Lorsque la vie publique a atteint un stade où la pensée se transforme inéluctablement en une marchandise et où le langage n'est qu'un moyen de promouvoir cette marchandise, la tentative de mettre à nu une telle dépravation doit refuser d'obéir aux exigences linguistiques et théoriques actuelles avant que leurs conséquences historiques rendent une telle tentative totalement impossible. " Ces lignes de la Dialectique de la Raison déterminent le point d'intersection des deux interrogations qui sont à l'origine du présent essai. Pourquoi une " théorie critique de la société ", d'inspiration marxiste, en vient-elle à considérer le rapport entre l'extension de la " forme-marchandise " et les mutilations de l'existence qui lui sont liées (la " réification " des relations sociales) non plus comme le thème de ses énoncés mais comme la principale menace pesant sur la possibilité même de son énonciation ? Dans la mesure où, au moins à partir des années quarante, l'?uvre d'Adorno se veut une tentative pour sortir d'une telle " crise de la critique " autrement que par le silence, quel est donc ce discours qui désormais ne se tient plus que sous le signe de la " possibilité de l'impossible" ? Si la réification, loin de seulement s'inscrire dans des figures, se ramifie en syntaxe d'une domination qui s'exerce en tant que surproduction de ce sens qu'Adorno dit " toujours semblable ", alors doit s'inventer une nouvelle forme, subtile, de résistance : l'art de produire du sens en mode mineur. C'est d'une telle exigence qu'on a voulu ici retracer la constitution et justifier le nom dialectique négative.
Nombre de pages
127
Date de parution
01/05/2004
Poids
100g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782130506669
Titre
ADORNO. LANGAGE ET REIFICATION
Auteur
Moutot Gilles
Editeur
PUF
Largeur
115
Poids
100
Date de parution
20040501
Nombre de pages
127,00 €
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Interrogeant l??uvre d'Adorno dans la variété de ses aspects, ce livre en dégage l'unité: celle d'une forme spécifique de matérialisme. Dans cette perspective, il prend comme point de départ la question de l'extension du fétichisme de la marchandise dans le capitalisme avancé. D'abord considéré à la lumière du dialogue mené avec Walter Benjamin au cours des années 30, ce thème est vite apparu comme un opérateur critique qu'Adorno mobilise tout en le remaniant, dans les champs les plus divers.De l'esthétique à la politique, en passant par la sociologie et l?épistémologie, l'orientation matérialiste de la pensée d'Adorno revêt la forme d'une attention aiguë aux expériences de la non-identité, telles qu'elles se répartissent entre ces deux pôles: celui de la souffrance, exprimant une individuation mutilée par les normes de comportement qu'impose un mode de socialisation pathogène; celui des objets et de l'expérience esthétiques, où s?ébauche un rapport à la différence qui cesserait de mesurer systématiquement celle-ci à l'aune de l'unité.
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Genel Katia ; Kupiec Anne ; Moutot Gilles ; Muhlma
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