
Guerre aux chômeurs ou guerre au chômage
Aujourd'hui la guerre soi-disant menée contre le chômage se transforme en une guerre contre le chômeur. Ce dernier condense, en effet, tout un ensemble d'indignités sociales et politiques qui en font une figure peu fréquentable et peu respectable. Le chômage " volontaire ", les " trappes à chômage ", la " violence " des chômeurs, leur tentation électorale vers le FN sont quelques-uns de ces stigmates sociaux et politiques qu'entretient, à son plus grand profit, le néolibéralisme. Pourtant tous ces lieux communs sont empiriquement réfutables à la seule lumière des travaux menés en sciences sociales. Par ailleurs, si chômage et démocratie sont deux termes très souvent mis en relation, c'est pour poser la question sous l'angle unique des effets quels effets sociaux et politiques, le chômage exerce sur la démocratie ? Or, si on renverse les termes de la question initiale, " qu'est-ce que la démocratie fait, ou doit faire, des chômeurs ? ", on retrouve l'origine du chômage en tant que réforme sociale visant, dans la toute fin du XIXe siècle, à arracher les chômeurs à une " dangereuse " pauvreté. Cette réforme, parce qu'elle concevait à l'origine le chômage comme un risque d'existence (au même titre que la vieillesse ou la maladie), appelait des réponses autant collectives que politiques. Elle visait à accorder une véritable protection aux chômeurs et cherchait autant à les prémunir contre la précarité matérielle qu'à leur assurer une dignité sociale : le chômeur était alors considéré comme la victime, nécessairement involontaire, d'un aléa économique et non plus désigné comme le seul responsable d'une situation coupable. Le rappel des origines et du sens de cette réforme n'en devient que plus urgent devant la virulence grandissante des attaques dont le chômeur est la cible.
| EAN | 9782914968096 |
|---|---|
| Titre | Guerre aux chômeurs ou guerre au chômage |
| Auteur | Pierru Emmanuel |
| Editeur | CROQUANT |
| Largeur | 110 |
| Poids | 190 |
| Date de parution | 20050110 |
| Nombre de pages | 222,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 4-6 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Les Z’entrop, des chômeurs sur les planches. Analyse d'une expérience du théâtre protestataire
Dethyre Richard ; Pierru Emmanuel ; Righeschi MuriComment ils ont inventé le chômage ? " Le titre de cette pièce provoque de la curiosité. Un théâtre protestataire, social, satirique passé au scanner de ses protagonistes et d'un chercheur curieux de comprendre les enjeux ; une incroyable aventure qui dura dix années. Le sociologue Emmanuel Pierru décortique les raisons pour lesquelles ce théâtre militant ne rentre pas dans les représentations préconçues des institutions culturelles. Il se livre à une enquête qui vous fera voyager dans le monde qui a bouleversé la vie de nombre de ces comédiennes et comédiens qui prennent une revanche inattendue... L'auteur de la pièce, Richard Dethyre, et la metteuse en scène, Muriel Righeschi, offrent une vision généreuse de leur engagement et de leur professionnalisme. Ils analysent cette nouvelle forme d'organisation inédite à la jointure de l'art et des sciences sociales. Le livre est préfacé par Dominique Lhuilier, professeure émérite en psychologie du travail, membre du Centre de recherche sur le travail et le développement - Conservatoire national des arts et métiers.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER15,00 € -

