Oranges amères. Un nouveau visage de l'esclavage en Europe
Reckinger Gilles ; Lang Verena
RAISONS D AGIR
12,00 €
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EAN :9791097084288
La migration depuis les pays des Sud vers l'Europe est la plupart du temps présentée dans les médias comme une invasion et une menace. En réalité cette "crise migratoire" révèle les ambivalences des politiques européennes. Depuis l'accord de Schengen en 1985, qui a introduit la libre circulation des citoyens au sein de l'Union européenne, la frontière n'est plus conçue comme une ligne physiquement définie, mais comme un espace dynamique qui s'étend et implique des Etats non européens. Invoquant un argument "humanitaire" de protection des migrants (des passeurs criminels et du risque mortel de la traversée de la Méditerranée), l'UE s'efforce d'empêcher tout mouvement dès son départ. En réalité, le passage en bateau vers l'Europe n'est que le dernier moment d'un long voyage qui a été marqué par de nombreux dangers bien avant d'atteindre la mer. Ce qui attend une bonne partie des migrants qui atteignent l'Europe, c'est qu'une sorte de piège au frontière du droit se referme sur eux. Dans ce livre, ce piège, c'est l'Italie de Lampedusa. Les témoignages présentés montre comment les migrants se retrouvent emprisonnés pendant des années, sans papiers, sans visas et sans argent, sans accès légal à l'emploi. Non-citoyens, ils n'ont d'autre choix que de travailler dans des conditions inacceptables. Ainsi, les personnes qui arrivent en Europe dans ces conditions forcées se retrouvent dans le segment le plus bas du marché du travail, le plus exploiteur ; elles sont à la merci de leurs employeurs et privées de tout droit - ce que l'auteur désigne à bon droit comme une forme d'esclavage. Si les discours publics et médiatiques dénoncent ces migrants comme un coût insupportable et une menace, ils se révèlent être pour certains un potentiel économique très lucratif : avec la complicité de l'Europe qui permet le maintien d'un grand nombre de gens dans une insécurité extrême, un esclavage est en effet rendu possible, avec l'accord tacite des autorités locales et la complicité de la Mafia, qui permet une exploitation par des patrons sans scrupules, d'une armée de réserve de travailleurs flexibles et interchangeables. Cela a lieu principalement en périphérie - dans les vergers du sud de l'Italie ou du sud de l'Espagne. L'horreur éprouvée face à ce traitement des migrants en Europe révèle une autre transformation du capitalisme. La misère et les dictatures laissées derrière par le colonialisme européen dans les pays du Sud, comme la pénétration des marchés locaux par des produits occidentaux fortement subventionnés, provoquent la fuite de nombreux migrants. Le recours à une main-d'oeuvre migrante et sous-payée pour financer le mode de vie impérial de l'Occident n'est pas seulement une urgence humanitaire, mais un modèle de production. L'exploitation des migrants en Calabre, loin d'exprimer l'échec du modèle économique néolibéral, constitue au contraire une condition de son fonctionnement.
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Nombre de pages
170
Date de parution
07/04/2023
Poids
148g
Largeur
110mm
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EAN
9791097084288
Titre
Oranges amères. Un nouveau visage de l'esclavage en Europe
Auteur
Reckinger Gilles ; Lang Verena
Editeur
RAISONS D AGIR
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110
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Date de parution
20230407
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170,00 €
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Résumé : Tous les produits alimentaires - nourriture ou boissons - sont à la fois sociaux, culturels, économiques et sensoriels, mais dans le cas du vin, ces traits ont été davantage sublimés. Si l'importance sociale et symbolique de sa consommation publique et/ou ostentatoire est attestée depuis l'Antiquité, la mise en discours - esthétique, savante et normative - de son point nodal entre production et consommation est historiquement récente et là encore, plus marquée que celle d'autres produits alimentaires transformés. Mais surtout, les pratiques discursives à son sujet sont foisonnantes, polémiques, intéressées, jamais définitives, émanant de sources multiples - et malgré cette profusion, la figure culturelle de l'oenophilie s'est détachée clairement et sa normativité inhérente s'est singularisée. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une micro-sociologie des pratiques alimentaires, mais à la différence de travaux qui portent sur les pratiques corporelles, il s'intéresse à la production du sens de ces pratiques en partant de la transmission d'injonctions explicites ou de normes implicites. Ce livre montre également comment s'opère un travail de subjectivation qui relie la pratique oenophilique à l'expérience sociale (centrée sur soi, sur la vie sociale ou sur l'objet- ici le vin). Le travail s'inscrit ainsi dans une discussion approfondie d'une sociologie du goût qu'il contribue à ouvrir et à renouveler.
