Penser à deux ? / Sartre et Benny Lévy face à face
Hanus Gilles
AGE D HOMME
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EAN :9782825143414
On peut, pour tenter de fixer ce qui s'est joué dans le dialogue de Sartre avec Benny Lévy, l'aborder à partir de la figure du pli. Le pli constitue en effet, au point même où la pliure disjoint ce qui ne fait pourtant qu'un, un lieu protégé des regards. Du point de vue de la pensée, ce lieu se donne comme une réserve de sens, comme un ensemble de possibilités réservées pour la pensée. Cette pensée réservée dans la jointure du pli n'est certes pas déployée, elle ne s?étale pas à la surface de la page, visible, lisible, explicite. Mais elle n'en existe pas moins retirée et comme concentrée. Si L'Espoir maintenant se donne, dans l'ordre de la pensée, comme une figure du pli, pli joignant en les distinguant deux pensées hétérogènes (soit ce que Sartre avait pressenti sous le nom de "pensée du nous"), mais aussi pli opéré dans la lecture des textes de Sartre, pliure, au sens de tournant cette fois, dans le rapport de Sartre à son oeuvre, la conséquence nous semble la suivante: on ne saurait en déceler l'intensité en s'en tenant aux textes déployés de Sartre (ou plutôt à ce à quoi l'on a réduit, avec l'aval de Sartre lui-même parfois, sa pensée), ni au texte explicite des événements constituant l'existence antérieure de Benny Lévy. Il faut, à l'inverse, aborder ces entretiens en en dépliant les implications du point de vue des possibilités de penser comprises dans les textes de Sartre sans y être toujours exploitées. Il faut donc relire Sartre avec l'esprit de finesse que ce dernier souhaitait voir à l'oeuvre dans la pensée du nous qu'il recherchait avec son jeune interlocuteur. Il faut, par ailleurs, examiner les implications du dialogue du point de vue de la pensée naissante de Benny Lévy, sans céder à une quelconque illusion rétrospective, mais en constatant que tous les textes publiés ensuite par Benny Lévy se réfèrent d'une façon ou d'une autre à ce dialogue « inaugural ». Il faut, enfin, envisager ces implications du point de vue plus général de la pensée comme telle, sinon de la philosophie que les entretiens remettent, au moins programmatiquement (mais peut-être aussi pratiquement), en question. Qu'en est-il, par-delà Sartre et Benny Lévy (mais ce "par-delà" n'implique aucun oubli, ni aucun "dépassement" vers le concept), de la pensée mise en oeuvre dans leur dialogue? Qu'en est-il de cette pensée du nous annoncée? Quelques effets notables peuvent-ils en être désignés, retenus, voire dressés en exemple pour une autre pensée? Peut-on envisager quelque chose comme une postérité de cette pensée se formant à deux?
Date de parution
28/11/2013
Poids
180g
Largeur
124mm
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EAN
9782825143414
ISBN
2825143413
Auteur
Hanus Gilles
Editeur
AGE D HOMME
Largeur
124
Date de parution
20131128
Nombre de pages
0,00 €
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Au seuil d'une carrière universitaire que tout laissait présager brillante, et alors qu'il venait, refusant finalement le baptême, de retrouver son être (en l'occurrence son être-juif), Franz Rosenzweig prit la décision étonnante de renoncer à ladite carrière sans renoncer cependant au savoir. Il ne s'agissait pas pour lui de se retirer dans la solitude monacale du penseur indépendant, mais bien plutôt de créer un lieu inédit qui favorisât un penser nouveau et contribuât à l'éclosion d'une forme de pensée commune qui ne fût ni école, ni secte. Le nom de ce lieu ? Freies jüdisches Lehrhaus : libre maison d'étude juive. Son but ? Renouer avec l'étude (Lernen) en la renouvelant en profondeur; retrouver par-delà les questions imposées du savoir universitaire, l'intensité des questions véritables; accomplir le trajet qui, du savoir académique, mènerait à l'intensité d'une pensée qui fût une vie. Il nous a semblé opportun de scruter aujourd'hui ce pas en retrait, dont nous pensons qu'il est susceptible d'inspirer à nouveau tout rapport exigeant au savoir.
