Bédouins sédantarisés et société citadine à Tozeur (Sud-Ouest tunisien)
Puig Nicolas
KARTHALA
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EAN :9782845864733
Lieu de passage privilégié des habitants reliant une partie de la vaste zone périphérique de la ville de Tozeur, dans le Sud-Ouest tunisien, à ses quartiers centraux, le cimetière Sîdî Abd al-Rahîm, est avant tout un espace de vie. Anciennement dernière extrémité du monde citadin (tout autant que dernière demeure du citadin d'ailleurs), ce cimetière, l'un des deux que compte la ville, est aujourd'hui enserré dans les limites communales et intégré dans les habitudes de ceux qui se sont, les premiers, installés à proximité, le groupe des Rkârka, également identifié comme " ceux de Derrière le cimetière ". Que ceux de derrière et ceux de devant y mélangent leurs morts n'empêchent pas ces derniers, les oasiens, de jeter un regard chargé de mépris sur ces populations bédouines aux mœurs réputées un peu trop frustes pour la culture citadine. En effet, dans toute cette région du Jérid, succession de vieilles cités adossées à leur palmeraie, les habitants se sentent dépositaires d'une culture forgée dans la sédentarité autorisant le cumul des oeuvres humaines. Ils se nomment les Jéridis, du nom de la région qu'ils occupent. Cette appartenance géographique suffit déjà à les différencier des nomades qui portent le nom de leur ancêtre éponyme, substituant à la référence spatiale une identité ancrée sur la lignée et sa succession, donc sur le temps. Ils se nomment ainsi Rkârka (ring. Rakrûkî), les descendants de Rakrûk, lui-même issu de Sîdî Abîd, patron saint ayant vécu probablement au XVIe siècle, dont le tombeau se situe dans la région de Tebessa en Algérie. Depuis une quarantaine d'années, les Rkârka, avec d'autres groupes du même ensemble tribal des Awlâd Sîdî Abîd, sont venus en masse se fixer aux abords de la ville de Tozeur, dans deux vastes zones nommées Ras adh-Dhraa et Helba. Ils contribuent aux recompositions de la société citadine de Tozeur et participent aux changements sociaux qui affectent l'ensemble de cette petite région des confins du Sahara. Ainsi, du bourg modeste, travaillé par la distinction et la stigmatisation, émerge depuis une vingtaine d'année une cité contemporaine dotée d'une organisation citadine progressivement élargie aux derniers sédentarisés.
Nombre de pages
282
Date de parution
01/01/2004
Poids
510g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845864733
Auteur
Puig Nicolas
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20040101
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282,00 €
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Farah, en arabe le mot signifie 'joie". En Egypte, il désigne également les festivités en général et les fêtes de mariage en particulier. Les musiciens spécialisés qui animent ces fêtes froment un petit milieu dont les membres oeuvrent sur les estrades des noces, dans la rue. Une partie d'entre eux se regroupent encore dans quelques "cafés d'artistes", avenue Mohamed-Ali, lieu emblématique de la musique en Egypte, dont le déclin semble irréversible. Mais, si les instrumentistes et les chanteurs prestigieux s'en sont allés en quête de carrières, l'écho d'une grande histoire continue de raisonner et les musiciens de l'Avenue ne se lassent pas d'évoquer son prestige disparu. D'autant plus qu'ils sont maintenant soupçonnés de déviance morale et font l'objet d'une mise à distance sociale. Etrangers au quartier, à la famille, au public, ils pénètrent en effet au coeur de l'intimité des lieux et sont un facteur de troubles potentiel. Dans cette étude fondée sur une enquête de terrain, il est ainsi question de ces artistes, de ce qu'ils sont collectivement et individuellement, de leur travail, de leur lutte pour la dignité, de leurs ambitions le plus souvent déçues, mais aussi des microcosmes urbains avec lesquels ils sont en contact. En accompagnant les musiciens se dessinent peu à peu, par bribes successives, les contours d'une vieille société citadine "au fait" de sa ville, campée dans ses territoires et dans la multiplicité de ses mondes sociaux.
Alors que les circulations s'intensifient et se diversifient au Proche-Orient, la question de la place des migrants et réfugiés dans les villes se pose avec acuité. Relégués dans les espaces les moins légitimes, ils infléchissent les processus de marginalisation par leurs pratiques et initiatives. Ils évoluent ainsi aux limites et au coeur des sociétés citadines. A Beyrouth, Amman ou Damas, comme à Paris, Calais, Athènes, ils questionnent les sociétés contemporaines sur la place de l'Autre.
Ce numéro souhaite apporter quelques clés de compréhension sur la place et les caractéristiques de la création artistique lorsqu'elle est l'oeuvre de personnes ou de milieux artistiques en circulation : migrants, exilés, minorités ethnicisées et racialisées, etc. A partir de terrains divers, entre Europe et Maghreb, Mexique et Caraïbes, Angleterre et péninsule indienne, États-Unis et Vietnam, ou encore Liban et Palestine, les articles réunis dans ce volume rendent compte des productions et des pratiques relocalisées ou multi-localisées mais aussi des productions artistiques qui ont pour vocation le maintien d'une mémoire et la construction d'une identité comme c'est le cas à travers de nombreuses formes musicales, théâtrales, poétiques, littéraires et plastiques dans le monde. Parcours, déplacements et racinements constituent trois lignes de sens traversant les textes réunis. Les parcours sont ceux des artistes et des entrepreneurs culturels en général, tandis que les déplacements concernent les transformations des contenus artistiques et culturels dans la mobilité et enfin, les racinements désignent les modes d'insertion et les formes d'ancrages dans les lieux de vie. Il s'agit en définitive pour les auteurs de rendre compte de la façon dont aujourd'hui l'art se mondialise en articulant des territoires, des acteurs, des usages, des représentations sociales et de nouvelles formes de mobilisations collectives.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.