Les lois de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale et de 2015 sur le dialogue social ont instauré de nouvelles obligations de négociation en entreprise ponant sur la "conciliation" de l'activité syndicale et professionnelle. Comment expliquer cette soudaine attention des pouvoirs publics à la "discrimination syndicale"? Assiste-t-on à une rupture historique dans les relations professionnelles à la française ? Fondée sur six monographies de grandes entreprises aux pratiques sociales contrastées, cet ouvrage montre comment la négociation d'accords de droit syndical et de " gestion des parcours syndicaux " est aussi une réponse a la croissance des contentieux. menés notamment par la CGT depuis les années 1990, qui ont contribué à une prise de conscience de leurs droits par les syndicalistes. Si ces accords d'entreprise protègent désormais mieux les mandatés les plus investis dans le jeu du dialogue social, qui signent des accords, ils ne modifient pas radicalement les pratiques managériales de terrain qui continuent à stigmatiser les syndicalistes de proximité. surtout quand ils s'opposent aux restructurations ou dénoncent la dégradation des conditions de travail par des pratiques protestataires.
Nombre de pages
254
Date de parution
24/09/2019
Poids
318g
Largeur
205mm
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EAN
9782365122214
Titre
La fin des discriminations syndicales ? Luttes judiciaires et pratiques négociées
Que faire du droit quand on est sociologue du travail ? Quelle place lui laisser à côté des pratiques et normes informelles ? Longtemps négligé car considéré comme relevant des seuls juristes, les évolutions récentes du travail et des modes de régulation rendent plus que jamais l'étude sociologique du droit du travail indispensable. Que ce soit pour analyser ses évolutions, la façon dont il participe à la constitution des relations de travail, dont il est utilisé, critiqué, détourné ou évite , l'analyse sociologique du droit du travail permet d'appréhender plus globalement l'évolution du travail et de ses règles. A partir d'analyses générales et d'études de cas empiriques, ce livre collectif démontre l'acuité et la pertinence du regard sociologique pour expliquer l'évolution et les pratiques sociales du droit du travail. Il invite à dépasser l'opposition entre normes formelles et informelles pour comprendre comment le droit, tel que les travailleurs et employeurs se l'approprient, participe à l'ordre social. Au-delà de la seule sociologie, il offre un point de vue original et stimulant sur les bouleversements en cours des mondes du travail et la remise en cause de son droit.
La question des statistiques de la discrimination fait régulièrement débat que ce soit pour des raisons scientifiques, éthiques ou politiques. Ces controverses récurrentes portent notamment sur la pertinence d'ajouter de nouvelles variables dans les grandes enquêtes des statistiques. Mais au regard de ces interrogations, l'analyse de la production et des usages concrets des mesures de la discrimination reste largement en retrait. Grâce aux apports de la sociologie de la quantification, ce numéro vise à faire un pas de côté par rapport aux problématiques habituelles, en observant et analysant différents usages concrets des statistiques au-delà de la seule connaissance scientifique.
Sous la direction deThomas Angeletti et Vincent-Arnaud ChappeLes modes de présencedu droitLes sciences sociales du droit sont prises en tenaille entre posture de dévoilement ? révéler ce qu'il y a « derrière » le droit ? et évaluation inquiète des évolutions contemporaines de l'institution juridique. Ces deux regards, bien qu'opposés en apparence, se rejoignent dans l'idéalisation de ce qui serait un droit pur, entier et non entaché de motifs et raisons externes. Ce faisant, il reste encore à produire un cadre apte à saisir le droit dans son caractère foncièrement hybride et impur. Puisant dans les sociologies d'inspiration pragmatique, ce volume plaide pour une re-description réaliste du droit et de ses di?érents modes de présence.Il rassemble une série de contributions et traductions théoriques et empiriques, qui proposent une vision complexe des modes de présence du droit, c'est-à-dire des façons dont il fait saillance dans nos sociétés. Le droit n'y est jamais saisi comme une évidence ou comme un simple révélateur de mutations et rapports sociaux qui l'engloberaient. Ces contributions ont pour point commun de montrer comment les acteur·ices du monde social font avec et face au droit, jusqu'à mettre à l'épreuve la réalité même de l'institution juridique et ses frontières. Elles ouvrent ainsi la voie à une conception renouvelée de la norme juridique, libérée des regards nostalgiques et essentialisants à propos de sa véritable nature.
L'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes. Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs)
Le présent ouvrage est l´??histoire de la fédération dudans les différentes étapes de son existence, traitant essentiellement de la part prise par ce parti dans les combats ayant jalonné sa vie intense contre la colonisation capitaliste, le sous-développement, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral notamment par le tourisme, la stigmatisation de la culture et la langue basque, la répression des deux côtés de la frontière, la violence institutionnelle en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré pour l´??autodétermination de ce territoire dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. L´??ouvrage est bâti à partir d´??entretiens et de documents personnels, d´??archives nationales et locales, ainsi que de celles des héritiers du PSU,
Les secteurs de l'éducation, de l'enseignement et de la formation sont concernés de manière particulièrement vive par les transformations qui traversent la société à partir de ce que la sociologie désigne comme la "seconde modernité". Ces transformations sont continues et touchent tant les organisations que l'ensemble de ces acteurs. Cela implique que l'éducation ne saurait se contenter de reproduire des processus et des dispositifs déjà connus car ils se voient pour partie déqualifiés pour affronter les défis qui émergent. Ces changements induisent de l'incertitude : la lisibilité des contextes éducatifs n'est plus assurée et la faible prévisibilité de leur évolution fragilise et interroge l'ensemble des pratiques et des dispositifs du champ de l'éducation et de la formation. A cela s'ajoute l'injonction pour tout sujet de se construire, dans des contextes où les transmissions intergénérationnelles sont moins assurées et où les institutions, notamment dans le champ de l'enseignement, voient leur place décliner et leur fonction devenir plus gestionnaire. Face à cela, l'ensemble des acteurs concernés tentent d'élaborer des réponses concrètes. Cet ouvrage apporte des éléments de réponses de chercheurs en éducation belges, suisses, québécois et français qui collaborent ensemble depuis plusieurs années à deux questions centrales : Quelles réponses sont apportées en termes de division / coordination du travail éducatif par les organisations de ce champ pour maintenir l'ambition d'objectifs éducatifs de haut niveau dans ce contexte de mutations accélérées ? Comment les pratiques des professionnels du champ de l'éducation et de la formation se réinventent-elles pour faire face aux défis éducatifs inédits, en tension entre efficacité économique et transmission à tous d'un socle de valeurs, de culture et de compétences ?