D'où le cinéma de Michelangelo Antonioni tire-t-il son étrange pouvoir de fascination ? Assurément de la qualité si particulière du regard que le cinéaste, film après film, a posé sur la matière filmée : un regard qui s'exerce sur fond de vacuité, à fleur de cette béante inconsistance où les choses qu'on ne peut tenir à l'oeil, ni contenir dans un récit, se rechargent constamment de mystère et s'élèvent à la puissance de l'évidement. Cet art de porter le vide au coeur des lieux, des personnages et des événements, et de l'insuffler à l'ensemble des rapports qui régissent la mise en scène, est défini ici comme le principe dynamique qui sous-tend, dans une intime coalescence du sens et de la forme, le projet artistique d'Antonioni. Qu'il s'expose dans son évidence sensible comme objet de la représentation (filmer et raconter le vide) ou qu'il se manifeste dans et entre les plans comme effet (plastique, narratif, énonciatif) d'une poétique, l'évidement s'affirme comme le concept esthétique le plus opérant pour approcher la singularité de l'univers et du style antonionien.
Nombre de pages
161
Date de parution
01/11/2003
Poids
236g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747503945
Titre
Michelangelo Antonioni. Cinéaste de l'évidement
ISBN
2747503941
Auteur
Moure José
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
236
Date de parution
20031101
Nombre de pages
161,00 €
Disponibilité
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Cet essai vise à décliner et illustrer, par l'exemple, diverses manières dont peut s'analyser et s'écrire le cinéma. Variant les modes d'approche des ?uvres (par le plan, par la séquence, par le film, par l'auteur...), alternant les standards et rythmes d'écriture (formes courtes/formes longues), modulant regard analytique et regard critique, couvrant un éventail très large de cinéastes et de films (du cinéma muet au cinéma le plus contemporain), il propose, plus qu'une méthode illustrée de l'analyse filmique, une poétique des films, une réflexion en acte sur l'art du film. Un art qui s'éprouve au contact des ?uvres, au plus près de ce qui se joue au c'ur des images en mouvement, dans le passage d'un plan à l'autre, dans la façon de raconter et de mettre en scène une histoire, dans ce rapport tendu et souvent mystérieux entre les partis pris du cinéaste et la sensibilité et l'intelligence du spectateur.
À la différence des arts immémoriaux qui n’ont pas laissé de témoignages de leur naissance, le cinéma a la chance d’avoir eu des témoins qui, assistant à ses premiers pas, ont écrit le roman de ses origines et rendu compte de l’expérience de la proximité des hommes avec un art en train de naître. Ce livre invite à découvrir les textes où se sont formulées les réceptions premières du Cinématographe et cristallisés une bonne partie des imaginaires qui ont irrigué l’idée de cinéma. De Platon à Kipling, de la camera obscura au Cinématographe, mais surtout du Cinématographe au cinéma, il se propose de remonter aux commencements du cinéma, à ces moments-seuils, pluriels et premiers, où quelque chose de l’idée du cinéma s’est joué et a été énoncé. Où l’idée d’un art nouveau est devenue possible et a commencé à être pensée et à prendre corps en ouvrant un avenir aux images en mouvement et à leurs réceptions.
Le premier dessin, le premier pas de danse, le premier chant: tout cela est depuis toujours tombé dans l'oubli. Mais le cinéma, qui naît à la toute fin du XIXe siècle, a, lui, des témoins sûrs: des écrivains (Gorki, Gourmont, Apollinaire, Tolstoï, Maïakovski, Colette, Kafka, Cendrars, Pirandello, Soupault, Aragon, Cocteau, Biély...), des cinéastes en devenir (Méliès, Griffith, Chaplin, Dreyer, Delluc, L'Herbier, Gance...), des penseurs (Freud, Bergson, Lukàcs, Élie Faure), qui tous élaborent les premiers questionnements et analyses sur l'art naissant qui va révolutionner le XXe siècle. Cette anthologie - une constellation internationale de textes souvent inédits, ignorés ou jamais traduits - invite ceux qui aiment et étudient le cinéma à découvrir le roman des origines d'un art qui, en 1919, sera baptisé le septième. Biographie: Daniel Banda, professeur de philosophie, enseigne l'esthétique à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne. José Moure, ancien élève de l'École normale supérieure, est maître de conférences en esthétique du cinéma à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne.