Etrange personnage que Pierre Nicole. La postérité l'a rangé parmi les deuxièmes rôles de Port-Royal, une sorte de permanent du parti janséniste. Il a secondé le grand Arnauld, instruit Racine dans les Petites Ecoles, aidé Pascal et traduit en latin ses Provinciales. Fidèle entre les fidèles, et en même temps mal à l'aise dans cette atmosphère de fronde et de résistance que représente le milieu de Port-Royal, au sein de la France du XVII e siècle, ce latiniste timoré ne songeait qu'aux Moyens de conserver la paix avec les hommes - titre de l'un de ses essais les plus célèbres. Dès que les tensions semblent s'apaiser, pendant la trêve appelée "la Paix de l'Eglise", Nicole peut enfin laisser libre cours à sa vocation de moraliste et de psychologue. Il publie, volume après volume ses Essais de morale : le succès sera tel que le libraire, après la mort de Pierre Nicole, s'ingéniera à en augmenter la série jusqu'à atteindre vingt-cinq volumes. Depuis la fin du XVIII e siècle, ce classique de la littérature morale était devenu pour ainsi dire inaccessible. On en publie parfois quelques pages choisies, défigurées par les coupures et les corrections. Il est proposé ici au lecteur moderne de redécouvrir dix essais de Nicole, donnés dans leur intégralité. Certains nous replongent dans les principes moraux d'un autre âge (et tirent de cet exotisme une part de leur valeur). D'autres présentent les qualités de finesse, le piquant, le goût du paradoxe qui ont longtemps fait juger Nicole comme un des grands représentants, à côté de Pascal et de La Rochefoucauld, de la littérature morale classique. L'oeuvre morale de Nicole s'avère ainsi demeurer passionnante pour un lecteur moderne, au moins à trois égards : 1/ ses considérations sur l'amour-propre, qui constituent les premiers jalons d'un utilitarisme économique ; 2/ ses réflexions sur la sociabilité et une approche originale de la civilité ; 3/ ses observations pédagogiques, émanant d'un des principaux maîtres des Petites Ecoles de Port-Royal.
Nombre de pages
476
Date de parution
10/10/2016
Poids
818g
Largeur
162mm
Plus d'informations
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EAN
9782350881089
Titre
Essais de morale
Auteur
Nicole Pierre ; Thirouin Laurent
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
162
Poids
818
Date de parution
20161010
Nombre de pages
476,00 €
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Publiés dans le dernier quart du XVIIe siècle, les Essais de morale de Pierre Nicole (1625-1695), l'un des auteurs les plus importants de Port-Royal, constituèrent pendant plus d'un siècle une référence incontournable de la pensée morale. Fort de leur succès immédiat, les Essais furent très vite republiés et enrichis par les éditeurs de textes posthumes et de lettres jusqu'à former un ensemble de vingt-cinq tomes en 1771. Pour introduire à la lecture d'un tel massif, le présent volume offre un choix de traités et lettres extraits de la série des Essais de morale, établis et annotés à partir des éditions originales. Ces textes proposent un parcours dont le fil directeur est la critique des attraits engendrés par le monde visible. Le monde des hommes est en effet envisagé par Nicole comme un spectacle chatoyant et trompeur dans lequel l'esprit, charmé par tant d'éclat, s'enfonce jusqu'à se perdre. Mais, outre le déploiement d'une anthropologie de la concupiscence fondée sur l'analyse précise des mécanismes psychiques et affectifs, la puissance théorique de ces Essais tient au fait qu'ils proposent des remèdes ordinaires et humains, et donc, praticables dès cette vie, pour neutraliser les effets de cette séduction qui s'exerce par l'entremise du regard. Pour ce faire, Nicole ne se contente pas de produire des exposés généraux et abstraits, il décrit au contraire avec une grande minutie les dangers souvent inapparaissants de ces instruments de fascination de l'âme. La plupart des essais proposés n'avaient pas été réédités depuis plus d'un siècle. Ce volume souhaite donc rendre à nouveau disponible ces textes majeurs et pourtant encore peu connus de la littérature morale du Grand siècle.
