Fascinant pour les uns (la fortune critique ici rassemblée en témoigne), déroutant voire repoussant pour les autres, le Corésus et Callirhoé de Fragonard est une de ces peintures que l'on exhausse, sans doute avec raison, au rang de chef-d'oeuvre pour n'avoir jamais réussi à les circonscrire ni par le sens du goût ni par les moyens de l'esprit. Curieux et beau tableau né de nulle part ou bien du délire d'un Diderot trouvant ici le complice idéal de ses rêves d'instauration picturale, ce chef-d'oeuvre par lequel le peintre le plus aimé du XVIIIe siècle obtint son agrément académique et sa reconnaissance publique n'a rien des bluettes bigarrées qui ont fait la réputation de l'époque de la philosophie du sentiment: c'est un drame, un crime, une tragédie exaltant la suprême beauté de la ronde toxique du désir, de la haine et de la mort par les recherches fiévreuses d'un pinceau à la fois puissant, hésitant et cultivé. Une visite de ce laboratoire pictural de l'émotion et du doute s'imposait donc, et c'est à celle-ci qu'invitent les cinq études rassemblées ici, quitte à ce que le cher siècle des Lumières en ressorte un peu plus asphyxié par les irrationnelles exhalaisons de la spiritualité et du langage de l'art.
Nombre de pages
169
Date de parution
27/10/2007
Poids
378g
Largeur
171mm
Plus d'informations
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EAN
9782841031627
Titre
Coresus et Callirhoe de Fragonard
Auteur
Rabreau Daniel
Editeur
WILLIAM BLAKE
Largeur
171
Poids
378
Date de parution
20071027
Nombre de pages
169,00 €
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La saline royale d'Arc-et-Senans est un des tout premiers monuments industriels de l'Ancien Régime. L'ampleur du parti, l'éclat artistique, le graphisme savant, le projet visionnaire: tout est exceptionnel dans cette manufacture, que son auteur rêvait d'entourer d'une ville idéale à la campagne. En renouvelant l'expression des formes, elle ennoblit une puissance financière redoutée, celle de la Ferme générale, chargée de collecter et de gérer, pour le roi, les ressources de l'impôt sur le sel, la gabelle. Mais, par le talent de son créateur, Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), et par la commande de Louis XV lui-même, elle est plus encore : un des symboles de la monarchie éclairée et des réformes que celle-ci promut pour enrayer la contestation dans la société des Lumières et répondre aux mutations économiques, sociales et philosophiques. Fermée à la fin du XIXe, la saline faillit périr au début du XXe siècle. Sa vie chaotique parmi les monuments historiques, jusqu'à la Ve République qui y crée un centre culturel, révèle à la fois la fascination qu'exerce son architecture, unique au monde, et la difficulté d'associer, aujourd'hui, un imaginaire historique à ses espaces.
Le Théâtre de l'Odéon s'élève sur une place en hémicycle aux façades d'immeubles uniformes. Cinq rues rayonnantes montent vers son portique à colonnade, trois autres isolent le monument qui forme bloc, tandis que ses façades latérales et arrière s'ornent d'arcades. Cette architecture savante et ce dispositif urbain, harmonieusement conçus par ses créateurs, les architectes Marie-joseph Peyre et Charles De Wailly, ennoblit un des quartiers de Paris parmi les mieux conservés et les plus vivants qui restent du XVIIIe siècle. Ce n'est que sous le Directoire que ce théâtre reçut son nom "à l'antique" d'Odéon. Destiné à reloger la Comédie française sous le règne de Louis XV, l'édifice est projeté entre 1767 et 1778, avant d'être mis en chantier tardivement et inauguré en 1782. Les deux architectes, soutenus par la ferme volonté du pouvoir royal, surent illustrer une nouvelle politique des loisirs et une nouvelle esthétique urbaine inspirées par la pensée des Lumières. Ce livre se veut une véritable exploration de l'architecture monumentale ancienne en restituant, à partir de documents graphiques et de témoignages écrits, la genèse de l'édifice et son symbolisme porteur d'une ambition artistique partagée entre le pouvoir et le public éclairé.
Actes du colloque international d´histoire de l´art de Bordeaux-Toulouse (Mai 1989).L'originalité thématique du colloque est de privilégier les études selon deux axes peu explorés jusqu'ici : d'une part, celui des rapports étroits qu'entretiennent les capitales provinciales avec Paris dans le domaine des arts et de la vie culturelle de l'époque des Lumières à la Révolution et, d'autre part, celui qui voit les préoccupations didactiques, pédagogiques et édilitaires des philosophes et des théoriciens, se concrétiser dans l'enseignement des arts, les publications, mais aussi les programmes iconographiques nouveaux. Tous les aspects de la création artistique sont abordés ici, dans les domaines variés de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, de l'urbanisme, de l'art des jardins, du théâtre, de la musique. Le grand thème politique des arts au service de la société, adopté par les artistes, les pédagogues et les édiles de l'époque révolutionnaire trouve dans la diversité des contributions une justification évidente du titre : Le Progrès des Arts Réunis. Qu'elles soient l'occasion de synthèses nouvelles sur des sujets souvent mal connus (les Académies et l'enseignement des arts en province, par exemple), ou rarement abordés (l'influence des idées progressistes à l'étranger et le rôle des voyages d'artistes), qu'il s'agisse au contraire de communications sur des aspects monographiques d'oeuvres ou d'artistes méconnus, les études de ce recueil éclairent d'une manière totalement inédite la profusion des idées et des matières artistiques de la fin de l'Ancien Régime à l'Empire. Parmi ces dernières, l'ensemble consacré à l'architecture et, encore plus, à la sculpture, renouvelle bien des aspects de nos connaissances dans le domaine des arts, de l'iconographie et des symboles (iconographie progressiste en Espagne ou dans les jeunes Etats-Unis d'Amérique, par exemple).Le livre comporte six grandes parties : 1) Théories et débats : la leçon des images - 2) Les académies,
Depuis mon enfance, l'art m'accompagne. Dès la visite de la grotte de Lascaux en 1963, à l'âge de 7 ans, jusqu'à mes études à l'école de Beaux-Arts de Bordeaux puis durant ma carrière au Capc Musée d'art contemporain de Bordeaux et au musée des Beaux-Arts, l'art m'a fait grandir, m'a ouvert les yeux sur le monde, m'a fait découvrir sensiblement la littérature, la musique, la poésie, la danse, la philosophie... Je peux ainsi dire que l'art a sans cesse éclairé mon chemin. Pour moi, l'art fut une lumière. Ce livre n'est pas un livre d'historien, c'est un livre de passeur (de flambeau, peut-être l), le livre d'une vie avec l'art.