8Balls par OMSCIC COMICS (Jung Wonkyo) Première bande dessinée de la nouvelle collection Echo Chamber, dirigée par Ilan Manouach, ce manhwa d'OMSCIC COMICS évoque autant les mangas de Yûichi Yokoyama que les Tintin de Hergé. 8 boules s'entrechoquent et rebondissent frénétiquement dans ce monumental flipper virtuel en 3D, en quatre chapitres, comme autant de niveaux d'un jeu vidéo épileptique. On ignore ce qui procède de la représentation ou du réel, dans cette vectorisation de la lecture et du lecteur. 8Balls, on s'en aperçoit vite, est une création numérique, un monde virtuel dont les spectateurs, 8 boules, s'échappent, envahissent tout Le premier chapitre nous rassure, en feignant de raconter la lutte sans merci de la balle noire contre la balle blanche, la lutte de l'ombre contre la lumière, dans une abstraction lyrique et cinétique, mais ce mode narratif traditionnel est aussitôt démenti, dès le deuxième chapitre : les décors ou les objets, quand ils sont "réalistes", en ligne claire à la Hergé, sont totalement virtuels. Ils sortent d'un logiciel de création de bande dessinée ou d'anime, dont les spectateurs sont ces 8 boules, "assises" sagement sur les fauteuils d'une salle de projection. Soudain, elles se déchainent et envahissent l'univers virtuel, explosent en gerbes de feu, plongent le lecteur en transe ou en catalepsie, tout comme les boules de Rascar Capac.
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Nombre de pages
164
Date de parution
02/06/2023
Poids
352g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782390080916
Titre
8 balls
Auteur
OMSCIC COMICS
Editeur
5EME COUCHE
Largeur
150
Poids
352
Date de parution
20230602
Nombre de pages
164,00 €
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Sous-Naturel est un livre de Messieurs Delmotte, tel un livre cartonné pour enfants, sorte de livre-jouet sans objet, pour adultes de 0 à 109 ans. Pour Messieurs Delmotte, l'image, tout comme le jeu, le discours, la performance, serait toujours sous-naturelle, c'est-à-dire, en dessous des lois communes de la nature. C'est pourquoi Sous-Naturel est un imagier imparfait comptant près de 25 photos-prestations qu'on peut compléter, sans jamais les épuiser. Messieurs Delmotte y exécute, en costume trois pièces distingué, des gestes communs, en dehors des protocoles attendus. Messieurs Delmotte se prononce par le simple fait que la photographie n'est pas réelle, n'est pas le réel non plus - Toute image est toujours Sous-Naturelle.
Paris Sylvain ; Löwenthal Xavier ; La Croix Arnaud
Résumé : Les aventures de Tintin constituent une oeuvre ouverte, au sens où l'entendait le sémioticien (et romancier) Umberto Eco. Soit une oeuvre qui existe par l'action du lecteur, ce mouvement interprétatif sans fin, puisque repris à chaque lecture. Cette lecture-ci, qui apparente l'oeuvre hergéenne à un simulacre digne des analyses du sociologue Baudrillard (ou de son maître Guy Debord, auteur de "La Société du spectacle"), est tout aussi légitime que celle, récente, de cet amateur de psychanalyse et de langue des oiseaux, qui, à la manière de Lacan, lit dans Tintin l'odyssée initiatique d'un adolescent bruxellois violé à différentes reprises par le frère de sa mère. Un autre essai a fait de Tintin la créature, l'homoncule né dans le laboratoire d'un alchimiste passionné, son existence durant, d'occultisme : approche non moins légitime. Que ce Tintin-ci, parti du géant Kubrick, s'achève chez le plagiaire Rodier, talentueux turluron, voilà qui relève de cet art de l'ironie que pratique volontiers l'auteur. Un art digne de cette vision carnavalesque du monde qu'avait fini par développer Georges Remi lui-même, aventurier du trait et de l'esprit au bout du compte passablement désabusé, revenu de tout... Mais pas de la lune où son héros n'aurait, on le sait désormais, pas même posé le pied. La lucidité est à ce prix, elle mène à ce savoir terrible selon lequel les conspirations les plus complexes, les complots les plus sophistiqués ne débouchent ultimement que sur le vide intersidéral, cet espace sidérant où le malheureux Frank Wolff, autre Major Tom, est condamné à errer pour l'éternité.
L'univers de François Burland est à l'image d'un grand bazar. On y trouve toutes sortes d'oeuvres : papiers recyclés, collés, peints ou gravés, broderies qui s'affichent comme des dessins colorés, sculptures ou jouets bricolés aux échelles brouillées. Le tout s'affranchissant des contraintes esthétiques pour permettre le jeu libre des formes et la magie du désordre. Ces authentiques créations ont de quoi surprendre. Elles mêlent des représentations vernaculaires à des images plus universelles qui s'associent au verbe, selon une propre logique. Ces oeuvres possèdent donc un mot d'ordre : le slogan ou mieux une parole qui attrape. A l'origine, dans l'ancienne Ecosse, le slogan signifiait le cri de guerre d'un clan. Aujourd'hui il est devenu une forme privilégiée de la communication de masse tant publicitaire que politique ou culturelle et fait partie intégrante de notre environnement. Chez François Burland, le slogan est tout cela à la fois, un alliage qui réunit le proverbe, la devise, la sentence et le cri de la foule. Il accroche, il rallie, il dicte. Il est certes un acte verbal mais sa lecture reste inséparable de sa forme plastique. Aussi pour comprendre l'esprit libertaire de cet artiste et sa capacité à être dans une attitude active et non soumise, il faut envisager la lecture de son oeuvre sous le signe de la résistance. "Créer c'est résister" pense Gilles Deleuze, qui établit "une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance" . Il précise : "résiste à la mort soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes". François Burland l'artiste est-il un rescapé ? Son histoire, ses années en marge de la société, sa rencontre avec le Sahara et son itinéraire artistique le font tout simplement naître. "J'ai commencé à faire de la peinture pour échapper à la vie. Au bout du compte c'est elle qui m'a ramené à la vie... " Il peut prétendre à l'art.
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