Philosophie et pouvoir politique en Afrique. La théorie inflexionnelle
Ngoma-Binda Phambu
L'HARMATTAN
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EAN :9782747572231
Philosophie et pouvoir politique sont deux nationalités intimes, vivant dans un régime spécifique de mariage généralement conflictuel, et très souvent de séparation de corps perpétuel. Il est utile d'en étudier les modulations et les pulsions, dans le contexte particulier de l'Afrique. Plus spécialement il est indispensable, au delà de la colonisation politique et culturelle, de rendre compte des regards réciproques du savant et du praticien, du philosophe et du politique en situation postcoloniale. Ce faisant, on arrive à mesurer ou, tout au moins, à imaginer le genre comme le degré de pouvoir que le philosophique exerce sur le politique, et le politique sur le philosophique. Il apparaît, absolument, que pour accomplir sa prétention au pouvoir, accroître sa capacité d'inflexion du politique et de la société, la philosophie est obligée de maximiser ses propres voies de pouvoir théorique, pratique et idéologique. Ainsi, il devient inévitable de rechercher les conditions de possibilité d'une telle philosophie à pourvoir d'inflexion maximale sur les consciences et les modes de gouvernement des hommes et des sociétés. En posant le politique comme objet de pensée préférentiel et, de ce fait, en redéfinissant le mode de regards mutuels des pouvoirs, philosophique et politique, une manière spécifique de philosopher radicalement marquée par l'angoisse et le souci d'un plus grand pouvoir sur le réel, en particulier sur le mode de gouvernement politique en Afrique et ailleurs.
Nombre de pages
303
Date de parution
02/11/2004
Poids
335g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747572231
Titre
Philosophie et pouvoir politique en Afrique. La théorie inflexionnelle
ISBN
2747572234
Auteur
Ngoma-Binda Phambu
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
335
Date de parution
20041102
Nombre de pages
303,00 €
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L'expérience congolaise de Vérité et Réconciliation est singulière. Pour des raisons multiples, et malgré près de quatre ans de fonctionnement, elle n'a jamais travaillé correctement et, donc, n'a guère donné les résultats généralement attendus d'une telle institution. Cette expérience est décrite dans le présent ouvrage. La mission comme les conditions de succès d'une CVR sont circonscrites. Pour éviter l'échec radical, et au nom de la nécessaire lutte contre l'impunité, l'auteur plaide pour la création d'une nouvelle structure, au mandat mieux défini, et aux ressources humaines plus crédibles, plus compétentes et plus engagées.
Dense et agréable à lire, l'ouvrage présente la manière efficace de production d'une philosophie appropriée, émergeant des contextes, volontés et passions spécifiques des sociétés (africaines en particulier) à la recherche de bien-être. Il explicite la théorie inflexionnelle développée comme pratique intellectuelle d'inflexion des consciences politiques, de la gouvernance et de la société globale. Le principe cardinal rappelé est qu'on ne philosophe pas pour philosopher, en particulier dans le contexte spécifique d'êtres humains aux besoins spécifiques pressants. Philosopher véritablement c'est penser pour infléchir, pour faire agir dans le sens pensé, dans le sens de la civilisation de l'humanité, pour la maximisation de la joie d'exister de chacun des enfants de la terre.
En Afrique plus qu'en Occident, la démocratie est inachevée, voire infirme. La démocratie politique réclame d'être elle-même civilisée. La civilisation de la politique passe par la juste inclusion maximale des valeurs morales et sociales que les femmes et la société civile revendiquent et qu'elles clament porter en elles. Les matériaux d'analyse et de réflexion proviennent des femmes de la société civile du Congo.
L'urgence de la question démocratique dans la lutte pour la progression de l'humanité est au centre de cette réflexion. Pour asseoir et développer la démocratie représentative, il faut une économie libre du carcan de l'État, ou libéralisée suffisamment pour mettre réellement en jeu les forces propres à chaque pays. Or l'histoire des quarante dernières années en Afrique noire a démontré que c'est plutôt une logique contre-productive qui a été adoptée par les élites des indépendances. L'exemple choisi est la République Démocratique du Congo.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...