Introduction de René Anger, directeur de cabinet du président du conseil régional de PicardieBien que le cadre dans lequel se déroule le présent colloque ne se situe pas exactement en périphérie d'Amiens, il n'en est pas moins emblématique de certains thèmes relatifs à la périurbanité, objet de cette rencontre. Il y a trente ans, cette partie du centre de la ville en laquelle s'élève l'université où nous nous trouvons était une sorte de friche urbaine. Elle a depuis bénéficié d'une grande opération de développement des quartiers, parachevée par la construction de l'université qui nous accueille aujourd'hui.En introduction à ces deux journées, deux réflexions méritent d'être faites. La première concerne la décentralisation et les rapports entre l'État et les Régions. Ceux qui sont passés des services de l'État aux services régionaux la partageront probablement. Si la décentralisation aboutit à travailler de la même manière sous l'autorité des Régions que sous l'autorité de l'État, elle n'est sans doute pas très utile. Si elle consiste à opposer l'État aux Régions, elle n'est pas souhaitable.La seconde réflexion est relative à la pertinence du niveau auquel les projets doivent être conduits et aux dynamiques que l'on peut engager entre les services. La simplicité et la proximité sont un atout dans les relations de travail qui existent entre services régionaux. On ne retrouve pas nécessairement cette fluidité dans les services de l'État. Les activités sont plus facilement décloisonnées et l'information des élus y est plus aisée. Celles et ceux qui travaillent dans les matières scientifiques savent que les véritables avancées et découvertes viennent souvent du décloisonnement des disciplines. Ces deux enjeux sont au coeur des problématiques de mobilité urbaine que ce colloque aborde.A l'occasion de l'élaboration du Schéma régional d'aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT) de Picardie, il a été jugé fondamental d'éclairer l'aménagement territorial à la lumière de la connaissance du patrimoine. Pour une région, qui ne peut pas être réduite à une collection de villes, la question de la périurbanisation est une question centrale. D'ailleurs, la notion même de ville mériterait d'être discutée.Ce schéma régional d'aménagement durable du territoire pose comme hypothèse que, à l'échelle continentale, une entité comme la Picardie, en termes de distance et de temps, est grosso modo à l'échelle d'une métropole. Vue de Tokyo ou de Washington, la Picardie n'est jamais qu'une grande ville. Or, une ville, c'est avant tout des échanges, des flux, des ports.Qu'est-ce qu'une ville qui ne s'inscrirait pas dans des échanges internationaux? Il faut considérer que la Picardie s'insère dans des flux internationaux. Elle est en effet en lien avec différents ports qui la relient au monde et elle fait partie de réseaux virtuels au travers, notamment, de ses universités, dont bon nombre de chercheurs participent à des échanges internationaux.Ces dimensions ont été prises en compte lors de la préparation du schéma régional. C'est une démarche originale, qui peut parfois poser des problèmes avec certains élus locaux qui attendent qu'un schéma régional soit construit sur la base de concepts plus classiques. Dans le même sens, le schéma régional défend la notion de «boulevard circulaire» pour rendre compte des liens qui existent entre les différentes villes de Picardie. A vrai dire, certains ont accusé le conseil régional de vouloir construire une autoroute! Les concepts sont parfois difficiles à faire comprendre et partager.Les sujets relatifs à la ville et à la périurbanité, on l'aura compris, nous passionnent. Le périurbain, de la ville à l'arrière-pays, constitue une composante essentielle des paysages des habitants de cette région. De même que culture et industrie se lient au gré d'un maillage territorial historique des faubourgs et des villages, certains axes nord-sud et est-ouest sont des axes de rapatriement du travail à façon qui était autrefois réalisé dans les campagnes. Ville et périurbain forment un couple qui est la forme moderne d'une idée qui existe depuis longtemps. Il est important de solliciter l'histoire pour mieux comprendre le présent. Certaines formes préexistantes peuvent se développer. Nous les avons intégrées dans notre réflexion.
En coédition avec l'Institut français d'architecture Couverture reliée avec jaquette Format 23 x 30,5 cm Illustrations: 100 couleurs et 300 Noir & Blanc. Photographies contemporaines de Dominique Delaunay. Basé sur les dessins d'Henri Sauvage conservés par le Centre d'archives d'architecture du XXe siècle de l'Institut français d'architecture, l'ouvrage est issu d'une thèse de Doctorat menée sous la direction de Bruno Foucart. Par ses nombreuses illustrations noir et blanc et couleur de meubles et d'architecture, le livre est destiné à un très large public. Les amateurs de l'Art nouveau, de l'architecture balnéaire, de l'Art déco y découvriront de nombreuses photographies anciennes souvent inédites.
