A sa parution, en 1977, ce livre fit scandale. Alliant la rigueur du sociologue à la verve du polémiste, François de Negroni y alignait férocement les coopérants, avatar néocolonial de la présence française dans le tiers-monde. Il mettait au jour la logique souterraine de ces communautés expatriées qui, dans l'euphorie d'une parenthèse estivale outre-mer, se vivaient au travers de deux fictions : leur unité sociale et leurs divisions idéologiques. Trente ans après, la lecture de ce classique de la littérature pamphlétaire demeure essentielle. Car si les coopérants, en tant que tels, ont fait leur temps, remplacés par les bataillons de l'humanitaire, il n'en va pas de même des postures, des thématiques ou des modes d'appropriation. La bonne conscience caritative, le sanglot de l'homme blanc, le rappel à l'ordre écologique, l'alibi du commerce équitable, le tourisme sexuel, etc., stigmatisés en leur genèse dans Les Colonies de vacances, sont devenus désormais les expressions dominantes de l'impérialisme.
Nombre de pages
288
Date de parution
06/06/2007
Poids
390g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296034334
Titre
Les Colonies de Vacances
Auteur
Negroni François de
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
390
Date de parution
20070606
Nombre de pages
288,00 €
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Des premières descriptions de la Nigritie aux projections aujourd'hui dirigées sur l'Afrique, le Noir, dans l'imaginaire occidental, reste chargé d'incarner la nature, pour le meilleur et pour le pire, en son innocence ou sa barbarie originelles. Cette représentation fantasmatique, inscrite au cœur des discours savants comme des préjugés ordinaires, ordonne le champ des analyses et des idéologies. On la retrouve engagée dans l'approche de phénomènes aussi divers que le sida, la vogue black, l'aide au développement, la musique noire, l'excision des femmes, le tourisme et l'aventure... Au nom d'une authenticité négro-africaine, défendue à la fois par le raciste et l'antiraciste, elle continue de priver le continent noir de son historicité, pour le constituer en réserve naturelle de l'imaginaire et des fantasmes blancs. L'affligeant discours de Dakar, prononcé par Nicolas Sarkozy quinze ans après la première édition d'Afrique fantasmes, atteste jusqu'à la caricature du poids persistant de ces représentations.
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