Parmi les livres dont la vocation est d'exposer le mouvement de pensée d'Emmanuel Lévinas, Visage continu fait date. Paradoxalement, cependant, les thèses de ce livre sont généralement ignorées. L'oeuvre de Lévinas, complexe, mérite d'être explicitée. Il faut en examiner les plis, les écarts, afin de mettre en pleine lumière ce qui s'y donne dans un clair-obscur susceptible d'alimenter les équivoques. Visage continu propose un tel éclairage : Benny Lévy y procède à l'élucidation de l'arrière-fond d'intuitions pré-philosophiques qui, de l'aveu même de Lévinas, est nécessaire au déploiement de sa philosophie. Que la philosophie implique autre chose qu'elle-même, voilà ce qui est, semble-t-il, difficile à admettre. C'est pourtant là que réside toute la tension de la pensée lévinassienne. Ressaisir cette tension en son coeur : tel est le principe de la lecture exigeante de Benny Lévy, à laquelle il importe de revenir. La lecture de Visage continu n'est certes pas aisée, tant la manière de Benny Lévy est nouvelle, inhabituelle. Mais le dérangement des habitudes n'est-il pas l'exigence première de la pensée, ce sans quoi jamais elle ne naîtrait? Il faut donc s'efforcer de lire.
Nul n'ignore que Paul, ou Saül de Tarse ? Saint Paul ? fut, par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du Christianisme. Pourtant il n?était pas chrétien, mais juif. Jeune, il fut un pharisien, de ceux que les Évangiles exécraient, zélateur farouche et persécuteur des premiers fidèles à Jésus (non encore « chrétiens »). Élève du plus grand des maîtres, Raban Gamliel (Gamaliel), il connaissait la Loi juive (Torah), qu'il observait scrupuleusement. Il apprit encore, sous sa férule, l'exégèse et l'interprétation subtile de l?Écriture. Mais sa ferveur cachait mal une inquiétude grandissante; la crise bientôt éclata sur la route de Damas, et ce fut une révélation. Paul avait 25 ans: de persécuteur de la nouvelle assemblée (ecclesia ? église), il devint alors son plus ardent capitaine, et, en une dizaine d?épîtres, il posa les fondations sur lesquelles le Christianisme s?érigera.Il subsiste bien des obscurités dans les textes de Paul. Nourri de culture hébraïque, spécialement pharisienne, et parlant grec, il livre, dans les endroits de ses Épîtres les plus spéculatifs, un discours souvent abscons, presque étrange, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait l?écorce. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne (des « progressistes » comme Alain Badiou et Giorgio Agamben ne s'y sont pas trompés), en est un exemple, comme ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Nombre d'obscurités qui font que, si l'on a tenté de le tirer à soi, Paul de Tarse est demeuré mal compris.Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d?études, remonter à la source; source à laquelle il a puisé pour la tarir, la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés de porter un oeil rétrospectif en projetant sur lui des idées qui naîtront après, et n'avons recherché d'autres lumières pour l?éclairer que les siennes. Nous nous sommes pour ainsi dire transportés jusqu?à lui sans bagage.Là, nous découvrons le conflit du signe et de la grâce, de la lettre et de l'esprit. Nous prenons toute la mesure de la dissidence de Paul à l?égard de Moïse, et son puissant désir d'arrachement à la religion. Nous découvrons combien l'enjeu messianique fut et demeure, non seulement au coeur de l'histoire occidentale, mais encore au coeur de tout véritable humanisme. C'est cet essai de compréhension, dont nous croyons qu'il est nécessaire à la modernité exsangue, que nous livrons au public.
