A l'origine, une source, unique, précise. Le pétrarquisme jaillit de l'oeuvre et du nom de Pétrarque. Philosophe, linguiste, homme d'Eglise et de pouvoir, humaniste, le Toscan est aussi un des plus grands poètes occidentaux. Son oeuvre se propage partout en Italie dès le XVe siècle : dans chaque ville, de nombreux poètes y puisent avant d'en renforcer le cours par de multiples productions qui rendent hommage au modèle imité, une imitation si diffuse qu'il est délicat parfois de savoir si les nouveaux poètes s'inspirent du Florentin ou des pétrarquistes locaux. Il en va bientôt de même en France où d'aucuns renient leur source d'inspiration première, forgent des courants nationaux, pour ne pas dire nationalistes. L'oeuvre de Pétrarque atteint l'Espagne, le Portugal, les rives de l'Angleterre, puis remonte, au XVIIe siècle, le cours des fleuves vers l'Allemagne. La vague de la mode pétrarquiste n'est pas une onde régulière, et tandis qu'elle apparaît ici, elle est ailleurs au plus bas ; puis resurgit plus loin, dans le temps. Quelles sont ces voies suivies par les multiples courants pétrarquistes ? Quels poètes les empruntent ? Que reste-t-il, si loin de leur source, des vers du poète toscan ? Le volume tente de répondre à ces interrogations pour souligner, dans le même temps, la dimension pluriculturelle et évolutive de la poésie d'amour de la Renaissance - au sens large du terme -, dans une Europe en quête de langues nationales reconnues, de formes poétiques nouvelles, mais aussi, plus largement, d'identités politiques et religieuses affermies.
Nombre de pages
301
Date de parution
21/05/2021
Poids
498g
Largeur
160mm
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EAN
9782841373673
Titre
Pétrarque et la poésie européenne. Anthologie pétrarquiste bilingue, Textes en français et en italie
En l'année 1522, l'annonce de la prise de Rhodes par l'armée de Soliman le Magnifique éclata comme un coup de tonnerre qui retentit de l'Europe du nord aux confins de l'empire ottoman. Ce fut à la suite de cette bataille perdue que l'Ordre des Hospitaliers, contraint de quitter Rhodes, reçut l'île de Malte et devint l'Ordre de Malte. Cet ouvrage rassemble des documents dont les premiers (textes français, espagnols et turcs) sont des témoignages directs de la prise de Rhodes elle-même. Les textes italiens et anglais, beaucoup plus littéraires et postérieurs d'un siècle environ à l'événement, montrent comment s'opère le passage de l'histoire au mythe. Chaque texte est introduit par une analyse historique qui lui est propre; ainsi le lecteur pourra-t-il juger des causes de l'événement, des enjeux, mais également des conséquences de la défaite, dont il est à peu près certain qu'elles influencent encore de nos jours, dans certains pays, même de manière inconsciente, bien des prises de position relatives à la Turquie. Enfin, chaque auteur, spécialiste dans sa discipline de la période étudiée, a rejoint le souhait commun d'offrir au lecteur des textes indisponibles en français, voire tout à fait inédits pour certains d'entre eux. Et, afin que l'éclairage soit complet, il a été jugé essentiel d'inclure également dans cette publication plusieurs textes ottomans, pour donner aussi la parole à "l'autre", à l'ennemi, à celui dont on parle ou que l'on fait parler sans jamais vraiment l'écouter.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.