Prezzolini Giuseppe ; Del Noce Augusto ; Carraud C
CONFERENCE
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EAN :9791097497866
Sous le titre général de l'ouvrage de Prezzolini, "Manifeste des conservateurs", le volume s'articule en deux parties, qui ont semblé nécessaires à proportion de la confusion actuelle de la vie publique française, afin d'opposer la patience de l'attention à la précipitation idéologique : A. Le "Manifeste" lui-même, conçu expressément par Prezzolini comme l'ajointement 1. d'une partie théorique, vigoureuse et n'allant pas, souvent, sans un humour cinglant, où prend forme le sens à ses yeux du mot de conservatisme, position à laquelle il en est venu au terme d'un itinéraire propre, et 2. de la description de cet itinéraire, description au cours de laquelle Prezzolini délivre notamment l'analyse qu'il fait du fascisme, ce qu'il appelle "le nécrologe honnête du fascisme" , rendant enfin possible le jugement historique sur ce qu'il fut (il s'inscrit, renouvelle ou appelle, à cet égard, les études décisives menées par Renzo Del Felice, Emilio Gentile - grand "prezzolinien" chargé, du reste, de ses archives - ou Augusto Del Noce) B. Les quatre études qu'Augusto Del Noce a consacrées à Prezzolini, en fonction précisément de l'importance décisive qu'il lui semble avoir eue dans l'histoire contrastée des idées italiennes, et, plus généralement, dans celle des idées politiques. Augusto Del Noce (voir son "Analyse de la déraison", que nous avons publiée en 2023) est en effet à nous yeux celui qui peut le mieux éclairer l'écheveau très complexe de ces années italiennes, tout comme le parcours prezzolinien lui-même, ainsi rendu à sa richesse et arraché au jugement hâtif que les années manichéennes d'après-guerre avaient porté sur lui. Del Noce, conformément à sa méthode, propose ici une véritable philosophie politique ancrée dans l'histoire des idées, une philosophie telle qu'elle vaut description critique de notre temps et de ses courants profonds. Les années précédant la rédaction de l'ouvrage de Prezzolini (1972) ont-elles-mêmes été très "mouvementées" , si l'on ose dire, cristallisant peu à peu des options idéologiques ayant eu une influence considérable sur la manière de se représenter la vie et son organisation éthique et politique. Prezzolini entend simplifier polémiquement les données du problème (première partie de son livre), tout en les renvoyant subtilement à une généalogie de la complexité historique (deuxième partie). Il y a très souvent une dimension provocatrice et d'autant plus stimulante dans les textes de Prezzolini (Giuseppe Longo intitulait non sans raison "un provocatore" sa contribution au recueil d'études et de témoignages qu'il avait dirigé en 1972, l'année même de la publication du "Manifesto dei conservatori" , à l'occasion des 90 ans de l'auteur, "Prezzolini 90", Milan, Quaderni dell'Osservatore, 1972, pp. 5-9). Elle fut souvent soulignée par les nombreux auteurs de monographies, tout comme le caractère "inclassable" du fondateur de "La Voce" (cf., par exemple, Anacleto Verrechia, "Giuseppe Prezzolini. L'eretico dello spirito italiano", Turin, Fogola, 1995 ; Luigi Iannone, "Giuseppe Prezzolini. Una voce contro il pensiero unico", Césène, 2018, et "Una destra atipica. Giuseppe Prezzolini, un italiano politicamente scorretto", Naples, De Frede, 2002 ; "Giuseppe Prezzolini. Una voce controcorrente, a cura di Gloria Ciabattoni e Maurizio Naldini, Bologne, Poligrafici Editoriale, 2002, etc.). Le Prezzolini de 90 ans qui écrit le "Manifeste des conservateurs" ne fait pas exception à sa propre règle. Del Noce aide à en percevoir toute la fécondité. L'ouvrage est suivi des quelques pages que Jean-Claude Thiriet, disparu en juillet 2025, avait écrites en accompagnement de ce projet. Une brève préface de l'éditeur développe les différents points évoqués ici.
Nombre de pages
264
Date de parution
22/05/2026
Poids
330g
Largeur
134mm
Plus d'informations
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EAN
9791097497866
Auteur
Prezzolini Giuseppe ; Del Noce Augusto ; Carraud C
Editeur
CONFERENCE
Largeur
134
Date de parution
20260522
Nombre de pages
264,00 €
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L'ouvrage reprend, dans l'ordre chronologique de leur parution, de 1959 à 1993, des textes majeurs de Giancarlo De Carlo (1919-2005), qui n'ont jamais fait l'objet d'une traduction française ? ; il voudrait ainsi faire mesurer l'ampleur de cette oeuvre et son importance pour qui se soucie de l'espace où il vit Le lecteur est ainsi invité à suivre le parcours et le développement d'une pensée qui commence par prendre ses distances avec l'emprise du Mouvement Moderne et s'achève par une "? méditation pédagogique ? " d'une exceptionnelle qualité sur la tâche de l'architecte aux prises avec toutes les dimensions du lieu, par lesquelles jamais la ville ne devrait perdre de vue la qualité du territoire où elle s'insère. La réflexion sur l'architecture, proposée par un esprit soucieux de précision et essentiellement tourné vers la transmission la plus claire possible au public, aux étudiants, à tous ceux qui ont le goût du lieu où vivre, est si peu séparée de celle sur le contexte physique, géographique, historique, qu'elle prend tout ensemble tournure esthétique et politique ? : Giancarlo De Carlo a souci des conditions mêmes de l'architecture et des domaines que celle-ci doit aborder pour exister pleinement comme architecture : c'est ainsi qu'il se penche aussi bien sur l'université où elle s'enseigne, les débats qui agitent cette dernière dès avant 68, l'administration et les plans que son déploiement urbanistique suppose, les formes et les territoires où elle s'inscrit et qu'elle réinvente, que sur le public auquel elle s'adresse, moyennant l'idée de la "participation" , trop souvent mal comprise, retrouvant ainsi sa dimension d'habitation et de négociation avec l'espace réel où vivre et trouver des raisons de vivre.
