Si, comme l'écrivait Elias Canetti, " personne ne connaît le coeur secret de l'horloge ", la musique, parce qu'elle se déploie dans le temps en le sculptant, semble bien pouvoir décliner les manifestations de ce mystère qui paraît être à la fois sa source et son problème. Ce problème, la musique le transporte dans une dimension seconde, fictive, imaginaire. En abordant le thème des " Présents musicaux ", cet ouvrage collectif vise à interroger cette dimension temporelle propre à la musique, non pas selon des définitions univoques ou par une approche abstraite, mais par touches successives ; en proposant des cas concrets à travers l'analyse d'oeuvres ou en exposant des problèmes spécifiques, chaque contribution enrichit d'autant la réflexion générale. Apparaît ainsi toute la complexité d'un certain nombre de problématiques cristallisées dans les oeuvres musicales : le rapport du présent au passé et à l'histoire, la relation des matériaux à leur agencement, les conditions à travers lesquelles les oeuvres deviennent des processus riches et vivants. Ce recueil est le fruit d'un séminaire réunissant enseignants-chercheurs et doctorants, séminaire qui s'est tenu au département Musique de l'Université Paris 8, au sein du Laboratoire d'analyse et d'esthétique musicales.
Nombre de pages
297
Date de parution
19/06/2009
Poids
412g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296093232
Titre
Présents musicaux
Auteur
Olive Jean-Paul
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
412
Date de parution
20090619
Nombre de pages
297,00 €
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Dans les années 1960, Adorno confie, dans une note biographique: "J'ai étudié la philosophie et la musique. Plutôt que choisir entre les deux, j'eus toute ma vie durant le sentiment d'être, dans ces deux domaines divergents, à la recherche d'une chose identique." Quelle est donc cette "chose identique" que dissimuleraient dans une totale complicité philosophie et musique? Adorno ne le précise pas. Seule une immersion en profondeur dans les textes du philosophe peut livrer la réponse. II s'agit d'une gageure et c'est précisément celle que relève ici magistralement Jean Paul Olive, exégète attentif, lecteur subtil et interprète exigeant d'Adorno. Mais l'auteur n'entend pas pour autant céder aux sortilèges de la dialectique adornienne. Soucieux de marquer une juste distance critique vis-à-vis d'une pensée qui pourtant le fascine, Jean Paul Olive n'hésite pas à stigmatiser l'intransigeance de certaines positions du penseur francfortois. Habile démarche qui confère à son propre texte, Un son désenchanté, une totale autonomie et lui permet d'autant plus librement d'insister avec force sur l'actualité de la Théorie critique et sur l'urgence d'une relecture de Theodor Adorno.
Provenant d un séminaire universitaire, la thématique de ce volume concerne la notion de dialectique, telle qu on la rencontre sous la plume d Adorno. Le concept d oeuvre musicale est demeuré au centre des préoccupations de ce séminaire; un tel concept indique qu on a affaire ici à un champ bien particulier - l art - constitué de comportements, de matériaux, de processus singuliers qui, pour être en étroit contact avec les autres sphères de la société, ne sont pas si facilement solubles en elles.
La modernité viennoise, avec un raffinement rare et une violence surprenante, a profondément marqué notre siècle. Alban Berg occupe une place singulière qu'il convient d'interroger à nouveau. Par une conception de l'unité qui intègre l'hétérogène, par l'invention constante de processus compositionnels croisés, par une acuité exceptionnelle aux faits de langage et au matériau musical, l'écriture de Berg développe une narrativité spécifique qui, au fil des oeuvres, se réfléchit elle-même jusqu'à devenir problématique du sens. L'essai de Jean-Paul Olive, prenant pour centre la partition de la Suite Lyrique, plonge au sein de cette écriture pour s'efforcer d'en dégager le mouvement et rendre compte de l'immense réflexion sur les signes et le temps que constitue l'oeuvre d'Alban Berg.
L'essai de Jean-Paul Olive rend compte de cette action du montage dans l'art du début du siècle, puis traite plus spécifiquement du montage musical et de ses opérations: décomposition du matériau traditionnel, juxtapositions, superpositions, torsions, inserts et citations y sont analysés comme les opérations et procédures locales à partir desquelles la forme musicale s'avère entièrement repensée.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...