Parmi les livres dont la vocation est d'exposer le mouvement de pensée d'Emmanuel Lévinas, Visage continu fait date. Paradoxalement, cependant, les thèses de ce livre sont généralement ignorées. L'oeuvre de Lévinas, complexe, mérite d'être explicitée. Il faut en examiner les plis, les écarts, afin de mettre en pleine lumière ce qui s'y donne dans un clair-obscur susceptible d'alimenter les équivoques. Visage continu propose un tel éclairage : Benny Lévy y procède à l'élucidation de l'arrière-fond d'intuitions pré-philosophiques qui, de l'aveu même de Lévinas, est nécessaire au déploiement de sa philosophie. Que la philosophie implique autre chose qu'elle-même, voilà ce qui est, semble-t-il, difficile à admettre. C'est pourtant là que réside toute la tension de la pensée lévinassienne. Ressaisir cette tension en son coeur : tel est le principe de la lecture exigeante de Benny Lévy, à laquelle il importe de revenir. La lecture de Visage continu n'est certes pas aisée, tant la manière de Benny Lévy est nouvelle, inhabituelle. Mais le dérangement des habitudes n'est-il pas l'exigence première de la pensée, ce sans quoi jamais elle ne naîtrait? Il faut donc s'efforcer de lire.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
90
Date de parution
11/10/2007
Poids
140g
Largeur
140mm
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EAN
9782864325154
Titre
L'Un et l'universel. Lire Lévinas ave Benny Lévy
Auteur
Hanus Gilles
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
140
Date de parution
20071011
Nombre de pages
90,00 €
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Au seuil d'une carrière universitaire que tout laissait présager brillante, et alors qu'il venait, refusant finalement le baptême, de retrouver son être (en l'occurrence son être-juif), Franz Rosenzweig prit la décision étonnante de renoncer à ladite carrière sans renoncer cependant au savoir. Il ne s'agissait pas pour lui de se retirer dans la solitude monacale du penseur indépendant, mais bien plutôt de créer un lieu inédit qui favorisât un penser nouveau et contribuât à l'éclosion d'une forme de pensée commune qui ne fût ni école, ni secte. Le nom de ce lieu ? Freies jüdisches Lehrhaus : libre maison d'étude juive. Son but ? Renouer avec l'étude (Lernen) en la renouvelant en profondeur; retrouver par-delà les questions imposées du savoir universitaire, l'intensité des questions véritables; accomplir le trajet qui, du savoir académique, mènerait à l'intensité d'une pensée qui fût une vie. Il nous a semblé opportun de scruter aujourd'hui ce pas en retrait, dont nous pensons qu'il est susceptible d'inspirer à nouveau tout rapport exigeant au savoir.
Résumé : Nous souhaitons faire crédit à Lévinas, lui accorder la puissance que l'Université lui refuse en le canonisant: celle d'échapper, dans l'exercice de la pensée, au moins ponctuellement, à la philosophie. C'est lui rendre justice tant il aspirait à une telle puissance qu'il s'efforçait d'actualiser de livre en livre. C'est donc la question de l'actualité de Lévinas que nous soulevons, et nous la soulevons avec lui, dans sa trace. Car il arriva à Lévinas, en 1935, dans la tourmente, de se demander ce que signifiait l'actualité d'une pensée: celle de Maïmonide. L'actualité d'une pensée, c'est sa capacité à être actualisée par le lecteur. Elle désigne la façon dont on peut respirer dans un texte, y construire sa propre pensée, ce qui ne saurait signifier en répéter inlassablement les thèses sans les interroger, mais souffler sur les braises selon le dire de Rabbi Eliézer que Lévinas aimait à citer. L'actualité d'une pensée est son incandescence, sa possibilité, moyennant le souffle du lecteur, de redevenir feu. Nous voudrions montrer comment Lévinas fut conduit au bord de la philosophie, dans les marges de l'histoire, comment sa pensée procéda avant tout d'une percée hors de l'histoire, avant d'examiner plusieurs des voies par lesquelles il accomplit un pas hors de la philosophie.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Résumé : Que se passe-t-il lorsqu'un auteur, qui a beaucoup écrit sur l'enfance, remonte le fil d'argent de sa propre enfance ? Le plus court chemin est un hommage aux proches et la tentative de revisiter avec les mots ce vaste monde d'avant les mots : les êtres, les lieux, les sentiments et les sensations propres à cette époque sur le point de disparaître, les années d'avant la cassure, d'avant l'accélération générale qui suivront la chute du mur de Berlin. Raconter l'existence dans les paysages infinis de la campagne wallonne, dire l'amour et le manque. Car écrire, c'est poursuivre un dialogue avec tout ce qui a cessé d'être visible. Par-delà la nostalgie.