Pierru Frédéric ; Lebaron Frédéric ; Friot Bernard
CROQUANT
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EAN :9782914968485
Quarante ans après Mai Juin 1968, il semble que l'amnésie dont étaient frappés les entrepreneurs de mémoire ait connu une rémission. Mai-Juin 68, découvre-t-on aujourd'hui, ce n'était pas du tout la libération sexuelle, les communautés, le cannabis et la pop music ("la contre-culture" c'était ailleurs; en France, ce fut plus tard), ce n'était pas seulement les étudiants, la Sorbonne, les barricades et Cohn-Bendit, mais c'était aussi et surtout le plus grand mouvement de grève du XXe siècle et, de ce fait, une remise en cause généralisée de l'ordre établi, dans toutes les institutions, dans toutes les classes sociales, dans tous les champs de l'espace social et jusque dans le champ politique qui sembla vaciller. Sans cette grève générale, sans doute ne commémorerait-on pas plus Mai-Juin 68 que Novembre-Décembre 86 (qui s'en souvient?), même si ces commémorations décennales n'eurent pas d'autre effet que d'en refouler et/ou d'en travestir la mémoire. Que s'est-il passé en Mai Juin 68? Simplifions. La répression policière des manifestations étudiantes du 2 au 12 mai suscite la solidarité. La grève de 24 heures et la grande manifestation intersyndicale du 13 mai sont relayées dès le lendemain: grèves et occupations d'usines se multiplient jusqu'à atteindre, dès le 20 mai, 7 à 8 millions de grévistes. Le 10 juin, on compte encore près d'un million de grévistes. Reste que la "Révolution" que beaucoup espéraient et que beaucoup d'autres redoutaient n'a pas eu lieu: dans ce "moment critique", certains crurent voir un prélude, tous les autres s'employèrent à en conjurer le spectre. Si la "Révolution" n'a pas eu lieu, la situation exceptionnelle créée par la grève générale, la centralité de la classe ouvrière dans les esprits et dans les luttes sociales ont favorisé cependant des configurations sociales inédites. Sans sacrifier à une vision euphorique de l'abolition des frontières sociales, on interrogera dans ce dossier, sous différents angles, "les rencontres improbables" entre ouvriers et étudiants. Leurs représentants respectifs étaient engagés dans une lutte symbolique sans merci. Pourtant, en dépit des invectives et stigmatisations croisées ("aventuristes gauchistes" pour les uns, "stalinisme", " révisionnisme" pour les autres), des rencontres eurent lieu pendant et après Mai Juin 68; ouvriers en rupture d'usine en visite au Quartier latin; étudiants en rupture d'université "établis" en usine; ouvriers et étudiants, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, Français et immigrés, rassemblés dans des "groupes militants de base". Si ces relations bravaient les anathèmes croisés des porte-parole, elles n'allaient pas pour autant de soi: pas plus que la domination culturelle, l'anti-intellectualisme ne s'abolit par décret.
Nombre de pages
169
Date de parution
18/09/2008
Poids
295g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782914968485
Titre
Savoir/Agir N° 5, Septembre 2008
Auteur
Pierru Frédéric ; Lebaron Frédéric ; Friot Bernard
Editeur
CROQUANT
Largeur
170
Poids
295
Date de parution
20080918
Nombre de pages
169,00 €
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Le diagnostic officiel est pessimiste, le pronostic plus encore: le système de santé français connaîtrait une "crise profonde"; il serait "en faillite" faute de pouvoir "réguler" l'"explosion" des dépenses de santé; malgré un "trou de la Sécu abyssal", il ne garantirait même pas un accès universel à des soins de qualité. Et les gouvernements, les experts et les journalistes de stigmatiser l'"exception française" pour mieux célébrer nos voisins européens qui, eux, auraient eu le courage d'engager des réformes certes difficiles mais nécessaires. Un examen attentif de ces réformes montre, toutefois, qu'il n'existe pas d'exception française et que les systèmes de santé européens sont mis en crise dans le but de privatiser et de libéraliser le secteur, avec les encouragements de l'Union européenne et de l'OCDE. Le paradoxe veut que ce soit le cancre des pays développés - les États-Unis - qui inspire désormais les décideurs européens. Même si, en France, l'État resserre son emprise sur l'assurance maladie et se gargarise de la Couverture maladie universelle, notre pays n'est cependant pas à l'abri de la doxa néolibérale. L'étatisation pourrait être le levier de la mise en concurrence prochaine de l'assurance maladie et des hôpitaux. Des voix, notamment patronales, s'élèvent pour presser l'adoption de réformes en ce sens, dans un débat public monopolisé par une poignée d'experts. Le discours modernisateur oscille alors entre la pédagogie économique et la répétition ad nauseam de poncifs, comme les "abus", sur le fondement de chiffres parfois fantaisistes, souvent contestables et toujours intéressés. La critique sociale passe d'abord par un triple refus: celui de l'économisme; celui de la reddition face au "bon sens" gestionnaire; celui de la posture défensive qui, dénonçant le rationnement des soins, en vient à défendre les revenus des médecins et les profits de l'industrie pharmaceutique. Elle doit ensuite partir d'un constat radical: la santé est un enjeu politique avant d'être un problème économique ou médical. La question sanitaire rejoint alors la question sociale, redevenant un sujet de réflexion pour les sciences sociales et, au-delà, de délibération démocratique. La santé est le terrain privilégié d'interpellation des fondements économiques, sociaux et politiques du nouvel ordre économique.