La macroéconomie porte sur l'étude de l'économie dans son ensemble. Ce livre est le fruit de l'enseignement d'économie professé par Michael Rockinger à H.E.C. Il a pour objectif de donner au lecteur un cadre d'analyse lui permettant de répondre à des questions telles que : - Quelle est la conséquence d'une relance monétaire dans le court et le long termes ? Comment la monnaie a-t-elle évolué à travers le temps ? Quel est le rôle du secteur bancaire dans l'économie ? Comment une crise bancaire peut-elle arriver ? Comment fonctionne un système de change fixe, un système de change flexible ? Comment fonctionne le Système Monétaire Européen ? Pourquoi le chômage est-il si difficile à appréhender ? Quel est l'impact d'une augmentation des dépenses publiques sur l'économie ? Pourquoi est-il si important d'investir dans l'éducation ? Comment peut-on faire naître une hyper-inflation et comment peut-on y remédier ? De nombreux graphiques et une approche qualitative des phénomènes permettent à ce livre d'être compréhensible par un large public.
Cela fait des décennies que la France semble entretenir avec l'olympisme et le Comité International Olympique (CIO) des relations contrastées. A l'exception des Jeux d'hiver de Grenoble en 1968 et d'Albertville en 1992 notre pays a vu cinq fois chacune de ses candidatures refusée depuis 1980 par le CIO : quatre fois pour les Jeux d'été (Paris pour 1992, 2008, 2012 et Lille pour 2004) une fois pour les Jeux d'hiver (Annecy, 2018). Une nouvelle compétition mondiale se prépare pour l'obtention des Jeux de 2024, les candidatures devant être déposées avant septembre 2015. Cela laisse peu de temps à la France pour se décider, éviter les erreurs d'antan et préparer un dossier en sachant que plusieurs autres pays seront candidats, dont sans doute les Etats-Unis. Ce livre a pour but d'évaluer les chances françaises dans cet univers étonnant, complexe et secret. L'auteur de ce livre, un des meilleurs observateurs de l'évolution du mouvement olympique, trace le portrait d'un expert fictif, Marcus Darek, étudiant les différentes chances d'obtenir les Jeux. Il nous fait rencontrer des personnages réels et fascinants qui jouent un rôle important dans ce dispositif. Dépassant l'analyse d'un rapport abstrait, le dialogue avec ce personnage donne à ce livre un caractère vivant permettant au lecteur de se faire une opinion sur le véritable dilemme où est placé notre pays face à sa tentation olympique. Tous ces éléments seront au coeur d'un débat qui va débuter à l'automne 2014.
Si le sociologue n'est pas désarmé lorsqu'il s'affronte à des univers aussi bien défendus que l'Eglise (ou le patronat), c'est qu'il a affaire non, comme le dit un informateur, à une "société secrète" réglée à partir d'un poste de commandement central, mais à un champ au sein duquel les agents occupent des positions différentes et ont inégalement intérêt à défendre les intérêts associés à une position dominante dans le champ ou même à l'appartenance au champ.