Hippocrate malade de ses réformes
Pierru FrédéricLe diagnostic officiel est pessimiste, le pronostic plus encore: le système de santé français connaîtrait une "crise profonde"; il serait "en faillite" faute de pouvoir "réguler" l'"explosion" des dépenses de santé; malgré un "trou de la Sécu abyssal", il ne garantirait même pas un accès universel à des soins de qualité. Et les gouvernements, les experts et les journalistes de stigmatiser l'"exception française" pour mieux célébrer nos voisins européens qui, eux, auraient eu le courage d'engager des réformes certes difficiles mais nécessaires. Un examen attentif de ces réformes montre, toutefois, qu'il n'existe pas d'exception française et que les systèmes de santé européens sont mis en crise dans le but de privatiser et de libéraliser le secteur, avec les encouragements de l'Union européenne et de l'OCDE. Le paradoxe veut que ce soit le cancre des pays développés - les États-Unis - qui inspire désormais les décideurs européens. Même si, en France, l'État resserre son emprise sur l'assurance maladie et se gargarise de la Couverture maladie universelle, notre pays n'est cependant pas à l'abri de la doxa néolibérale. L'étatisation pourrait être le levier de la mise en concurrence prochaine de l'assurance maladie et des hôpitaux. Des voix, notamment patronales, s'élèvent pour presser l'adoption de réformes en ce sens, dans un débat public monopolisé par une poignée d'experts. Le discours modernisateur oscille alors entre la pédagogie économique et la répétition ad nauseam de poncifs, comme les "abus", sur le fondement de chiffres parfois fantaisistes, souvent contestables et toujours intéressés. La critique sociale passe d'abord par un triple refus: celui de l'économisme; celui de la reddition face au "bon sens" gestionnaire; celui de la posture défensive qui, dénonçant le rationnement des soins, en vient à défendre les revenus des médecins et les profits de l'industrie pharmaceutique. Elle doit ensuite partir d'un constat radical: la santé est un enjeu politique avant d'être un problème économique ou médical. La question sanitaire rejoint alors la question sociale, redevenant un sujet de réflexion pour les sciences sociales et, au-delà, de délibération démocratique. La santé est le terrain privilégié d'interpellation des fondements économiques, sociaux et politiques du nouvel ordre économique.EpuiséVOIR PRODUIT20,00 € -

Savoir/Agir N° 5, Septembre 2008
Pierru Frédéric ; Lebaron Frédéric ; Friot BernardQuarante ans après Mai Juin 1968, il semble que l'amnésie dont étaient frappés les entrepreneurs de mémoire ait connu une rémission. Mai-Juin 68, découvre-t-on aujourd'hui, ce n'était pas du tout la libération sexuelle, les communautés, le cannabis et la pop music ("la contre-culture" c'était ailleurs; en France, ce fut plus tard), ce n'était pas seulement les étudiants, la Sorbonne, les barricades et Cohn-Bendit, mais c'était aussi et surtout le plus grand mouvement de grève du XXe siècle et, de ce fait, une remise en cause généralisée de l'ordre établi, dans toutes les institutions, dans toutes les classes sociales, dans tous les champs de l'espace social et jusque dans le champ politique qui sembla vaciller. Sans cette grève générale, sans doute ne commémorerait-on pas plus Mai-Juin 68 que Novembre-Décembre 86 (qui s'en souvient?), même si ces commémorations décennales n'eurent pas d'autre effet que d'en refouler et/ou d'en travestir la mémoire. Que s'est-il passé en Mai Juin 68? Simplifions. La répression policière des manifestations étudiantes du 2 au 12 mai suscite la solidarité. La grève de 24 heures et la grande manifestation intersyndicale du 13 mai sont relayées dès le lendemain: grèves et occupations d'usines se multiplient jusqu'à atteindre, dès le 20 mai, 7 à 8 millions de grévistes. Le 10 juin, on compte encore près d'un million de grévistes. Reste que la "Révolution" que beaucoup espéraient et que beaucoup d'autres redoutaient n'a pas eu lieu: dans ce "moment critique", certains crurent voir un prélude, tous les autres s'employèrent à en conjurer le spectre. Si la "Révolution" n'a pas eu lieu, la situation exceptionnelle créée par la grève générale, la centralité de la classe ouvrière dans les esprits et dans les luttes sociales ont favorisé cependant des configurations sociales inédites. Sans sacrifier à une vision euphorique de l'abolition des frontières sociales, on interrogera dans ce dossier, sous différents angles, "les rencontres improbables" entre ouvriers et étudiants. Leurs représentants respectifs étaient engagés dans une lutte symbolique sans merci. Pourtant, en dépit des invectives et stigmatisations croisées ("aventuristes gauchistes" pour les uns, "stalinisme", " révisionnisme" pour les autres), des rencontres eurent lieu pendant et après Mai Juin 68; ouvriers en rupture d'usine en visite au Quartier latin; étudiants en rupture d'université "établis" en usine; ouvriers et étudiants, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, Français et immigrés, rassemblés dans des "groupes militants de base". Si ces relations bravaient les anathèmes croisés des porte-parole, elles n'allaient pas pour autant de soi: pas plus que la domination culturelle, l'anti-intellectualisme ne s'abolit par décret.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER15,00 € -

