Des premières descriptions de la Nigritie aux projections aujourd'hui dirigées sur l'Afrique, le Noir, dans l'imaginaire occidental, reste chargé d'incarner la nature, pour le meilleur et pour le pire, en son innocence ou sa barbarie originelles. Cette représentation fantasmatique, inscrite au cœur des discours savants comme des préjugés ordinaires, ordonne le champ des analyses et des idéologies. On la retrouve engagée dans l'approche de phénomènes aussi divers que le sida, la vogue black, l'aide au développement, la musique noire, l'excision des femmes, le tourisme et l'aventure... Au nom d'une authenticité négro-africaine, défendue à la fois par le raciste et l'antiraciste, elle continue de priver le continent noir de son historicité, pour le constituer en réserve naturelle de l'imaginaire et des fantasmes blancs. L'affligeant discours de Dakar, prononcé par Nicolas Sarkozy quinze ans après la première édition d'Afrique fantasmes, atteste jusqu'à la caricature du poids persistant de ces représentations.
Nombre de pages
308
Date de parution
18/11/2008
Poids
330g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296069596
Titre
Afrique fantasmes
Auteur
Negroni François de
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
330
Date de parution
20081118
Nombre de pages
308,00 €
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Trente ans après le scandale de sa parution en 1977, la lecture de ce classique de la littérature pamphlétaire demeure essentielle. Si les humanitaires ont remplacé les coopérants, la logique souterraine de ces communautés d'expatriés reste la même : bonne conscience caritative, sanglot de l'homme blanc, alibi du commerce équitable, tourisme sexuel, etc. Ces comportements stigmatisés ici dans leur genèse sont devenus désormais les expressions dominantes de l'impérialisme.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...