L'illusion de sens. Le problème du réalisme chez le second Wittgenstein
Raïd Layla
KIME
29,50 €
Epuisé
EAN :9782841744060
Kant soulignait le scandale du scepticisme : à peine l'a-t-on enterré sous quelque sain réalisme, qu'il ressuscite de ses cendres. Qu'est-ce qu'affronter le scepticisme ? Wittgenstein a été lu diversement, qui interroge cette résurrection. D'un côté, ses Recherches philosophiques seraient pure et simple réfutation de longs siècles de scepticisme - où l'on déclare la mort du phénix. De l'autre, un ouvrage sceptique. Est-il simplement invraisemblable d'imaginer autrui comme une ombre, ou, radicalement, dénué de sens ? La limite est délicate entre l'illusion de sens et la vision juste d'une faillibilité humaine. Entre le double oubli des failles et de la fiabilité de nos concepts, dans quelle mesure peut-on être réaliste en philosophie ? Telles sont les questions qu'aborde le présent ouvrage à partir des concepts fondamentaux du second Wittgenstein : signification, grammaire et jeux de langage. D'aucuns diront qu'il ne suffit que d'avoir l'esprit robuste : nous écouterons le contrepoint d'une voix représentant une tendance distincte de la philosophie analytique, celle de Quine. Entre robustesse d'esprit et sens des failles sceptiques, quel réalisme choisir ...
Nombre de pages
338
Date de parution
08/11/2006
Poids
448g
Largeur
145mm
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EAN
9782841744060
Titre
L'illusion de sens. Le problème du réalisme chez le second Wittgenstein
Auteur
Raïd Layla
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
448
Date de parution
20061108
Nombre de pages
338,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ni méchant ni bon, ni crapule ni honnête homme, ni héros ni insecte", ainsi se décrit l'Homme du Souterrain, construit par Dostoïevski, figure d'une connaissance de soi maladive et sans résolution. Layla Raïd propose une lecture de cette oeuvre charnière de l'écrivain russe au carrefour de la philosophie de la subjectivité de Wittgenstein et des analyses littéraires de Bakhtine. La parole de cet anti-héros, pour qui tout trait descriptif est chosification venue d'autrui, éclaire négativement le caractère inachevé de la personne humaine. Mais c'est aussi l'écriture atypique de Wittgenstein que l'auteur réinscrit dans l'histoire littéraire, telle que vue et développée par Bakhtine. Un travail dialogique sur la multiplicité des points de vue et des voix, poursuivi du Tractatus aux derniers écrits.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.