Crush Tome 2 : Chocolat et menthe poivrée
Nielsen Laney ; Pierru-Chantenay AmandineJongler entre ses rêves, ses amis et le collège est parfois compliqué. Lorsque Sasha décide d'imiter sa meilleure amie et d'avoir aussi un coup de coeur, elle déclenche une série d'événements qui la mèneront vers un dénouement inattendu.EpuiséVOIR PRODUIT7,20 €
Du même éditeur
-

L'automobile et le supermarché . 50 ans de dérive consumériste
Wagner ClaudeL'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes. Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs)Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER10,00 € -

Le psu et la question basque. Sa participation à la lutte pour l´émancipation nationale et sociale
Gillet Jean-ClaudeLe présent ouvrage est l´??histoire de la fédération dudans les différentes étapes de son existence, traitant essentiellement de la part prise par ce parti dans les combats ayant jalonné sa vie intense contre la colonisation capitaliste, le sous-développement, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral notamment par le tourisme, la stigmatisation de la culture et la langue basque, la répression des deux côtés de la frontière, la violence institutionnelle en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré pour l´??autodétermination de ce territoire dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. L´??ouvrage est bâti à partir d´??entretiens et de documents personnels, d´??archives nationales et locales, ainsi que de celles des héritiers du PSU,Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER20,00 € -

Les sciences contre la post-vérité. Vérités citoyennes
Helzem MaryvonneLes informations pléthoriques et dérégulées découragent toute controverse et dévalorisent les notions mêmes de vérité et de connaissance objective de notre monde commun. Cette connaissance reste d'autant plus indispensable que nous nous trouvons à l'échelle planétaire face à de multiples dangers politiques, sanitaires et environnementaux, notamment une évolution climatique aussi complexe qu'imprévisible. Or, du lobbying généralisé qui fabrique du mensonge à dessein pour semer le doute à la "foutaise" qui prétend n'importe quoi (Trump ne ment pas, il se fout de la vérité), l'ère de la post-vérité revêt de multiples facettes détaillées dans cet ouvrage. Né d'une table ronde organisée par l'association Sciences Citoyennes, ce livre dépasse un cadre disciplinaire strict et bénéficie d'une pluralité de points de vue. Il dépasse le stade des constats pour éclairer le phénomène de la prétendue "post-vérité" dans un domaine où l'idée de vérité partagée est essentielle : celui des sciences. explore plusieurs pistes pour démocratiser la connaissance scientifique et la pensée critique à l'heure où la précarisation de l'information redouble la précarité économique de bon nombre de citoyens qui exigent à juste titre de n'être plus des intermittents de la vie politique.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER12,00 € -

La fin des discriminations syndicales ? Luttes judiciaires et pratiques négociées
Chappe Vincent-Arnaud ; Denis Jean-Michel ; GuillaLes lois de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale et de 2015 sur le dialogue social ont instauré de nouvelles obligations de négociation en entreprise ponant sur la "conciliation" de l'activité syndicale et professionnelle. Comment expliquer cette soudaine attention des pouvoirs publics à la "discrimination syndicale"? Assiste-t-on à une rupture historique dans les relations professionnelles à la française ? Fondée sur six monographies de grandes entreprises aux pratiques sociales contrastées, cet ouvrage montre comment la négociation d'accords de droit syndical et de " gestion des parcours syndicaux " est aussi une réponse a la croissance des contentieux. menés notamment par la CGT depuis les années 1990, qui ont contribué à une prise de conscience de leurs droits par les syndicalistes. Si ces accords d'entreprise protègent désormais mieux les mandatés les plus investis dans le jeu du dialogue social, qui signent des accords, ils ne modifient pas radicalement les pratiques managériales de terrain qui continuent à stigmatiser les syndicalistes de proximité. surtout quand ils s'opposent aux restructurations ou dénoncent la dégradation des conditions de travail par des pratiques protestataires.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER20,00 €
De la même catégorie
-

