvertes dans ce domaine sont nombreuses : dès le moyen âge, c'est par dizaines qu'on compte les oeuvres de femmes en langue vernaculaire) ; accompagner les oeuvres de considérations d'ordre culturel (notamment sur l'histoire du livre et de l'édition) ; replacer ces productions non seulement dans l'histoire littéraire et l'histoire des femmes, mais aussi dans l'histoire des idées ; comprendre enfin la nature des difficultés spécifiques rencontrées par les autrices pendant des siècles et les raisons de leur oubli quasi général aujourd'hui, malgré les tentatives de redécouvertes opérées dans les années 1970. Pour la première fois, la présence continue de femmes en littérature pendant dix siècles, qui constitue l'une des singularités de la culture française, est illustrée par un nombre d'oeuvres aussi important que varié. L'ouvrage rend compte non seulement des productions dans les genres littéraires canoniques (poésie, théâtre, roman ? et, compte tenu du nombre toujours croissant de publications, se limite à ce seul genre à partir de 1914) mais aussi l'essai, la correspondance, le journal et l'autobiographie, le journalisme (à partir de la fin du XVIIe siècle), la littérature populaire et la littérature pour enfants ; la participation active des femmes à la vie littéraire de leur temps, leur présence dans les cours et couvents, les salons, cercles, groupes, réseaux et académies, est dûment répertoriée et le fonctionnement de ces formes spécifiques de sociabilité littéraire analysé. Cette synthèse invite à une réévaluation générale des oeuvres littéraires des hommes et des femmes, et à une autre appréhension de la littérature française et francophone, offrant un portrait plus juste d'une réalité où, pendant des siècles et jusqu'à aujourd'hui, hommes et femmes, ensemble et séparément, semblablement et différemment, n'ont pas cessé de créer, d'imaginer et de publier.
Et pourquoi n'écris-tu pas ? demande Hélène Cixous, s'adressant à elle-même, en 1975. Parce que l'écriture c'est à la fois le trop haut, le trop grand pour toi, c'est réservé aux grands, c'est-à-dire aux "grands hommes"." Dès son apparition, la littérature de langue française s'est inscrite dans une vision sexuée du savoir et des pratiques artistiques. Alors qu'en France les femmes écrivent depuis le Moyen Age, les effets de la différence des sexes, tantôt assumée, tantôt impensée, n'ont cessé de se manifester avec une remarquable constance. Au fil des siècles, ils s'observent dans tous les aspects de la vie et de la production littéraires. Leur conséquence la plus évidente est de dévaluer, moquer, marginaliser, avant d'effacer et d'oublier les oeuvres des unes au profit des oeuvres des autres. La connaissance de cet héritage, inséparable de la découverte d'une autre histoire de la littérature, est aujourd'hui une étape nécessaire pour mieux s'en libérer.
Littérature et politique, l'articulation n'est pas de fantaisie. Elle prend en effet tout son sens quand on sait à quel point l'?uvre de George Sand est menée par des convictions fortes, celles qui regardent la condition des femmes, mais aussi le peuple, peuple des villes et peuple des campagnes, et la forme de gouvernement qui le dirige. Ces convictions président à la rédaction des premiers romans; elles prennent ensuite au fil des rencontres, des lectures et des événements une coloration plus vive, un ton plus assuré; on les retrouvera, jamais renoncées, et singulièrement affinées, dans les derniers romans et les Contes d'une grand-mère. Les deux jours de colloque tenus en décembre 2004 ont permis à quelques historiens et quelques spécialistes de littérature de croiser leurs regards, leurs méthodes et leurs lectures des écrits de George Sand, façon active de compter au nombre, toujours croissant, de ses descendants. Réunies dans ce volume, leurs communications devraient apporter un éclairage plus précis, et espérons-le, vraiment nouveau, sur une production exceptionnelle dans son intention comme dans sa réalisation, sur cette présence du politique et de la politique dans un travail d'artiste qui entend faire ?uvre de vérité, sur ce que George Sand nomme sa "préoccupation sérieuse". Martine Reid
Résumé : "Tout le monde veut être Cary Grant. Même moi, je veux être Cary Grant". Des comédies romantiques de l'âge d'or du cinéma américain aux chefs-d'oeuvre d'Alfred Hitchcock, Cary Grant (1904-1986) demeure l'une des stars d'Hollywood les plus célèbres au monde. Gentleman flegmatique, séducteur caustique, il a réussi grâce à un physique exceptionnel à incarner "l'homme idéal", fantasme de millions de spectatrices et spectateurs. Derrière cette belle image de cinéma se cache pourtant un être tourmenté, dont toute l'existence est fondée sur le leurre. Originaire de Bristol, abandonné jeune par son père qui lui a fait croire que sa mère était morte, Archibald Leach décide de s'inventer un destin en Amérique, grâce au cinéma, plaçant sa vie sous le signe du double et de la duplicité : il change de nom, se lie sentimentalement avec des hommes et des femmes, se marie cinq fois de suite, connaît des moments de profonde dépression et fait l'expérience du LSD à des fins thérapeutiques. Martine Reid retrace l'histoire d'un individu dont l'identité s'est patiemment forgée grâce au cinéma, en parallèle du rêve américain. Derrière le divertissement, la consommation de masse et les images d'une virilité conquérante, elle dévoile les fragilités d'un homme inquiet.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.