Qu'est-ce qu'un patient rentable ? Qu'est-ce qu'un autre trop coûteux ? Comment juge-t-on qu'un hôpital n'est pas assez productif ? Comment certains établissements se retrouvent-ils en situation de quasi-faillite ? Quels effets ces situations financières ont-elles sur la qualité du soin dispensé ? Comment les instruments économiques peuvent-ils définir les pratiques de santé ? C'est à ces questions que répond ce livre en s'intéressant au processus de mise en gestion de l'hôpital public depuis les années 1980 ainsi qu'aux formes de critiques nées de ces évolutions. L'auteur explore simultanément l'usage quotidien des instruments de quantification à l'hôpital, l'histoire de ces instruments et les controverses qu'ils tendent à créer. Le programme de médicalisation des systèmes d'information, l'étude nationale de coûts, les points d'indice synthétique d'activité et la tarification à l'activité sont étudiés dans les multiples sites où ils sont déployés. En se penchant avec précision sur ces objets, cet ouvrage invite à la fois à une sociologie politique des coûts et à l'étude des formes d'activisme gestionnaire.
Non l'hôpital public n'est pas mort! Car il soigne toujours, et plutôt bien. L'immense majorité d'entre nous lui voue un attachement fidèle, tous les sondages en témoignent! Un chantier de mise en pièces de l'hôpital, dont les meilleurs morceaux sont promis au privé, est aujourd'hui interdit au public: interdit au secteur public d'y prospérer pour le bien de tous, interdit au citoyen d'y inscrire ses désirs en vertu de la loi d'airain de concepts idéologiques surannés qui ont fait ailleurs la preuve de leur inanité. Dans ce livre, des sociologues, des politistes, des médecins, des économistes, des psychologues sont à son chevet, non pour adoucir sa fin en d'improbables soins palliatifs, mais bien pour réanimer l'énergie nécessaire à tous les acteurs de la santé dans ce pays. Ils vous livrent les clés pour reconstituer le puzzle de la politique aujourd'hui en oeuvre, qui plutôt que guérir l'hôpital d'une maladie dont il souffrirait, hâte sa disparition en lui inoculant le virus sournois et malfaisant du néolibéralisme qui infecte les services publics. Cet ouvrage est dédié à chacun d'entre nous, décidé à sauver ce qui a été, est, ou sera une étape de notre destin.
Crise des Urgences, crise de la psychiatrie, crise de l'hôpital public, manque de médecins traitants... Notre santé va mal. Pourrons-nous tous être soignés demain ? Avec quelle qualité de soins ? Et à quel prix ? Pouvons-nous encore sauver notre système de santé ? Vingt-huit experts et professionnels de la santé, médecins, infirmiers, patients, sociologues, politistes, économistes, géographes posent un diagnostic global et demandent une révolution en profondeur de notre système : partager autrement le travail entre l'hôpital et la médecine de ville, et en finir avec l'hôpital-entreprise. Construire des communautés de soignants ? médecins, infirmiers, paramédicaux ?, faire des patients de véritables partenaires, remettre la prévention au centre, répartir les moyens sur l'ensemble du territoire... Il est temps de sauver notre santé. Une vision adaptée aux défis du XXIe siècle. Un projet concret pour refonder l'hôpital, les Urgences, la médecine de ville et la recherche.
L'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes. Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs)
Le présent ouvrage est l´??histoire de la fédération dudans les différentes étapes de son existence, traitant essentiellement de la part prise par ce parti dans les combats ayant jalonné sa vie intense contre la colonisation capitaliste, le sous-développement, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral notamment par le tourisme, la stigmatisation de la culture et la langue basque, la répression des deux côtés de la frontière, la violence institutionnelle en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré pour l´??autodétermination de ce territoire dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. L´??ouvrage est bâti à partir d´??entretiens et de documents personnels, d´??archives nationales et locales, ainsi que de celles des héritiers du PSU,
Les lois de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale et de 2015 sur le dialogue social ont instauré de nouvelles obligations de négociation en entreprise ponant sur la "conciliation" de l'activité syndicale et professionnelle. Comment expliquer cette soudaine attention des pouvoirs publics à la "discrimination syndicale"? Assiste-t-on à une rupture historique dans les relations professionnelles à la française ? Fondée sur six monographies de grandes entreprises aux pratiques sociales contrastées, cet ouvrage montre comment la négociation d'accords de droit syndical et de " gestion des parcours syndicaux " est aussi une réponse a la croissance des contentieux. menés notamment par la CGT depuis les années 1990, qui ont contribué à une prise de conscience de leurs droits par les syndicalistes. Si ces accords d'entreprise protègent désormais mieux les mandatés les plus investis dans le jeu du dialogue social, qui signent des accords, ils ne modifient pas radicalement les pratiques managériales de terrain qui continuent à stigmatiser les syndicalistes de proximité. surtout quand ils s'opposent aux restructurations ou dénoncent la dégradation des conditions de travail par des pratiques protestataires.