Sociologie du changement. Dans les entreprises et les organisations
Bernoux PhilippeLes acteurs, à l'intérieur d'une organisation, ne sont pas seulement soumis à ses contraintes : sans leur implication et s'ils ne s'approprient pas les outils proposés, les changements ne peuvent tout simplement pas avoir lieu. S'appuyant sur une évaluation critique des théories sociologiques du changement ainsi que sur trente ans d'observation interne au sein d'organisations, l'auteur établit une sociologie de l'action fondée sur l'interaction entre contraintes et autonomie. Il dresse ensuite l'état de nos savoirs sur le rôle et le poids des déterminants du changement (contraintes socio-économiques et techniques, institutions, acteurs...). Enfin, il décrit les transformations en cours et tire les conclusions pratiques quant à la conduite du changement.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER10,10 € -

Le salaire de la peine. Le business de la souffrance au travail
Perragin SylvaineEn France, la souffrance au travail se porte bien : 30 000 burn out, 3,2 millions de personnes en danger d'épuisement, 400 suicides par an... Un marché économique s'est donc créé autour des risques psychosociaux : formations, expertises, séminaires... Ce juteux business prolifère et gangrène le monde du travail. Malgré les sommes astronomiques investies par les entreprises, une prise de conscience nationale, une médiatisation de grande ampleur, la souffrance professionnelle s'est-elle atténuée pour autant ? En aucun cas. Il est vrai que, sous couvert de " bien-être au travail ", l'objectif reste le profit de l'entreprise. Un salarié " heureux " serait en effet plus rentable. Rien d'étonnant alors si cette mascarade ne fait pas rimer labeur avec bonheur !Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER18,00 € -

Un désir d'égalité. Vivre et travailler dans des communautés utopiques
Lallement MichelDepuis la fin des années 1960, des femmes et des hommes ont décidé de projeter leurs "rêves en avant" en faisant le choix de vivre en communauté. Pour faire pièce à la société capitaliste et donner vie à leurs idéaux, ils ont bâti des utopies concrètes. Afin de comprendre la logique et la portée de ces initiatives multiples, il faut se demander non seulement qui sont les "communards", mais aussi ce qu'ils font. Il convient, autrement dit, d'examiner la manière de mettre en oeuvre au quotidien les utopies dont ils se réclament. Telle est l'ambition de ce livre. Celui-ci interroge les permanences et les recompositions des mondes communautaires d'hier et d'aujourd'hui. Fruit de plusieurs années d'enquête, il s'intéresse en particulier aux "communautés intentionnelles" qui, aux Etats-Unis, ont adopté des principes de vie et de travail égalitaires. Il porte ainsi attention au cas de Twin Oaks (Virginie), l'une des plus anciennes et des plus importantes d'entre elles. Si les accommodements avec la société et les différends internes complexifient le bilan d'un demi-siècle d'expérimentations sociales originales, tout indique que, loin de la trace archaïque d'un monde révolu à laquelle certains ont voulu les réduire, les communautés utopiques sont devenues aujourd'hui des ferments propres à féconder notre avenir.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER26,00 € -

Manifeste pour une démocratie du travail
COLLECTIFAlors que le capitalisme devient toujours plus autoritaire et productiviste, pouvons-nous prendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? Et comment ? Un collectif de chercheur.es syndicalistes et professionnel·les raconte des enquêtes, luttes et alternatives qui montrent que c'est possible et analyse les manières dont s'y prennent concrètement les travailleur-ses pour donner du sens à leurs activités, prendre soin des collectifs et conquérir de l'autonomie au travail. Leur Manifeste prend position dans les débats en cours sur le renouvellement du syndicalisme et avance des propositions politiques pour mettre le travail au service de la démocratie, de l'émancipation et de la défense du vivant.En stockCOMMANDER13,00 €
