Entre les splendeurs de la liturgie et de l'art éthiopiens d'un côté et l'image misérabiliste d'un pays mourant de faim, l'Ethiopie contemporaine est un pays contradictoire et difficile à saisir. Seul pays d'Afrique à n'avoir jamais été colonisé (l'occupation italienne n'y dura guère plus que celle de la France par les Allemands à la même époque); l'Ethiopieabrite pourtant le siège de l'Union Africaine qui est née dans la foulée de la décolonisation. Longtemps symbolisée par un Empereur qui assumait un vedettariat de people's magazine, ce fut aussi le lieu de la seule révolution communiste authentique du continent noir. Les militants des mouvements black avaient fait de l'Empereur un héros et certains enfirent même un Dieu alors que la culture éthiopienne profonde se veut profondément autochtone et regarde l'Afrique Noire avec méfiance. L'Ethiopie est une sorte de cas-test des possibilités de l'Afrique à rejoindre le monde moderne car premier Etat noir à avoir eu une administration moderne autonome, il lutte aujourd'hui pour transformer cet essai en un accès à une transformation sociétale qui lui permettrait degarder son leadership spirituel sur le continent. A mi-chemin des études de spécialistes et des travaux de vulgarisation, le présent ouvrage cherche à donner un panorama complet de l'Ethiopie contemporaine.
Nombre de pages
440
Date de parution
01/01/2007
Poids
660g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845867369
Auteur
Prunier Gérard
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20070101
Nombre de pages
440,00 €
Disponibilité
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Né à Neuilly-sur-Seine, Gérard Prunier ne sait pas encore où il mourra. Il a écrit une vingtaine de livres, pour la plupart en anglais, et tous "scientifiques", comme la centaine d'articles qu'il a commis. Transfuge de la francophonie, il a longtemps travaillé au CNRS. Ce que vous tenez entre les mains est son premier effort littéraire, un retour (temporaire) à sa langue maternelle, et il aimerait que la curiosité vous le fasse ouvrir. Ses autres livres étaient aussi sur l'Afrique de l'Est, sa deuxième patrie, et celui-là l'est encore. Il roule entre une trentaine d'années et six pays. Ce n'est pas une autobiographie. C'est au contraire plein de gens qui ne sont pas lui, dont il a croisé les chemins accidentés, qui l'ont parfois aimé et qu'il a parfois vus mourir. N'en sortira-t-il donc jamais ? Il n'en a pas vraiment envie mais il est capable d'essayer, par simple goût de la provocation et de l'aventure, mots qui ont entretissé son existence. Si l'Afrique vous ennuie, n'achetez pas ce livre. Mais si elle vous choque, si elle vous fascine, si elle vous fait peur, prenez le risque et vous verrez bien. G. P.
La question dite ethnique est apparemment au c'ur de toutes les crises en Afrique : le Rwanda en 1994, la Côte d'Ivoire, le Congo ou le Burundi aujourd'hui. Pourtant la définition de ce qu'on appelait autrefois " les races " ou " les tribus " reste le plus souvent floue, énigmatique ou contradictoire. Autant les " ethnies " reviennent comme des évidences dans les médias, autant les historiens et les autres chercheurs en sciences sociales ont multiplié les remises en cause de ce concept et surtout de son utilisation rigide dans l'africanisme classique. Les trente études réunies ici analysent les dynamiques historiques qui ont forgé les consciences ethniques comme toutes les autres " communautés imaginées ". La complexité des constructions collectives, sociales et politiques propres à chaque région d'Afrique a été artificiellement simplifiée et figée dans les lectures et les pratiques coloniales qui ont souvent été intériorisées bon gré mal gré par les colonisés euxmêmes. Les dernières décennies ont été marquées par des sortes de résurgences de ce passé, correspondant en fait à des stratégies politiques et à des montages idéologiques très actuels. La conscience et la mobilisation ethniques, proches en cela du mouvement des nationalités dans l'Europe du XIXe siècle, sont profondément impliquées par les enjeux politiques et sociaux des Etats contemporains. Chaque situation demande donc un décryptage de l'ethnicité concernée, entre les héritages culturels d'un passé parfois très ancien, le legs de l'emprise coloniale et les adhésions ou les manipulations du temps présent. Dans la fièvre des affirmations identitaires actuelles et le réveil d'une ethnicité à l'échelle planétaire, les " ethnies " africaines n'échappent pas aux tentations de l'ethnisme. Les cas étudiés dans ce livre par un groupe d'historiens européens et africains méritent toujours d'être médités.
Si vous êtes mort, vous avez intérêt à être blanc. Pourquoi ? Parce que si vous êtes noir, vous risquez d'avoir disparu avant qu'on ne vous remarque et surtout avant qu'on ne vous compte". Notre aveuglement devant les cadavres noirs des guerres et malheurs de l'Afrique, hors de la perspective humanitaire, témoigne du refus occidental de regarder en face le monde dans lequel nous vivons. La tragédie du continent africain ne se situe pas dans un immense lamento pour un passé brutal, mais bien dans le silence assourdissant à l'égard de la réalité quotidienne du monde noir. Si les crimes et les génocides qui ont marqué l'histoire contemporaine de l'Afrique nous touchent si peu, c'est que leurs victimes - si nombreuses mais pour autant pas innombrables - n'avaient eu droit de leur vivant qu'à notre indifférence. Les vies qui ne comptent pas font les morts qu'on ne compte pas. Dans cet essai incisif et documenté, l'historien Gérard Prunier s'appuie sur sa connaissance et son expérience du continent africain pour nous interpeller sur cette forme ultime de déni d'humanité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.