Une façade Art Déco emblématique côté Seine. Une nouvelle peau de verre à l'ondulation douce rue de Rivoli. Une structure aérienne tout de métal et de verre. Des ornements intérieurs solaires, fleuris et colorés. Une grande verrière, promesse de lumière. Un chef d'oeuvre de l'Art Nouveau. Après 15 ans de travaux et une rénovation d'envergure, la Samaritaine rouvre ses portes. Cette "cathédrale du commerce moderne" - ainsi qu'Emile Zola se plaît à le formuler dans le roman Au Bonheur des Dames - renoue avec son faste d'autrefois. La restauration, qui comprend une nouvelle programmation variée, rend hommage aux desseins des Cognacq-Jay et aux visions des architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage. Porté par une équipe internationale où le savoir-faire des agences SANAA, FBAA, SRA Architectes et Maison Edouard François s'est doublé de l'excellence de nombreux artisans d'art, le chantier s'est déroulé sous le regard attentif de l'architecte en chef des monuments historiques Jean-François Lagneau et des entreprises Vinci Construction et Egis.
Partageant sa vie entre Paris et Lausanne, Jean Tschumi (1904-1962) s'est imposé comme l'inventeur d'une architecture moderne et fonctionnelle au service d'entreprises et d'institutions, tels les Sièges de la Mutuelle Vaudoise Accidents (1951-1956) à Lausanne, de Nestlé (1956-1960) à Vevey et de l'Organisation mondiale de la Santé (1959-1966) à Genève. A travers une contribution exceptionnelle de Bernard Tschumi et sept essais confiés à un conservateur, des historiens et des architectes, cet ouvrage embrasse tous les aspects de la production d'un architecte qui fut aussi décorateur et urbaniste. De l'étudiant à l'enseignant, des ensembles mobiliers aux plans urbains, de l'art de construire à la synthèse des arts, Jean Tschumi a su tracer une voie singulière dans l'histoire architecturale du XXe siècle par sa vision d'un art total et par sa recherche constante d'excellence.
Comment un architecte, ancien élève de l'Ecole des beaux-arts de Paris, fait-il carrière en province dans la France de 1850 ? De quelle manière, une fois fortune faite, parvientil à transmettre sa clientèle à ses fils afin qu'ils puissent assurer sa succession ? Comment évoquer le cadre de leur activité, le profil de leurs employés et les stratégies professionnelles qu'ils développent ? Cette monographie résulte de l'étude des 80 mètres linaires d'archives du cabinet créé par Alfred (1824-1885), Henry (1848-1917) et Louis Dauvergne (1852-1937). Ensemble, ils ont travaillé à Paris, en France et en Europe. Châteaux, maisons, églises, écoles, usines... A travers plus de 1 300 bâtiments qu'ils ont construits ou transformés, ces praticiens ont contribué à forger les paysages du Berry, région d'élection de leur cabinet, et l'identité architecturale des institutions publiques locales. Depuis la naissance du Second Empire et jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale, la dynastie Dauvergne nous apparaît dans toute l'étendue de son exceptionnelle normalité, par sa durée d'exercice et l'abondance de son oeuvre bâtie. L'auteur, Olivier Prisset, nous plonge dans un récit passionnant et inédit permettant de retracer les bouleversements économiques de la société française, urbaine et rurale, à l'heure des révolutions industrielles.
Monnet Thierry ; Pabois Marc ; Dessert Eric ; Reff
Résumé : Le Beaufortain, situé à vingt kilomètres au nord-est d'Albertville, constitue un "pays" par son unité géographique, son histoire, sa culture, son potentiel économique et sa dimension humaine. C'est une région de forêts et d'élevage qui a su préserver son environnement et la qualité d'une architecture, disséminée dans le paysage, parfaitement bien adaptée au relief et au climat. Oratoires et croix de chemin, églises et chapelles rurales, encore riches de leur mobilier, ponctuent l'espace comme autant de signes religieux d'un enracinement des hommes dans ce terroir. Le Beaufortain a toujours su évoluer. Depuis le Moyen Age, il a développé une économie agro-pastorale fondée sur une étroite relation entre culture et élevage. Dès 1772, avec quelques années d'avance sur la Révolution française, il s'est affranchi de ses droits féodaux. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, il réagit aux nouvelles données économiques, en créant la coopérative laitière du Beaufortain. Bénéficiant d'un climat favorable qui lui assure fraîcheur et humidité en été, neige abondante en hiver, le pays a utilisé ces deux atouts pour favoriser le tourisme estival et hivernal. II a su enfin tirer parti de son exceptionnel réseau hydraulique en construisant de grands barrages qui sont autant de remarquables ouvrages d'art.
Résumé : Situé à l'est du Chablais, le canton d'Abondance présente des paysages variés. Ses six communes se répartissent le long de la Dranse d'Abondance. Cette rivière et ses affluents creusent des vallées plus ou moins larges entre des massifs d'altitude modérée, qui, parfois se dressent en falaise, parfois s'élèvent en pente plus douce. Les lacs, témoins des anciens glaciers, attirent aujourd'hui touristes et pêcheurs. L'abbaye Notre-Dame-de-l'Assomption est le travail architectural de cette région. La sévérité de ses lignes est tempérée par l'harmonie de son cloître et la douceur des peintures murales qu'il abrite. Le relatif isolement du canton y a préservé un art original qui s'exprime dans les peintures et les statues populaires que conservent églises et chapelles. L'économie agro-pastorale marque l'activité du canton. La vache de la race d'Abondance est réputée, les fromages de la vallée sont connus depuis le Moyen Age. L'habitat s'est organisé en fonction de la cohabitation des hommes et des bêtes sous un climat rigoureux. A côté du vaste chalet chablaisien, se développent des formes de construction diverses, en bois ou en pierre, chalets permanents égayés de balcons aux motifs divers, chalets d'alpage souvent regroupés en hameaux sur les hauteurs.
L'architecture m'a cueilli dans ma prime jeunesse, dans ma ville médiévale dont le nom, Sarlat, était difficile à lire au milieu des cartes noires symbolisant les bois drus des forêts du Périgord noir. C'était une architecture de surprises faite de ruelles pour se cacher, pour se courser, de remparts pour se percher, faite de textures de toits et de murs, de lourdes pierres plates aux subtiles nuances de gris cendré réchauffées par le soleil ou approfondies par la pluie. Alors, j'ai voulu entrer aux Beaux-Arts pour jouer et me perdre avec ces situations, celles des matières, des lumières, des nuances... On n'est pas né dans la ville d'Etienne de La Boétie et dans le pays de d'Artagnan pour oublier ses convictions, mais au contraire pour les défendre bec et ongles et pour dire non à la maladie du style international parachuté qui, aux Beaux-Arts, s'imposait sur tous les projets étudiés sans aucun contexte géographique ou culturel... " Dès ses débuts, Jean Nouvel élabore une vision de son art dans la cité et compose des textes qui sont autant de contributions à une pensée humaniste. Soucieux depuis cinquante ans des enjeux de l'architecture, il pose sans relâche la question philosophique et politique : l'art de l'architecture peut-il permettre à chacun de vivre mieux et à tous de vivre ensemble ? Associant réflexions théoriques, prises de parole, textes poétiques, visions pour des projets, Mes convictions constitue la révélation d'une pratique littéraire continue, demeurée largement secrète et désormais rendue publique.
Une vision biomimétique de l'architecture et de l'urbanisme Selon un avis largement partagé, notre avenir est apocalyptique. En quête d'un antidote, et pour contrebalancer ces dystopies préjudiciables, j'ai pris le parti d'imaginer des futurs souhaitables. Je me suis autorisé à rêver de villes où l'on ne craint plus de respirer à fond, rendant la place aux parfums des plantes, aux chants des oiseaux, aux potagers et aux méandres des rivières. Mon travail utopique a trouvé un ferment dans les recherches biomimétiques. S'inspirer du Vivant pour innover m'a donné une indispensable assise dans le réel et m'a permis d'affermir mon imaginaire dans un contexte crédible. Grâce à mon métier d'architecte, j'ai tout d'abord dessiné des bâtiments destinés à voir le jour dans un temps proche, puis, conscient que toute réalisation commence par un plan, un dessin, j'ai cherché à concevoir, pour un futur lointain, un monde désirable et biomimétique, un avenir très différent de celui qui s'annonce. Par mes dessins, je propose de diluer la frontière entre l'artificiel et le naturel et de réconcilier l'Humain et son environnement dans une vaste relation d'interdépendance et de respect. - Luc Schuiten