La Méditérranée introuvable. Relectures et propositions
Moatti Claudia
KARTHALA
15,00 €
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EAN :9782811127718
Les études méditerranéennes ont connu un développement remarquable depuis une vingtaine d'années. Cet ouvrage propose d'étudier les contextes (institutionnels, politiques et culturels) d'émergence de ce mouvement historiographique ainsi que ses catégories d'analyse. Le "méditerranéisme" des XXe et XXIe. siècles s'aborde à la fois comme savoir et comme pouvoir : savoir en tant qu'il est fondé sur l'idée de la Méditerranée comme espace d'exception, comme espace-modèle, qui pourtant n'est réductible à aucune catégorisation ; pouvoir en tant qu'il correspond à une entreprise de domination institutionnelle ou idéologique. L'étude de deux traditions historiographiques non européennes (pays du Maghreb et Turquie) confirme ensuite cette double analyse et permet de remettre en question l'une des idées fortes du modèle, celle d'une "Méditerranée des relations". L'ouvrage montre enfin qu'en adoptant une perspective globalisante et spatiale, les historiens d'aujourd'hui renouent avec les présupposés de Braudel et son approche en termes de civilisation, loin de l'ontologie durkheimienne du social. Cette Méditerranée pour ainsi dire introuvable apparaîtra pour ce qu'elle est : un cas d'étude pour une réflexion collective sur l'écriture de l'histoire et sur la nécessité de prendre en compte non le point de vue unifiant de l'historien ou d'un seul acteur, mais la pluralité des logiques, des acteurs et des systèmes, seule manière de restituer l'historicité des pratiques.
Nombre de pages
157
Date de parution
22/10/2020
Poids
210g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811127718
Auteur
Moatti Claudia
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20201022
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157,00 €
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Qu'est-ce qu'une république ? Pour répondre à cette question d'actualité, il faut plonger au coeur de la Rome antique. Ce livre est le premier à étudier la notion de res publica, à questionner son incomplétude - peut-être même son vide occasionnel - et ses processus de formalisation ; à l'étudier dans toute son extension problématique et chronologique : il explore les questions et les enjeux conflictuels qui ont donné à ces deux mots, et par extension à celui de république, une épaisseur remarquable au point de les rendre intraduisibles. Une telle démarche, nécessairement historique et philosophique, se déprend de l'approche classique qui, à la recherche de quelque essence originelle, postule un "républicanisme" antique déduit des concepts modernes. Il s'agit tout au contraire d'une vaste enquête sur la façon dont les Romains appréhendèrent et utilisèrent la res publica à différents moments de leur histoire. On comprend alors pourquoi l'expérience romaine, fondamentalement inégalitaire, garde jusqu'ici une telle force d'attraction pour qui tente de penser la chose publique.
A Rome, le temps est réversible - le passé inachevé. Quand on a quitté un siècle, on peut y revenir et renverser le sablier. Rome domine en quelque sorte le temps qui passe et le voici qui laisse des traces et ne disparaît pas totalement. Rien ne cesse vraiment parce que le passé coexiste avec le présent - à l'image de ces rues modernes inscrites dans les tracés antiques : via del Pellegrino, via Monserrato, via dei Coronari. Je peux en un seul jour descendre au largo Argentina dans les premiers siècles de la République antique ; entrer au Moyen Age par la tor dei Conti, puis avec le Gesu voir la Contre-réforme... Et dans les splendeurs du baroque, une arche médiévale ou le resserrement d'une rue, un portail ou une simple inscription bouleversent la chronique. Ici la projection de l'ombre se fait plongée dans l'histoire, et l'heure de midi marque le centre et l'origine du monde. " Telle une déambulation dans l'espace et le temps d'une cité au passé perpétuellement inachevé, ce récit mêle l'érudition d'une spécialiste de la Rome antique à la connaissance intime que peut avoir de la Rome d'aujourd'hui une femme qui l'aime avec passion.
Au dernier siècle de son histoire (entre le IIème et le Ier siècle av. J. -C.), alors qu'elle est emportée par les guerres civiles et les conflits extérieurs, la République romaine connaît une véritable révolution intellectuelle sous le signe des "Lumières". A cette époque marquée par une ouverture sans précédent sur le monde et par l'intégration massive des Italiens dans le corps civique, la classe dirigeante modifie peu à peu ses questionnements, ses discours, ses pratiques, et s'interroge sur la romanité. Comment penser lorsque les valeurs anciennes et les institutions vacillent ? Comment constituer un Etat, une mémoire, à partir d'une multitude de peuples et de cultures ? Contre l'éclatement, le désordre et la crise, les Romains en appellent à la Raison, tout à la fois norme, principe de pensée, méthode d'organisation et de classification ; ils découvrent la critique, la pluralité, l'abstraction, cherchent des catégories générales susceptibles de quadriller le réel et d'en appréhender la diversité. C'est dans cette création de formes, dans la construction d'un ordre logique et universel, recouvrant sans les détruire les singularités historiques, que s'impose la modernité de Rome.
Repenser la démocratie aujourd’hui à la lueur de cinq grandes notions antiques.Réveil des extrémismes et des idéologies autoritaires, crise de la représentation et des institutions, fragmentation identitaire et creusement des inégalités : il y a aujourd'hui plus que jamais un enjeu existentiel à faire porter notre réflexion sur la « chose publique ». Repenser la « république », à travers l'expérience romaine antique de la res publica permet alors d'éclairer de grandes questions actuelles : qu'est-ce que le peuple ? Qu'est-ce qu'une démocratie ? Quelle part de conflictualité peut-on tolérer dans l'espace public ? Ou encore comment un groupe, en s'auto-proclamant défenseur de la grandeur de l'État, devient-il autoritaire ? En cinq grandes notions romaines (res publica, populus, seditio, libertas, societas), cet ouvrage vient mettre la politique à l'épreuve de la langue latine et les concepts en tension avec les pratiques et les conflits de sens. Il analyse aussi quelques-unes de leurs reconfigurations dans d'autres périodes et selon d'autres enjeux, non pour établir des continuités ou des ressemblances, mais pour affiner les questions et mieux comprendre l'importance de la référence au passé.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.