LIMITES DES BEAUX-ARTS. Volume 1, A défaut - la littérature
Moussaron Jean-Pierre
GALILEE
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EAN :9782718605197
Le terme de " limites " qui commande le titre général de cet ouvrage (en deux tomes) se prête à plusieurs sens. D'abord à celui de " confins " : les œuvres ici étudiées mènent à la limite diverses formes de subversion de leur propre matériau ; dans le même temps elles se font " œuvres limite ", puisqu'elles accomplissent la catastrophe du genre dans lequel elles s'inscrivent : poétique, romanesque, philosophique, théâtral, pictural, cinématographique. Mais " limites " se comprend encore au sens de " frontières ", ce qu'illustre particulièrement la musique de jazz qui, sonnant comme l'autre de la musique européenne, franchit par là une frontière. Enfin, on peut entendre en ce mot un écho du verbe " imiter ", suggérant que, étudiée en son travail d'imitation représentative, la mimesis dévoile, à la limite, le rapport à l'irreprésentable qui lui donne lieu. La littérature sert ici d'éclaireur au cheminement vers une poétique générale, selon la double perspective du dépérissement de grandes formes artistiques (telles que le romanesque, le lyrisme poétique et musical, le théâtral spectaculaire, le narratif visuel, etc.), et de l'entame de la représentation par sa propre subversion. C'est au cœur de la littérature que joue diversement le motif du " défaut ". Le véritable écrivain écrit "ses" livres par défaut du réel qu'il vise. Opérant, en outre, dans la distance de ce dernier avec le langage qui ne coïncide jamais avec lui - à défaut du réel, donc -, il fait de la mimesis une manière de transaction avec ce défaut. Enfin, lui-même œuvre à cette tâche dans une langue dont la maîtrise lui fait défaut en partie, puisqu'il ne peut dominer entièrement les schémas et lois propres de celle-ci qui lui préexiste. Ce pourquoi il lui revient d'inventer progressivement sa propre voix, autrement dit l'idiome spécifique qui lui servira de signature.
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Nombre de pages
196
Date de parution
12/10/1999
Poids
335g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782718605197
Titre
LIMITES DES BEAUX-ARTS. Volume 1, A défaut - la littérature
Auteur
Moussaron Jean-Pierre
Editeur
GALILEE
Largeur
151
Poids
335
Date de parution
19991012
Nombre de pages
196,00 €
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Suite à l'examen de la " chose littéraire " mené dans le tome premier (À défaut - la littérature), le cheminement vers une poétique générale - dont celle-ci figurait en quelque sorte l' " éclaireur " s'effectue, ici, dans le second. Selon la double perspective de l'amuïssement des grandes formes artistiques acquises, et de la subversion de la représentation comme de la métaphysique qui l'ordonne. Ainsi, alternant divers tons de l'écriture théorique et de la lecture critique, le présent livre comprend six chapitres où sont " revisités " quelques œuvres et discours limite, dans le parage de la philosophie, du théâtre, de la peinture, de la musique de jazz, du cinéma, mais aussi du poème ancien et de sa traduction. Le terme de " limites " qui commande le titre général de cet ouvrage en deux tomes se prête à plusieurs sens. D'abord celui de " confins " : les œuvres ici étudiées mènent à la limite diverses formes de contestation de leur propre matériau. Dans le même temps elles se font " œuvres limite ", puisqu'elles accomplissent la catastrophe du genre dans lequel elles s'inscrivent. Mais le terme signifie encore " frontière ", ce qu'illustre particulièrement le jazz qui, sonnant comme l'autre de la musique européenne, franchit par là une démarcation. Enfin, on peut entendre en ce mot un écho du verbe " imiter ", suggérant que, analysée en son travail d'imitation représentative, la mimesis dévoile, à la limite, le rapport à l'irreprésentable qui lui donne lieu.
Le présent livre n'est pas un manuel de jazz au sens traditionnel (ni une nouvelle "histoire" de ce dernier, ni un répertoire de ses musiciens, ni quelque essai sociologique, etc.), mais se veut plutôt une sorte de parcours, illustré d'exemples, de ce qui, dans l'univers de cette musique, me la fait aimer - ainsi que d'autres amateurs, je l'espère. Autrement dit, j'ai tenté ici, sous forme de chapitres- enseignes de diverses longueurs, d'esquisser la constellation des motifs qui composent, pour moi, le désirable "du jazz: soit sa poétique plurielle. Grâce à laquelle ce dernier représente, à mon écoute, la seule véritable fondation musicale du xxe siècle occidental, en même temps que l'Autre de la musique européenne moderne et contemporaine, qu'il aura quelque peu fascinée - de Ravel à Chostakovitch. Sans doute le choix des enregistrements de musiciens ici proposés" en exemples commentés ou en nombreuses références pourra sembler parfois quelque peu arbitraire. Mais c'est aussi le lot de toute énonciation subjective, et j'en assume le risque. D'autant que ces pages ne prétendent à aucune sorte d'exhaustivité devant la vaste matière déjà séculaire de la musique de jazz, et l'ampleur devenue mondiale de la jazzosphère "où elle se produit, s'écoute et se commente."
Mousseron Jean-Marc ; Mousseron Pierre ; Raynard J
Technique contractuelle propose une méthode systématique de rédaction des contrats. Plus qu'un clausier, cet ouvrage adopte une démarche universelle pour permettre à tous les rédacteurs de contrats de construire tous types d'accords quel qu'en soit le support. Fidèle à l'esprit de Jean Marc Mousseron, la présente édition, à jour au 15 janvier 2017, s'inspire des créations de la pratique en constante évolution. Elle vise aussi à répondre aux nouveaux besoins des professionnels en prenant en compte la réforme du droit des contrats issue de l'ordonnance du 10 février 2016 et les nouvelles exigences de gestion des contrats.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.