Cet ouvrage est une reprise du livre publié chez Kimé en 2007 : Bergson ou l'imagination métaphysique. J'y introduis pourtant des changements assez importants. Il s'agit essentiellement de mettre en valeur le fait que Bergson n'est pas un simple philosophe de l'immanence. C'est un philosophe de l'immanence redoublée. Ce point apparaît clairement, explicitement à travers l'analogie entre la durée de la conscience et la durée de l'univers qu'il développe dans son ouvrage de 1907. Mais il trouve son origine dans le premier chapitre de Matière et mémoire. C'est pour comprendre ce redoublement que se construit chez Bergson une nouvelle vision des relations entre la philosophie et la science. La connaissance n'est plus relative. Elle participe à l'absolu. Elle engage ontologiquement. Le donné n'est plus directement constitué, il faut pour que l'intuition philosophique le saisisse, qu'elle "chevauche l'intelligence". Enfin ce que ce redoublement engage, c'est une philosophie du devenir fondée sur la théorie des deux ordres. On ne commente souvent que l'aspect négatif de cette théorie : la critique de l'idée de néant. Là n'est pas pour nous le point le plus central. Cette théorie nous engage à ne plus penser l'absolu comme complet, intelligible, ou encore parfait. L'absolu, qu'il soit l'esprit, la vie ou la matière, est toujours défini par l'inachèvement, puisque ce qu'il n'est pas n'est jamais du rien. C'est un autre visage de lui-même.
Nombre de pages
150
Date de parution
15/01/2014
Poids
210g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782841746521
Titre
Bergson dans le miroir des sciences
Auteur
Miquel Paul-Antoine
Editeur
KIME
Largeur
146
Poids
210
Date de parution
20140115
Nombre de pages
150,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Cet ouvrage, destiné aux futurs biologistes et aux philosophes de la vie, a pour but de fournir des outils de réflexion pour comprendre l'origine des représentations et des métaphores explicatives des phénomènes biologiques utilisées quotidiennement dans les laboratoires, mais également pour questionner leur pertinence et leurs limites. Au-delà d'une simple description historique de l'évolution des concepts sur le vivant, il s'agit de soulever les limites des concepts, hérités des sciences de la nature, dans leur utilisation en biologie actuelle, et notamment en génétique moléculaire. Une argumentation de qualité, basée sur des données expérimentales, montre les limitations de ces concepts et de ces métaphores, notamment dans la compréhension dynamique et interactive des processus biologiques.Cette démarche est d'autant plus essentielle aujourd'hui dans une période où la biologie, et plus précisément la génétique, questionne ses concepts (limites du déterminisme) et repense ses cadres de pensée.
Un nouveau paradigme scientifique s'affirme depuis deux décennies : le chaos. Les récentes découvertes en mathématiques, physique, chimie, biologie font état de phénomènes complexes qui remettent fortement en question l'idée de nature. Mais l'univers, du coup, n'est-il pas voué à l'inintelligibilité ? Comment penser un ordre du monde auquel le désordre participe ... Paul-Antoine Miquel s'attache d'abord à retracer l'évolution du statut du désordre chez les philosophes depuis l'Antiquité, avant d'étudier, en compagnie de Nietzsche, Bergson, Canguilhem et Deleuze, la relation entre l'ordre du monde et l'événement - imprévisible, contingent. Assumer philosophiquement la contingence à l'?uvre dans la nature, tel est, en définitive, le défi.
Ce livre traite de deux problèmes : comment pouvons-nous faire quotidiennement l'expérience du monde extérieur alors que tout en elle semble nous ramener à nos sensations ? Et qui fait le mieux cette expérience ? Ce n'est pas l'homme de tous les jours, c'est le scientifique. Le processus d'objectivation à l'oeuvre dans l'expérience systémique du scientifique est aussi ce qui nous dégage du solipsisme. Il nous engage dans un autre monde, dont nous faisons partie et qui n'est pas le nôtre. Cet engagement prend la forme d'une expérience d'immanence redoublée, à partir de laquelle nous proposons de reconstruire le concept de Nature. Le second problème est le passage d'un système physique auto-organisé du type « transition de phase » à un système biologique. L'hypothèse de l'auteur est que ce dernier n'est pas seulement soumis à certaines contraintes qui rendent sa structure causale ouverte et agentive. Il forme un monde de contraintes qui se dédouble de sa structure causale et dont la structure normative est elle-même ouverte et agentive. C'est ainsi que le problème du redoublement d'immanence, d'abord aperçu du point de vue des expériences que peut faire la conscience, apparaît désormais à l'intérieur des systèmes que la pensée théorique du savant analyse.
La philosophie d'Henri Bergson procède par images. L'intuition n'est donc pas seulement une méthode, mais aussi un langage qui ne parle au propre que lorsqu'il parle au figuré. Elle est une lanterne obscure qui dispense partout de la lumière. Dans L'évolution créatrice, l'intuition n'est pas une simple métaphysique qui se ferait sans la science. Elle est aussi une dialectique qui chevauche l'intelligence, une pensée en durée qui se nourrit de la pensée spatiale. La science et l'art viennent en premier. Ils sont les prolongements du sens commun. La philosophie ne peut rien faire sans eux. Comme Prométhée, comme le voleur de feu, elle se nourrit de ce qui n'est pas fait pour elle. Comme Hermès, comme le messager, elle en fait un langage et un univers que tous doivent pouvoir comprendre et dans lequel tous doivent pouvoir se retrouver. Cette philosophie n'est pas la phénoménologie. Ce n'est pas non plus la métaphysique scientiste de l'intelligence. C'est une attitude spécifique qui ouvre à une pensée de la durée qui n'a plus simplement un sens pour la conscience, mais qui relève et exprime l'incomplétude de l'univers.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.