Quelque part entre ciel et terre, à la frontière entre Inde et Myanmar, le "Pays des Collines" semble n'avoir jamais existé. Longtemps interdit au tourisme, il évoque tout juste pour quelques privilégiés l'insaisissable peuple des Naga, coupeurs de têtes christianisés par des missionnaires américains du XIXe siècle. Le Nagaland est pourtant l'un des vingt-neuf Etats de l'Union indienne, mais ses deux millions d'habitants, sans communauté ethnique, linguistique ou culturelle avec ses puissants voisins, se laissent facilement oublier. Ce pays est un artifice, une invention, un mythe, une réalité hors limite, tardivement identifié et intégré par la Pax Britannica, puis par la Pax India, qui pouvaient difficilement laisser sans contrôle les périphéries de leur empire. Le Nagaland regroupe des groupes ethniques hétérogènes, qui n'ont guère en commun que leur passé de petit agriculteur-chasseur-cueilleur-guerrier, d'être de type physique "mongoloïde", et d'appartenir à la famille linguistique tibéto-birmane. Yvan Travert, par ses splendides photographies en noir et blanc, et Ivana sa fille, par un texte de référence sur leur histoire et leur culture, donnent ensemble un sens aux visages des Lotha, des Konyak ou des Chakhesang croisés ici. Chacun d'eux nous rappelle une vérité qui nous échappe sans cesse : ici un guerrier mohican, des révolutionnaires péruviens ou quelque chamane sibérien, là une vieille Chinoise ou une délicate Javanaise. La peau est brune, blanche, dorée, tatouée ou pas, les yeux sont ronds, fendus ou bridés. Les deux auteurs témoignent superbement de ce peuple oublié. Turbulent, vindicatif, courtois et joyeux, il est en train de s'inventer une modernité, sans vraiment quitter ses montagnes, et sans ignorer le reste du monde.
Nombre de pages
65
Date de parution
26/10/2014
Poids
560g
Plus d'informations
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EAN
9782350743066
Titre
Naga. Portrait hors frontières
Auteur
Travert-Lavelle Ivana ; Travert Yvan
Editeur
MAGELLAN ET CIE
Largeur
0
Poids
560
Date de parution
20141026
Nombre de pages
65,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre est né d'une discorde entre des élèves, originaires d'une cité populaire, et moi-même, alors enseignant d'éducation physique et sportive dans leur collège Chaque fois que je proposais le football comme objet d'enseignement, je me heurtais à des interpellations du type: "Monsieur, c'est pas du foot ça?". Plutôt que d'imposer, dans le conflit, une forme de jeu ou de me résigner à ne plus enseigner ce sport, j'ai opté pour une autre perspective: comprendre à quoi jouent les jeunes des cités quand ils font du football.Cette enquête ethnographique révèle une manière singulière de jouer. Les lieux de la pratique, le rythme d'occupation des espaces, les valeurs partagées posent un monde social dans lequel les joueurs s'agrègent autour d'aspirations, de manières d'agir qui leur sont propres. Le football des cités fait la part belle au plaisir du jeu et à la reconnaissance mutuelle. Il n'est ni distraction, ni contestation. Peut-être peut-il s'envisager comme une forme d'insurrection: celle qui s élève contre l'anonymat? Jouer, c'est alors se poser en s'opposant.Outillé d'une meilleure connaissance sur ce football "de pied d'immeuble", il est possible de penser autrement son enseignement, ainsi que les rapports entre l'école et la rue. Cette question est illustrée, à la fin de l'ouvrage, par le domaine de l'éducation physique et sportive. Mais chaque lecteur, suivant le contexte éducatif dans lequel il évolue, pourra apprécier, adapter et faire vivre ces propositions. Biographie de l'auteur Maxime Travert est, à l'origine, professeur agrégé d'Education Physique et Sportive. Après avoir enseigné dix ans dans différents établissements, principalement implantés dans des ZEP, il a pris en charge la responsabilité de la filière "Education et Motricité" au sein de la faculté des Sciences du Sport de Marseille. Il est aujourd'hui maître de conférences en STAPS à l'IUFM d'Aix-Marseille, chercheur associé au sein de l'UPRES/EA 3294, équipe "Sport, Loisir, Santé", Faculté des Sciences du Sport de Marseille.
Cet ouvrage retrace une longue aventure médicale et humaine qui s'est construite avec passion et courage. La conscience populaire de la mucoviscidose remonte au Moyen Âge. Décrite comme une pathologie à part entière à la veille de la Seconde Guerre mondiale, cette maladie génétique la plus fréquente dans les populations d'origine européenne, est passée très lentement du statut de fatalité mortelle dès la petite enfance à celui de maladie chronique grave et complexe de l'âge adulte.
Présentation de l'éditeur Paul Janot (1863-1939), peintre, critique d'art et collectionneur des plus grands artistes de son temps, directeur du musée de Reims de 1917 à sa mort, prend ici la défense de Jean-Baptiste Carpeaux, injustement attaqué selon lui pour son peu de talent de peintre... Dans cette " science " étrange de l'appréciation du beau, les avis ont toujours été partagés, mais pour cc qui concerne Carpeaux, le doute n'était guère permis. C'est la sculpture ! En cour chez Napoléon III, bénéficiaire de plusieurs commandes publiques prestigieuses, il laisse des oeuvres admirables, où le mouvement paraît toujours animer et transcender le bronze, le plâtre ou le marbre, avec l'indéfinissable sourire que lui a offert Anna, la fille aînée de son ami Foucart...
Immense trésor artistique classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1995, l'ancienne capitale du Laos est parfaitement conservée et n'a pas encore été touchée par notre modernisme. Elle a gardé sa douceur de vivre. Vincent Besançon est venu ici à plusieurs reprises pour dessiner dans ces lieux paisibles, enveloppés d'une profonde sérénité, et espère y revenir encore. Le site n'a rien de grandiose ou d'impressionnant, mais une harmonie profonde et spirituelle s'en dégage, qui saisit chacun. Francis Engelmann, qui a travaillé avec passion à la conservation de ce patrimoine, vit sur place depuis de nombreuses années.
En mai 1900, de retour d'Inde, Loti entreprend de traverser la Perse (l'Iran actuel) et de se rendre à Ispahan, voyage qu'il raconte dans ce récit publié en 1904. Il est tout d'abord frappé à son arrivée par la vision des monuments d'émail bleu, aperçus de loin. Mais il rapporte que le silence et l'isolement autour de la ville sont tels que l'on se demande si des routes y mènent : on n'y voit que "de grands cimetières abandonnés où paissent les chèvres, de limpides ruisseaux qui courent partout [...], des ruines d'anciennes enceintes crénelées, et rien de plus". A l'intérieur de la ville, il note que les édifices qui, au premier aspect, "jouent encore la splendeur", sont en réalité "à moitié dépouillés de leurs patientes mosaïques de faïence et semblent rongés d'une lèpre grise". Ispahan a pour l'essentiel cessé de vivre depuis l'invasion afghane, estime Loti, qui écrit que "cette place unique au monde, qui a déjà plus de trois cents ans, ne verra certainement pas finir le siècle où nous venons d'entrer...".