Voici que le jeune feuillage a orné L'arbre de sa tendre verdure : Ainsi fleurit tout autour de ta joue Le frais, sombre et tendre duvet ; Pour de belles femmes ce serait un bonheur De seulement caresser cet ourlet ! Mais tu as repoussé de ta nuque Le carcan des bonnes moeurs. Oh ! apporte du vin et viens à moi ! Ici, dans l'herbe haute il y a de la place ! Que le dernier murmure de ta langue caresse Mon oreille et le vin mon gosier ! L'ivresse gonfle ta joue, Laisse monter la sève jusqu'à ta tête ! Rêvons ici, dans nos bras enlacés, Le rêve éphémère de nos jeunes années ! " Qui pourrait croire que ce poème d'un jeune homme, écrit pour un autre jeune homme, date de 1823 ? Jamais traduits à ce jour en français, les Ghasels d'August von Platen (1796-1835), poète allemand libéré par la forme et les thèmes du Divan de Hafiz, méritent toute notre admiration pour leur courage et leur beauté ! Michèle Rey, agrégée d'allemand qui a longtemps enseigné au lycée Montaigne, à Paris, a relevé le défi de traduire cette oeuvre rare.
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Nombre de pages
142
Date de parution
23/10/2021
Poids
270g
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EAN
9782918444510
Titre
Ghasels
Auteur
Platen August von ; Rey Michèle
Editeur
EROSONYX
Largeur
0
Poids
270
Date de parution
20211023
Nombre de pages
142,00 €
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Résumé : Les éditions La Différence ont déjà publié les Journaux et certains recueils de poésie d'August von Platen. Les Ghasels jusqu'à présent n'avaient pas été traduits en français. En voici donc la première publication. Michèle Rey, agrégée d'allemand, a longtemps enseigné au lycée Montaigne à Paris. Elle s'est lancée dans la traduction délicate de ces poèmes particulièrement difficiles parce que l'auteur s'est inspiré d'un modèle persan, surtout du grand Hafiz, et que du coup il a acclimaté ce nouveau genre poétique, le ghasel, dans la littérature allemande. La seconde singularité de ces poèmes est que le ghasel permet au poète de chanter, comme Hafiz de Chiraz, les charmes de la vie, le vin, les fleurs et l'amour? des garçons. À ce titre Platen est le premier poète homosexuel moderne, comme l'a bien vu l'écrivain allemand Hubert Fichte. Comme Erotika et Phaidra de Ritsos, et Idylles socratiques de Settembrini, qui ont obtenu le soutien du CNL, la présente publication fait l'objet d'un dossier de demande du même soutien.
Huit homosexuels de la seconde moitié du XIXe siècle se racontent ici, invités par des médecins à prendre la plume pour se dire. Ils ne se confessent plus à des prêtres, mais à des savants curieux de comportements alors jugés pathologiques. La volonté de savoir se double du désir de bien distinguer le normal et l'anormal en matière de sexe. Ces confessions sont apparemment libres et spontanées. On se doute bien qu'elles sont écrites sous influence. Bougres de vies permet au lecteur d'aujourd'hui de s'intéresser pourtant bien plus à la singularité de chacune qu'à l'appareil scientifique qui les encadre - et qui nous les a transmises - et d'y découvrir un piquant romanesque plus ou moins voulu par leurs auteurs et leur détresse de se sentir autres que les autres. La Comtesse, l'homme aux quatre amours, l'amateur de nudités masculines, le fétichiste des blouses ou celui des bottes vernies, l'admirateur à en mourir du Dédé d'Essebac, le parricide hermaphrodite mental, l'inverti-né qui offre sa vie à Zola comme matériau romanesque, autant de vies racontées et réunies ici pour la première fois, qui ouvrent la voie à une écriture du moi homosexuel.
C'est avec Sapho, paru en 1903, que Pauline Mary Tarn, jusqu'alors auteur de trois recueils de poèmes signés du pseudonyme ambigu R Vivien, s'identifie comme femme sous le nom de Renée Vivien. Femme poète, elle entreprend de traduire l'ancêtre de Mytilène qu'elle appelle Psappha, et s'inspire des fragments conservés de son oeuvre pour écrire ses propres compositions. helléniste, elle est la seconde femme française, après Madame Dacier au début du XVIII° siècle, à en donner une traduction. Poétesse saphique, elle revendique au grand jour le droit pour une femme d'aimer une autre femme sur le modèle de la Dixième Muse. Elle fait sien ce vers qui exprime le mépris de la Mytilénienne pour le mariage: "Insensée, ne te glorifie pas d'un anneau", comme ceux-ci, qui glorifient l'amour "j'aime la délicatesse, et pour moi la splendeur et la beauté du soleil, c'est l'amour." Pour la première fois, une femme de lettres lesbienne ose se présenter non comme une "femme damnée", mais comme une artiste inspirée par un modèle antique libérateur. Au fragment de Sapho "Quelqu'un, je crois, se souviendra dans l'avenir de nous", font écho les vers de Renée Vivien: "Dans les lendemains que le sort file et tresse, Les êtres futurs ne nous oubliront pas... Nous ne craignont point, Atthis, ô ma Maîtresse! L'ombre du trépas. Un an plus tard, elle poursuit le même chemin en publiant fragments et traduction de poétesses antiques oubliées, dont elle nourrit à nouveau ses propres créations dans son recueil Les Kitharèdes (ErosOnyx Éditions, 2008)."