Littérature du XXe siècle et christianisme. Tome 6, L'exil et le retour
Moeller Charles ; Van Cangh Jean-Marie
BEAUCHESNE
47,00 €
Epuisé
EAN :9782701012865
C'est à un voyage que nous convie Mgr Charles Moeller dans ce sixième tome de Littérature du XXè siècle et christianisme. Un ultime voyage : l'auteur est mort quelque temps après avoir terminé le manuscrit, sans avoir pu mener à bien son projet d'ajouter un septième tome à ce monument d'études à la fois littéraires et spirituelles. L'artisan aura fait faux bond à l'architecte ; il manquera toujours le faîte, mais ce manque n'altère pas pour autant la puissance, la richesse et la finesse de l'ensemble. Un voyage... Une "navigation quelque peu imprévisible" , dit Charles Moeller, dans on avant-propos. Une balade empreinte de poésie et de sensibilité, à travers les oeuvres de six auteurs de notre temps, le journal de bord d'un lecteur exceptionnel quis e plaît, pour la première fois, à emprunter, outre les voies traditionnelles de la littérature, les chemins de traverse du cinéma, ceux de Marguerite Duras dans Hirochima mon amour et de Ingmar Bergman dans Les communiants, Comme dans un miroir et Le silence. L'allure en apparence "vagabonde" de ces réflexions de lecture ne doit cependant pas faire penser à une errance. Le voyageur, ici, est un pèlerin et sa pérégrination se fait sous le vent de l'Esprit. Si Charles Moeller semble par moment musarder, ce n'est que le temps de cueillir les fraises sauvages du chemin, et il n'en oublie jamais le cap qui lui a été donné, la route qui doit le mener, nous mener, de m'amour à la communion, du doute à la quiétude, de la désespérance à la foi. Le titre même qu'il a choisi pour ce sixième tome, L'exil et le retour, rencontre cette métaphore du voyage et indique que les deux termes sont indissociablement liés. Les deux termes se croisent et renvoient l'un à l'autre. Le retour, l'aboutissement du voyage postule, dans notre condition d'hommes, l'exil. L'exil contient, pour qui veut le voir, le retour. De l'un à l'autre, il n'y a pas simple retournement, retour stérile au point de départ, mais accomplissement, dévoilement : la traversée devient alors traversée de lumière, cette lumière qui nous fait nous redécouvrir à nous-mêmes, qui éclaire les zones d'ombres du départ. C'est tout le sens de la démarche de Charles Moeller dans ce sixième tome de Littérature du XXè siècle et christianisme, de l'oeuvre de Marguerite Duras à celle de Gertrude von le Fort.
Nombre de pages
315
Date de parution
01/04/1993
Poids
1 001g
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EAN
9782701012865
Titre
Littérature du XXe siècle et christianisme. Tome 6, L'exil et le retour
Auteur
Moeller Charles ; Van Cangh Jean-Marie
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
0
Poids
1001
Date de parution
19930401
Nombre de pages
315,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.