Narrant le deuil d'une mère à laquelle le liaient des sentiments ambigus, Albert Caraco s'est élevé, dans ce livre sobre et pénétrant, à la contemplation de l?éternel féminin. Comme aucun poète, il a su y peindre, sur un ton détaché et retenu, l'enracinement à la fois charnel et spirituel de la mère en chaque être humain. Ce livre présente notre monde tel qu'il apparaît vu d'un regard d'extase, à la lucidité désespérée, et fixé dans des blocs de prose courts, où les phrases sont alignées naturellement, semblables aux pierres des anciens remparts. Il y a chez Caraco une violence comprimée, une fureur, qui suggère Céline et Cioran. Rarement la convergence particulière de l'horreur et de la parodie caractérisant notre enfer quotidien a trouvé un chroniqueur aussi tranchant et perspicace. « Madame Mère est morte, je l'avais oublié depuis assez de temps, sa fin la restitue à ma mémoire, ne fût-ce que pour quelques heures, méditons là-dessus, avant qu'elle retombe dans les oubliettes. Je me demande si je l'aime et je suis forcé de répondre: Non, je lui reproche de m'avoir châtré, c'est vraiment peu de chose, mais enfin? elle m'a légué son tempérament et c'est plus grave, car elle souffrait d'alcalose et d'allergies, j'en souffre encore bien plus qu'elle et mes infirmités ne se dénombrent pas et puis, et puis elle m'a mis au monde et je fais profession de haïr le monde ».
Il est des êtres, a écrit Soljenitsyne, qui, à l'heure de leur mort, jettent une grande lueur". Certains criminels, à l'approche de l'instant fatal, accèdent à une lucidité expiatrice. Quelle sombre fulgurance traversa Staline au moment de sa propre fin ? A-t-il vu le long cortège des hommes et des femmes qu'il avait envoyés à la mort par dizaines de millions ? Lorsque finalement les médecins se pressaient autour de lui pour tenter des soins inutiles, il réussit de son bras valide à montrer une image épinglée au mur où figurait une fillette nourrissant un agneau, puis il se désigna du doigt. Le moribond cherchait sans doute à signifier son extrême faiblesse. Pervers jusqu'à son dernier souffle, Staline n'eut jamais pitié que de lui-même. Contrairement à ce qui est généralement admis, Staline n'était pas un paranoïaque mais un grand pervers narcissique. Ce dernier diagnostic, fondé sur les propos tenus en privé, est bien plus grave que celui de paranoïa et rend mieux compte des méfaits d'un des plus grands criminels de l'Histoire. On peut espérer qu'une meilleure connaissance de la psychopathologie de ce personnage pourrait contribuer à nous protéger de ses semblables en mobilisant une vigilance particulière dans le champ politique.
Résumé : Etienne Lomel ressent depuis quelque temps de vives douleurs à l'estomac, sans qu'on puisse déterminer chez lui un mal organique. Il a peur, il est inquiet, et ce sentiment est lié à la personne de Louise, sa femme, qui le maintient sous sa coupe et dont il dépend pour tout, puisque, après leur mariage, il est en quelque sorte devenu son employé. Louise a déjà été mariée. Etienne était son amant avant que son mari ne meure. Il se souvient de sa peur devant la passion dévorante dont elle faisait preuve alors, et des serments qu'elle exigeait de lui : il ne l'abandonnerait jamais et, un jour, il l?épouserait. Peu de temps après, le mari de Louise meurt et Etienne surprend, à peine marié, une phrase de la concierge disant que Guillaume, lors de sa mort, était devenu si maigre qu'il ne pesait pas plus qu'un enfant de dix ans. A présent Etienne se ronge, se demandant si sa femme n'aurait pas supprimé Guillaume. Et il en vient à supposer qu'elle verse de l'arsenic dans sa nourriture. Ce que confirme l'analyse médicale. Il sait maintenant que Guillaume a été empoisonné ? en fait, à cause de lui ? et comprend que la passion qu'ils mettent dans leurs étreintes amoureuses n'est qu'un moyen détourné de faire taire le remords. C'est pourquoi aussi ils vivent renfermés en eux-mêmes et n'ont pour seuls amis que Leduc et sa femme, laquelle est dans la confidence. Avec mille ruses, Etienne s'arrange pour ne garder aucune nourriture par crainte qu'elle ne contienne de l'arsenic, et il épie sa femme. Il découvre ainsi qu'elle a un jeune amant, Roger Cornu. Décidé à garder son épouse et résolu à ne pas mourir, il projette de tuer son rival. Mais à la dernière minute, il recule et il se suicide.