Le Traité de la Comédie de Pierre Nicole est un texte majeur de l'esthétique classique. Il appartient aussi pleinement à la réflexion anthropologique qui se développe au XVIIe siècle sous le vocable de littérature morale. ?uvre de combat, il tient sa place dans la vaste offensive contre le théâtre déclenchée en France, pendant la décennie 1660-1670. Mais parmi tous les pamphlets qui alimentent à l'époque classique la « querelle de la moralité du théâtre », ce traité tranche par ses références, par sa relative sérénité, par son désir explicite de renouveler les termes du débat. Il constitue, dans la famille d'esprit augustinienne, une des contributions les plus abouties à une théorie de l'image et de la représentation. L'ouvrage de Nicole, que l'auteur inclura finalement dans ses célèbres Essais de morale, a connu de multiples et profondes transformations. On disposera enfin, avec le présent volume, du texte original ? celui auquel ont réagi Corneille, Racine et Molière. L'ensemble des variantes et remaniements ultérieurs sont relevés. Le Traité de la Comédie est complété par un dossier réunissant les principales pièces de la querelle, dans les années 1660-1670 : documents capitaux, mais d'accès aujourd'hui difficile (tel le Traité de la Comédie et des Spectacles du prince de Conti) ou textes plus familiers (comme les Observations de Rochemont sur le Dom Juan de Molière, ou la préface de Tartuffe), mais qui prennent leur pleine signification de se trouver ici réunis.
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Sils-Maria, haut lieu de villégiature philosophique de Friedrich Nietzsche : de son bureau, au c?ur de la haute Engadine, il voit, là, juste sous le ciel, une haute falaise très escarpée. Viendra s'y construire peu de temps après sa disparition, un chalet. Au bord du précipice. C'est là qu'Anne Frank passa, chez des amis de ses parents, les étés de 1935 et 1936, années pathétiques de l'hitlérisme conquérant. Entre le philosophe et la toute jeune Anne, d'une maison l'autre, dans un au-delà du temps qui sollicite rencontre et dialogue, un pays au-delà du crépuscule se dessine. Par petites touches. Dans le froid glacial du haut plateau de la haute Engadine. Dans la clairière aménagée par Hölderlin et Plutarque. Dialogue des morts avec les textes philosémites de Nietzsche, l'ermite de Sils-Maria, avec l'allégresse de celle qui va, bientôt, nous livrer son Journal. Peu à peu les mots construisent le chalet qui n'existait pas, révèlent l'admiration et le respect du Philosophe pour le Peuple juif auquel Anne appartient. Ecritures d'ombres sur les pierres, les parois, les clairières, les poutres des chalets, des chambres de l'Une, du bureau et de la petite table de l'Autre. Immémoriales stèles dans les clairières de l'Engadine. Croisement d'âmes sur les sentiers de l'Alpe. Il fait décidément beau à Sils-Maria,. Très beau.
Comment se satisfaire du récit de la Genèse quand on a quelque révérence pour la femme, ? Dieu l'aurait tirée du flanc d'Adam, ce qui autoriserait l'homme à tenir sa compagne pour inférieure ? Dieu, en frappant d'interdit l'arbre de la Connaissance du bien et du mal, aurait dénié l'autonomie morale à ses créatures, les punissant ensuite d'avoir agi en êtres libres ? N'est-il pas, en outre, singulier, que la Bible soit muette sur la beauté d'Eve, alors que Dieu n'a pu que mettre toutes ses complaisances dans Son ultime ouvrage ? et muette sur l'union charnelle d'Eve et d'Adam, ode sacramentel par excellence ? Irrité par les crimes de leur descendance, le Créateur aurait effacé toute chair de la surface de la Terre, mais, comme dépourvu de prescience, aurait sauvé Noé dont la postérité allait perpétuer le Mal ? Que d'énigmes sont promises au lecteur des Saintes Ecritures. Avant que plus rien ne subsistât du jardin primordial, il importait d'en célébrer les rares vestiges. Avec, s'il se peut, les yeux " non habitués " d'un Adam ; avec ceux, voilés d'une essentielle nostalgie, de la première femme, de la " première mortelle ". Puisse le poète avoir fidèlement transcrit le chant du cygne d'un monde condamné. Puisse-t-il avoir infusé, dans les regards, attention, ferveur et gratitude envers tout ce qui témoigne encore de sa haute origine. A commencer par la femme plénière qu'Eve inaugure. Que soit louée, en celle-ci, la filiation indéfinie de ses pareilles, dépositaires successives de l'enfance du monde, toute grâce et tendresse ; de la courbe accomplie ; du temps cyclique - et d'un rebord de seuil donnant sur un goulet marin ! De quoi, si l'on en croit Camus, savoir quelque chose, ici-bas, du Paradis. De quoi, pour le philosophe, s'aviser que cette preuve tangible, irrécusable, de l'existence de Dieu, qu'il avait tant cherchée, se trouvait en foule sous ses yeux. F. S. Poète de l'Arbre et de l'Océan, François Solesmes est aussi l'auteur d'une " Poétique de la femme ", en deux volets : La Nortpareille et Faites intimes.