Savoir/Agir N° 5, Septembre 2008

Pierru Frédéric ; Lebaron Frédéric ; Friot Bernard
CROQUANT
15,00 €
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EAN : 9782914968485

Quarante ans après Mai Juin 1968, il semble que l'amnésie dont étaient frappés les entrepreneurs de mémoire ait connu une rémission. Mai-Juin 68, découvre-t-on aujourd'hui, ce n'était pas du tout la libération sexuelle, les communautés, le cannabis et la pop music ("la contre-culture" c'était ailleurs; en France, ce fut plus tard), ce n'était pas seulement les étudiants, la Sorbonne, les barricades et Cohn-Bendit, mais c'était aussi et surtout le plus grand mouvement de grève du XXe siècle et, de ce fait, une remise en cause généralisée de l'ordre établi, dans toutes les institutions, dans toutes les classes sociales, dans tous les champs de l'espace social et jusque dans le champ politique qui sembla vaciller. Sans cette grève générale, sans doute ne commémorerait-on pas plus Mai-Juin 68 que Novembre-Décembre 86 (qui s'en souvient?), même si ces commémorations décennales n'eurent pas d'autre effet que d'en refouler et/ou d'en travestir la mémoire. Que s'est-il passé en Mai Juin 68? Simplifions. La répression policière des manifestations étudiantes du 2 au 12 mai suscite la solidarité. La grève de 24 heures et la grande manifestation intersyndicale du 13 mai sont relayées dès le lendemain: grèves et occupations d'usines se multiplient jusqu'à atteindre, dès le 20 mai, 7 à 8 millions de grévistes. Le 10 juin, on compte encore près d'un million de grévistes. Reste que la "Révolution" que beaucoup espéraient et que beaucoup d'autres redoutaient n'a pas eu lieu: dans ce "moment critique", certains crurent voir un prélude, tous les autres s'employèrent à en conjurer le spectre. Si la "Révolution" n'a pas eu lieu, la situation exceptionnelle créée par la grève générale, la centralité de la classe ouvrière dans les esprits et dans les luttes sociales ont favorisé cependant des configurations sociales inédites. Sans sacrifier à une vision euphorique de l'abolition des frontières sociales, on interrogera dans ce dossier, sous différents angles, "les rencontres improbables" entre ouvriers et étudiants. Leurs représentants respectifs étaient engagés dans une lutte symbolique sans merci. Pourtant, en dépit des invectives et stigmatisations croisées ("aventuristes gauchistes" pour les uns, "stalinisme", " révisionnisme" pour les autres), des rencontres eurent lieu pendant et après Mai Juin 68; ouvriers en rupture d'usine en visite au Quartier latin; étudiants en rupture d'université "établis" en usine; ouvriers et étudiants, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, Français et immigrés, rassemblés dans des "groupes militants de base". Si ces relations bravaient les anathèmes croisés des porte-parole, elles n'allaient pas pour autant de soi: pas plus que la domination culturelle, l'anti-intellectualisme ne s'abolit par décret.

Nombre de pages 169
Date de parution 18/09/2008
Poids 295g
Largeur 170mm
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EAN 9782914968485
Titre Savoir/Agir N° 5, Septembre 2008
Auteur Pierru Frédéric ; Lebaron Frédéric ; Friot Bernard
Editeur CROQUANT
Largeur 170
Poids 295
Date de parution 20080918
Nombre de pages 169,00 €
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