Les qualités du cuir travaillé au Maroc lui ont conféré une très large renommée qui a imprimé durablement sa marque dans la langue française : la maroquinerie désigne encore de nos jours l'industrie des cuirs fins. A Fès, à Marrakech, à Tétouan, les artisans ont conservé des procédés immémoriaux de tannage, qui étaient les seuls connus en Occident à la fin du XIXe siècle et qu'on découvre ici avec surprise. Ils sont fascinants pour les traditions qu'ils représentent, autant que pour les croyances occultes qui entouraient leur mise en oeuvre...Le cuir est d'abord utilisé pour la réalisation de nombreux objets utilitaires marocains mais, dans beaucoup de cas, l'observateur est séduit par le sens artistique raffiné des artisans anonymes qui les ont créés et ornementés. La peau a fourni aussi des parchemins où, depuis l'Antiquité, les arts merveilleux de la calligraphie et de l'enluminure se sont exprimés avec un talent incomparable, et elle reste au Maroc la membrane vibrante d'une floraison d'instruments de musique. Marie-Rose Rabaté, dont les ouvrages sur les bijoux et les textiles traditionnels marocains font autorité, nous conduit ici sur les chemins des métamorphoses des peaux et des cuirs, depuis les tanneries séculaires jusqu'aux objets les plus précieux dont s'enorgueillissent à juste titre les musées et les collectionneurs.
Nombre de pages
151
Date de parution
21/01/2013
Poids
840g
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EAN
9782350742441
Titre
Maroc. Les artisans du cuir
Auteur
Rabaté Marie-Rose ; Bergé Pierre
Editeur
MAGELLAN ET CIE
Largeur
0
Poids
840
Date de parution
20130121
Nombre de pages
151,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Rabaté Marie-Rose ; Goldenberg André ; Vivier Mari
Outre l'architecture de ses monuments religieux, de ses palais, de ses casbahs, le Maroc recèle une immense quantité d'oeuvres de dimensions plus modestes, certes, mais où le sens artistique a toujours trouvé le champ d'une expression approfondie et diversifiée. Il s'agit d'objets usuels dont la forme ou le décor, particulièrement élaborés, constituent des messages esthétiques accessibles à tous. Jusqu'à une période très récente, les objets nécessaires à la vie domestique, au travail, à la vie religieuse et artistique étaient pratiquement tous des productions artisanales ; dans leur élaboration intervenaient conjointement - dans des rapports variables selon leur nature - le respect de traditions souvent pointilleuses et le sens artistique des créateurs. C'était pour ceux-ci leur véritable mode d'expression, en l'absence d'"objets d'art" à but exclusivement décoratif dans la civilisation maghrébine traditionnelle.
Marie-Rose Rabaté, docteur en ethnologie, a vécu trois ans en Tunisie, voyagé en Algérie et résidé en continu pendant quatorze ans au Maroc. Dans ce pays, de nombreux séjours sur le terrain entre 1964 et 1977 lui ont permis d'acquérir une connaissance approfondie des modes de vie et des objets traditionnels locaux. Elle s'est intéressée particulièrement aux bijoux, à la fois dans leur diversité, leur localisation et leur environnement socioculturel. Installée à Paris depuis 1980, l'auteure a poursuivi et étendu ses recherches, par la continuation de ses voyages d'étude, l'élargissement de ses explorations bibliographiques et l'exploitation de plusieurs importantes collections publiques ou privées. Sa pratique de la photographie d'objets lui a permis de réunir patiemment une très large documentation iconographique personnelle, et elle a publié depuis 1996 six ouvrages d'art et de référence sur des sujets éclectiques concernant la culture matérielle du Maroc, que modifie la modernisation progressive du pays.
Présentation de l'éditeur Paul Janot (1863-1939), peintre, critique d'art et collectionneur des plus grands artistes de son temps, directeur du musée de Reims de 1917 à sa mort, prend ici la défense de Jean-Baptiste Carpeaux, injustement attaqué selon lui pour son peu de talent de peintre... Dans cette " science " étrange de l'appréciation du beau, les avis ont toujours été partagés, mais pour cc qui concerne Carpeaux, le doute n'était guère permis. C'est la sculpture ! En cour chez Napoléon III, bénéficiaire de plusieurs commandes publiques prestigieuses, il laisse des oeuvres admirables, où le mouvement paraît toujours animer et transcender le bronze, le plâtre ou le marbre, avec l'indéfinissable sourire que lui a offert Anna, la fille aînée de son ami Foucart...