La gauche de gouvernement a abandonné les classes populaires en menant une politique de " réformes structurelles " néo-libérales liées à l'intégration européenne. A l'opposé, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à l'euro, protectionniste, doit répondre à des attentes contradictoires en matière d'emploi et de protection sociale. Ce livre montre que le modèle français est menacé par une crise de représentation politique profonde, dont l'issue est encore très incertaine.Jusqu'aux années 1980, la politique sous la Ve république s'est caractérisée par l'opposition entre deux blocs, respectivement de gauche et de droite. Depuis, la vie politique française est en situation de crise : ces blocs se délitent. L'éloignement des partis de gouvernement de l'ensemble des classes populaires semble inexorable qui laisse sur la touche, d'un côté, artisans, commerçants, très petits entrepreneurs déçus par une droite jugée trop timide dans la réforme libérale et, de l'autre, ouvriers et employés, hostiles aux réformes dont est porteuse une unification européenne d'inspiration libérale à laquelle le parti socialiste est farouchement attaché.La présidence Hollande n'est ainsi pas une anomalie dans l'histoire de la gauche de gouvernement mais la vaine tentative poursuivie depuis les années 80 de constituer un Bloc bourgeois enraciné dans la pensée " moderniste " et l'abandon des classes populairesEn réaction, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à la monnaie unique, plutôt protectionniste, est traversé par des contradictions majeures portant principalement sur le marché du travail et la protection sociale.Les perspectives de la politique et de l'économie française, et même l'avenir du " modèle français ", dépendent donc de l'issue d'une crise politique qui n'est donc pas liée à des querelles d'appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d'être terminée.Table des matières : Introduction1 La crise politique : l'absence d'un bloc social dominant1.1 Caractérisation théorique de la crise politique1.2 Les classes populaires sans représentation politique1.3 D'où vient la crise de représentation des classes populaires : la rupture des anciennes alliances1.3.1 Les deux blocs sociaux1.3.2 Les difficultés du bloc de droite1.3.3 L'éclatement du bloc de gauche1.4 Stratégies " réformistes " et crise politique2 L'identité du PS au c?ur de la crise2.1 Les racines du " tournant " : néolibéralisme et modernisme2.2 La victoire idéologique de la deuxième gauche2.3 Le projet européen au service du tournant socio-libéral2.4 La présidence Hollande, fin de trajectoire3 Le bloc bourgeois : un nouveau bloc hégémonique ?3.1 Victoire idéologique des modernistes et construction européenne : la fin du bloc de gauche3.2 Les transformations du rapport salarial au c?ur de l'évolution du capitalisme3.3 La difficile émergence du bloc bourgeois3.4 La France sur les traces de l'Allemagne ?4 Recompositions politiques4.1 Restructuration de l'offre politique, une conséquence de la crise politique4.2 L'éclatement de la gauche sur la question européenne4.3 Le transformisme du Front national4.4 Dans le nouvel espace, huit projets politiquesConclusion
Ce livre remet en cause les interprétations qui ont été données de l'intervention des intellectuels lors du mouvement social de novembre-décembre 1995. Loin de se réduire à une guerre entre des camps composés d'un côté d'«experts» et de l'autre de «compagnons de route» des grévistes, la confrontation des deux listes a fait apparaître certains des clivages qui structurent le champ intellectuel. C'est en portant complètement au jour ces principes de division cachés que l'on peut comprendre le sens de l'action des intellectuels qui, par un engagement collectif et international, s'affirment aujourd'hui comme une force de résistance à la «révolution conservatrice» des pouvoirs économiques et politiques.
Un bureau de préfecture, une file d'attente, un espoir - obtenir des papiers. Désormais banale, cette image de l'immigration occulte l'essentiel: ce qui se joue de l'autre côté du guichet. Là, des fonctionnaires examinent les dossiers, jaugent les candidats, statuent sur leur sort. C'est à eux que l'État délègue la mise en ?uvre de sa politique d"" immigration choisie". Mais qui sont ces hommes et ces femmes qui décident d'attribuer des papiers ou, au contraire, de reconduire à la frontière? Comment tranchent-ils? De quelle latitude disposent-ils dans l'interprétation des règlements? Au terme de plusieurs années d'enquêtes dans les coulisses des consulats, des préfectures et des services de la main-d'?uvre étrangère, Alexis Spire dévoile la face cachée de cette machine à trier les étrangers. Ceux qu'on éloigne, et ceux qui rejoignent la main-d'?uvre bon marché réclamée par les employeurs. Situés au bas de l'échelle administrative, les personnels chargés de l'immigration sont sommés de" faire du chiffre "et de" traquer les fraudeurs ". Cobayes de la" modernisation de l'Etat ", ils s'enrôlent dans cette croisade en croyant défendre le modèle social français."