Bulletin d'histoire et d'épistémologie des sciences de la vie Volume N° 33/1 : Postgénomique : une r
Oberhauser Pierre-Nicolas ; Arminjon Mathieu
KIME
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EAN :9782380722055
L'enjeu est d'analyser comment ce tournant reconfigure (ou non) les débats autour des oppositions inné/acquis ou normal/pathologique qui structurent traditionnellement les sciences biomédicales modernes. En 2003, au terme du projet de séquençage du génome, force était de constater que les causes des maladies ne se trouvent pas principalement dans les gènes. Les sciences biomédicales ont dès lors entamé un tournant environnemental, avec les sciences de l'épigénome, de l'exposome, voire du socioexposome, etc. La révolution postgénomique en cours n'enthousiasme pas seulement les chercheuses et chercheurs en sciences naturelles. Pourtant enclins à mener, depuis les années 1970, une critique radicale et systématique des sciences biomédicales, les tenants des sciences humaines et sociales se réjouissent du dépassement, voire de l'abandon du génocentrisme. Pour ces derniers, l'avènement d'une " biologie 2.0. " devrait enfin permettre d'appréhender la perméabilité entre les vivants et leurs milieux. Mettant plus profondément un terme à l'illusion moderne d'une nature intemporelle et universelle, la biologie retrouverait son historicité et son statut de science située. Ce numéro spécial du bulletin de la Société d'histoire et d'épistémologie des sciences de la vie vise à interroger la rhétorique de la " révolution postgénomique " dans une perspective historique et épistémologique. Il s'agit d'abord de problématiser le statut du consensus scientifique avec lequel cette révolution prétend avoir rompu. A l'échelle de l'histoire, le génocentrisme n'a constitué qu'une courte période au sein de l'histoire des sciences moderne. Il importe dès lors d'explorer les approches environnementales qui ont précédé l'avènement du déterminisme génétique strict, voire celles qui ont pu coexister avec lui. Nous proposons ainsi d'appréhender de manière critique les prétentions postgénomiques à opérer une rupture épistémologique (nouveaux cadres théoriques, modélisation) ainsi qu'une réorganisation des frontières disciplinaires. Ce faisant, nous entendons saisir plus finement les transformations épistémiques et sociales qui caractérisent le tournant environnemental dans les sciences de la vie. L'enjeu sera enfin d'analyser comment ce tournant reconfigure (ou non) les débats autour des oppositions - inné/acquis ou normal/pathologique - qui structurent traditionnellement les sciences biomédicales modernes. Dans l'introduction à ce passionnant dossier, Mathieu Arminjon, Pierre Nicolas Oberhauser et Maurizio Meloni nous présenteront la " Postgénomique : une révolution environnementale en question ", puis Maurizio Meloni mènera le lecteur sur les rivages des " politiques environnementales avant l'environnement ". Thomas Bonnin et Mathieu Arminjon se demanderont dans un article aux prises avec des questionnements contemporains si nous : " Vivons un tournant postgénomique dans l'étude de la causalité sociale ", tandis que Laurent Loison questionnera la " (...) place pour la théorie dans la genèse de l'épigénétique moléculaire ? ". Enfin, Francesca Merlin abordera la question de l'épigénétique dans un article intitulé : " Aura-t-on toujours besoin de l'épigénétique ? " Ses promesses, ses limites, sa contribution à la génétique ". En article varia, Pierre-Louis Blaiseau nous permettra de mieux comprendre les recherches de Boris Ephrussi, sur la culture des tissus et l'orientation vers la génétique.
Nombre de pages
128
Date de parution
11/06/2026
Poids
160g
Largeur
145mm
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EAN
9782380722055
Auteur
Oberhauser Pierre-Nicolas ; Arminjon Mathieu
Editeur
KIME
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20260611
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Talcott Parsons n'occupe plus guère de place dans les débats sociologiques contemporains, en particulier francophones. Il a pourtant exercé une influence profonde et durable sur la discipline - par ses propres travaux et au travers des auteurs pour lesquels il a compté, de Robert K. Merton à Niklas Luhmann et Jürgen Habermas en passant par Erving Goffman, Harold Garfinkel, Clifford Geertz, Renée C. Fox ou encore Robert N. Bellah. Ce livre propose un regard contemporain sur certains aspects de l'oeuvre de Parsons : son rapport à l'anthropologie sociale, et en particulier au travail de Ralph Linton, durant les années 1930-1940 ; l'usage qu'il a fait de la psychanalyse, qui lui a attiré de virulentes critiques. Sur ces deux fronts, l'ouvrage vise à restituer leur intelligibilité aux positions de Parsons tout en rendant compte des controverses et confusions qu'elles ont suscitées.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.