Au XIXee siècle, étudier à l'université revient surtout à "faire son droit", du moins si l'on en croit les romanciers qui montrent des étudiants peu motivés et dont l'existence est cependant lourdement déterminée par ces années de "formation". Hector Malot fut lui-même un de ces étudiants et, s'il abandonna très vite la carrière juridique, il ne délaissa jamais la question du droit, qu'il pose de multiples manières, et sut défendre au mieux ses intérêts, dès lors que son bon droit était assuré. Tout d'abord, ses héros témoignent d'une probité sans faille et d'une honnêteté qui frise quelquefois la déraison : plutôt mourir que dérober une miette de pain, tel est le principe moral de Rémi, dans Sans famille. Ensuite, et surtout, le romancier ne cesse de développer des situations où la justice entre en scène, pour le meilleur comme pour le pire. Ce volume s'attache à décrire la façon dont l'auteur campe le monde de la justice, pose des problèmes de société, mais tente de repérer comment il fait jouer ensemble droit et littérature, comment fiction et procès peuvent parfois se confondre. On y prend donc au sérieux le caractère d'utilité qu'Hector Malot a voulu donner à la littérature, loin d'un art qui ne s'intéresserait qu'à lui-même. C'est ainsi l'occasion de réfléchir à ce modèle de roman, devenu presque impossible, voire exotique. Cette publication est portée par l'Association des Amis d'Hector Malot.
Immense trésor artistique classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1995, l'ancienne capitale du Laos est parfaitement conservée et n'a pas encore été touchée par notre modernisme. Elle a gardé sa douceur de vivre. Vincent Besançon est venu ici à plusieurs reprises pour dessiner dans ces lieux paisibles, enveloppés d'une profonde sérénité, et espère y revenir encore. Le site n'a rien de grandiose ou d'impressionnant, mais une harmonie profonde et spirituelle s'en dégage, qui saisit chacun. Francis Engelmann, qui a travaillé avec passion à la conservation de ce patrimoine, vit sur place depuis de nombreuses années.
Quelque part entre ciel et terre, à la frontière entre Inde et Myanmar, le "Pays des Collines" semble n'avoir jamais existé. Longtemps interdit au tourisme, il évoque tout juste pour quelques privilégiés l'insaisissable peuple des Naga, coupeurs de têtes christianisés par des missionnaires américains du XIXe siècle. Le Nagaland est pourtant l'un des vingt-neuf Etats de l'Union indienne, mais ses deux millions d'habitants, sans communauté ethnique, linguistique ou culturelle avec ses puissants voisins, se laissent facilement oublier. Ce pays est un artifice, une invention, un mythe, une réalité hors limite, tardivement identifié et intégré par la Pax Britannica, puis par la Pax India, qui pouvaient difficilement laisser sans contrôle les périphéries de leur empire. Le Nagaland regroupe des groupes ethniques hétérogènes, qui n'ont guère en commun que leur passé de petit agriculteur-chasseur-cueilleur-guerrier, d'être de type physique "mongoloïde", et d'appartenir à la famille linguistique tibéto-birmane. Yvan Travert, par ses splendides photographies en noir et blanc, et Ivana sa fille, par un texte de référence sur leur histoire et leur culture, donnent ensemble un sens aux visages des Lotha, des Konyak ou des Chakhesang croisés ici. Chacun d'eux nous rappelle une vérité qui nous échappe sans cesse : ici un guerrier mohican, des révolutionnaires péruviens ou quelque chamane sibérien, là une vieille Chinoise ou une délicate Javanaise. La peau est brune, blanche, dorée, tatouée ou pas, les yeux sont ronds, fendus ou bridés. Les deux auteurs témoignent superbement de ce peuple oublié. Turbulent, vindicatif, courtois et joyeux, il est en train de s'inventer une modernité, sans vraiment quitter ses montagnes, et sans ignorer le reste du monde.