Le prestige de l'architecture se mesure à l'aune d'une notion qui, à la différence du beau, de l'utile ou de la construction, est restée dans l'ombre des traités. C'est dans le berceau de l'architecture occidentale, à l'époque où l'art de bâtir était avant tout une offrande, que la dignité se fait jour, avec la colonnade sous fronton, visage du temple hellénique. La force de cette figure du portique laissera une marque si profonde dans les esprits que la production architecturale s'en inspirera au cours des siècles pour entretenir l'image de la dignité, au bénéfice du prince, de l'évêque ou de la collectivité. Percer le secret de cette longévité et de cette universalité conduit à retracer la généalogie des multiples motivations derrière l'acte d'édifier. La dignité, qui a survécu à son premier visage, dont les maîtres modernes ont renouvelé l'expression, est ce au nom de quoi les pouvoirs ont occupé la scène et décoré la ville, mais aussi ce dont le projet architectural s'est nourri pour noyauter les savoirs constructifs, ennoblir la fonction pratique des murs et vaincre la disparité des lignes du plan, de la coupe et de l'élévation par la volonté d'un tout ordonnateur. Elle peut mobiliser un plan souverain, à l'image du naos détaché et autonome, comme l'illustrent la Nouvelle galerie nationale de Berlin de Mies van der Rohe ou la bibliothèque Exeter de Kahn, ou une certaine manière de défier la gravité, que l'on peut observer aussi bien dans les palais des communes italiennes du Duecento que dans la modernité brésilienne - comme la Faculté d'architecture de Sao Paolo d'Artigas -, ou encore l'art de soulever, dont certains projets corbuséens - notamment la Cité radieuse - sont l'éclatante manifestation. Des premières cités occidentales à la ville postmoderne, cette notion éclaire d'un jour neuf les fonctions sociales du beau, mais aussi des notions majeures telles que l'utilité, la gravité, l'échelle, la structure, l'ordre ou le décor. La dignité permet également d'interroger sous un angle inédit les conditions de l'invention, la quête de sens depuis le siècle dernier, la place des modèles dans l'imaginaire des architectes, notre rapport au luxe et à la grandeur et notre attachement aux places dont les bâtiments ont la garde.
Origo Iris ; Dupont Pierre ; Hughes-Hallett Lucy ;
Guerre dans le Val d'Orcia, livre issu du journal que tient Iris Origo en 1943-1944 (Ed. Conférence, 2011), relatait un épisode dramatique de la bataille de Florence. Iris Origo avait accueilli dans sa propriété de La Foce des enfants, réfugiés des villes du nord prises sous les bombardements ? ; mais les Allemands étaient aux portes, étaient dans la propriété même, et il lui fallait conduire les enfants en lieu sûr, alors que la bataille faisait rage. Action discrète et courageuse, qui caractérise toute la vie de l'auteur. C'est cette même dignité et cette même discrétion que l'on retrouve dans le journal antérieur, L'Air se rafraîchit ? ; il embrasse les mois qui vont de mars 1939 à juillet 1940. Rien ici qui soit attention à soi-même ou rumination autocentrée ? : qu'il s'agisse de la vie à La Foce, des conversations avec les paysans de ce sud de la Toscane, des déplacements à Rome dans le milieu diplomatique, de la perception inquiète de l'imminence de la guerre, de l'analyse de la situation italienne ou du portrait de quelques-uns des hiérarques du gouvernement fasciste, les pages d'Iris Origo nous offrent, avec une rare élégance et une précision de regard acérée, un document de premier ordre sur la vie italienne de cette période troublée.
La peinture de Pierre-Yves Gabioud est une recherche poétique de l'accord entre le coeur et la nature. L'artiste, sensible aux beautés des paysages montagneux comme à celles des choses simples, met son art au service de leur révélation. Ses dessins suivent avec l'élégance des paysages chinois le profil d'un sommet, ses gravures saisissent la forme bigarrée des chalets, ses huiles font généreusement refléter la lumière qui frappe la surface noire des peaux de cerises. Ce choix lucide en faveur de la figuration est fondé sur la conviction que l'art a son lieu véritable dans la rencontre de l'intériorité de l'artiste et de l'altérité du monde. Pierre-Yves Gabioud, dans des fusains ou des monotypes, des aquarelles ou des peintures à l'huile, façonne d'oeuvre en oeuvre le lexique pictural où cet accord s'accomplit, un lexique fait de douceur, de profondeur, de fantaisie aussi. Le peintre et son pays reproduit plus d'une centaine d'oeuvres de l'artiste ? : celles-ci s'accompagnent d'un entretien qui vise à en faire connaître l'esprit, ainsi que de deux textes qui reviennent sur l'esthétique et la poétique si singulières et saisissantes de l'art de Pierre-Yves Gabioud.