La répression sexuelle par les psychiatres 1850-1930. Corps coupables
Pognant Patrick
L'HARMATTAN
19,50 €
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EAN :9782296555075
A partir du milieu du XIXe siècle, la psychiatrie occidentale a classifié par le menu les déviances sexuelles dont certaines n'entamèrent leur lente démédicalisation qu'après les Années folles, notamment sous l'influence de la littérature. Il se trouve que la pathologisation des comportements sexuels, hors de ce qui était considéré alors comme la normalité (c'est-à-dire une sexualité orientée vers la seule procréation), coïncida notamment avec la révolution industrielle et avec la reprise en main de l'ordre moral. Cet essai propose d'étudier comment s'est construite une psychiatrie de l'erreur qui s'est muée en psychiatrie de l'horreur, en instaurant une répression sur les populations (notamment jeunes), sans précédent dans le monde médical. Nos sociétés contemporaines en portent encore les stigmates dans le subconscient collectif. Outre le fait de souligner l'importance accordée à la morale et à la doxa médicale dans la psychiatrie entre 1850 et 1930, La répression sexuelle par les psychiatres présente un survol de cette psychiatrie pathologiste, tout à la fois inventive et répressive, caractéristiques développées, à l'appui des textes étonnants des aliénistes, dans deux chapitres consacrés l'un à la masturbation et l'autre à l'homosexualité (la seconde étant à l'époque regardée comme la conséquence de la première). L'histoire somme toute récente de cette période-phare de la psychiatrie, avec ses derniers grands aliénistes, ne permet-elle pas de mieux comprendre l'impasse dans laquelle elle se trouve aujourd'hui ?
Nombre de pages
186
Date de parution
12/09/2011
Poids
235g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296555075
Titre
La répression sexuelle par les psychiatres 1850-1930. Corps coupables
Auteur
Pognant Patrick
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
235
Date de parution
20110912
Nombre de pages
186,00 €
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Psychopathia sexualis, représente la quintessence de la psychiatrie occidentale sur le sujet des perversions sexuelles. Krafft-Ebing rassemble une masse critique de 447 observations cliniques, une sorte de catalogue des comportements sexuels hors la norme (c'est-à-dire une sexualité orientée vers la seule procréation). Il se dégage de cet ensemble hétéroclite un art de la clinique singulier, aux confins de la médecine, de la morale, de la justice et de la littérature.
Cet ouvrage mêle l'histoire personnelle de l'auteur au procès d'un paranoïaque, condamné, malgré sa pathologie, à trente ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris, pour l'assassinat de sa femme et de ses deux fils, et tentative d'assassinat de sa fille. A la fois chronique d'un procès tronqué et réflexion critique sur le sort réservé aux malades mentaux criminels, l'ouvrage évoque la fragilité de l'expertise psychiatrique et s'indigne d'une dérive législative autorisant la condamnation des malades mentaux à la prison, un lieu propice à l'éclosion et à la contamination des psychoses, notamment la paranoïa.
En d'autres temps, ce livre aurait rejoint les rayons discrets de l'Enfer de la Bibliothèque nationale, à l'instar des volumes mettant en scène de manière explicite, qui par le texte, qui par l'image, certaines pratiques sexuelles. Mais aujourd'hui, l'Enfer n'est plus livresque (il est sur le web, dans nos villes...) et cet ouvrage peut paraître sans les dictats de la censure. En effet, à travers les archives du célèbre professeur P, allant de la fin du XIXe siècle jusqu'à la fin des années 1920, il propose au lecteur un large éventail de ce qui était alors considéré comme des perversions par les médecins et les psychiatres, combattues par eux, notamment l'amour solitaire. Toutefois, le mot amour ne faisait pas partie du vocabulaire médical et la sexualité n'existait que comme le passage obligé conduisant à la procréation. C'était dans cette seule fonction qu'elle était tolérée, sans préliminaires... Aussi, sous l'influence des doctrines hygiénistes, il s'agissait de réprimer toute pratique sexuelle sans finalité génésique, de fait déviante (et si possible pathologique). Ce furent bien sûr les jeunes gens, surtout de sexe masculin, que l'on cibla et sur lesquels on s'acharna, en témoignent plusieurs cas proposés dans ce spicilège. Divisés en quatre parties (enfants, adolescents, jeunes adultes et adultes), les écrits cliniques recueillis ici ? souvent dans le langage imagé de l'époque pour nommer le sexe ? se lisent comme de courtes nouvelles. Etonnants, insolites, dérangeants, ils sont parfois tristes, pathétiques, drôles... Ils appartiennent à l'histoire de la médecine, dans ce qu'elle a de moins glorieux.
Avec René Crevel (1900-1935) se parachève le triptyque consacré aux écrits de douleur de trois auteurs de la même génération (Artaud, Bousquet et Crevel). Des trois, René Crevel est mort le plus jeune ; il doit une partie de sa renommée à son suicide. Le même plan que pour les deux précédents opus est proposé : une biographie abrégée, une présentation de l'oeuvre, une sélection des écrits de douleur de l'auteur, une tentative d'explication de son suicide, un point sur sa sexualité compliquée et un autre sur son improbable toxicomanie ; pour finir, seront détaillés ses pathologies et les traitements mis en place pour le soigner, hélas ! sans guérison possible. Dada, surréalisme, fêtes somptueuses... furent le théâtre de Crevel qui aimait aussi traîner dans les bars interlopes et se vivre comme un révolutionnaire. Mais il dut effectuer de longs séjours dans les sanatoriums où, comme tous les tuberculeux, il fut astreint à la climatothérapie. Il eut aussi à subir des traitements délétères contre la syphilis. Avec le regard médical posé sur la courte vie de l'auteur, cet ouvrage dense offre ainsi un éclairage sur ses souffrances et, partant, une meilleure compréhension d'une oeuvre à (re)découvrir.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...