Paru pour la première fois en 1908, l'essai d'Emile Meyerson Identité et réalité demeure aujourd'hui un classique de la philosophie des sciences, dont A. Koyré a salué l'importance. Un premier aspect important de cet ouvrage concerne la conception et le statut même de la science (physique, biologie, etc.) : Meyerson développe une critique profonde de la conception positiviste de la science formulée par Auguste Comte, en montrant l'impossibilité de penser des rapports phénoménaux sans leur présupposer des supports : la "légalité" ne peut pas se résoudre dans la "causalité", C'est la raison pour laquelle l'auteur s'efforce de définir un substantialisme renouvelé, apte à échapper aux critiques positivistes. La science ne peut pas avoir pour devise la fameuse maxime de Comte "savoir pour prévoir, prévoir pour agir", car elle a aussi pour ambition de comprendre la nature : telle est finalement la thèse de Meyerson. " L'ontologie fait corps avec la science elle-même et ne peut en être séparée" écrit-il, et c'est pourquoi la science tend finalement bien à cette "rationalisation progressive du réel" dont avait parlé Le Roy. L'autre thèse essentielle de cet essai se rapporte bien entendu au célèbre concept de "causalité scientifique" : le concept de légalité mis en jeu dans la conception positiviste de la science ne suffit pas, car la science cherche également à expliquer les phénomènes ; et c'est précisément cette explication, qui consiste dans l'identification de l'antécédent au conséquent, que l'auteur appelle la causalité scientifique, et qu'il distingue et oppose à la causalité théologique aussi bien qu'à la causalité efficiente.
Date de parution
01/01/2001
Poids
1 680g
Largeur
205mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782711605668
Titre
IDENTITE ET REALITE
ISBN
2711605663
Auteur
MEYERSON
Editeur
VRIN
Largeur
205
Poids
1680
Date de parution
20010101
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Je pensais, en vous lisant, à ces grands sapins qui se dressent sur les pentes rocailleuses des Vosges, posés sur une mince couche de terre végétale : en regardant de près, on aperçoit un immense réseau de racines et de radicelles, qui vont chercher au loin la nourriture et qui se contournent avec un art extraordinaire pour faire que l'arbre se tienne debout. Votre doctrine, elle aussi, est simple et droite ; mais elle pousse par la racine - vous venez de le montrer - une foule de prolongements qui assurent sa solidité et sa vitalité". C'est en ces termes qu'Henri Bergson accusait réception du dernier grand livre d'Emile Meyerson (1859-1933). Réputé surtout pour ses analyses de la science classique et de la physique contemporaine, Meyerson développe dans Du cheminement de la pensée, son "chant du cygne", la théorie générale de la connaissance qu'il avait en vue dès ses premiers écrits de philosophie des sciences. Cet exposé est pour lui l'occasion de mettre sa pensée à l'épreuve de nouveaux objets comme la logique et les mathématiques, et de s'expliquer, à travers un parcours foisonnant, avec les auteurs les plus célèbres de son temps, de Frege à Husserl, de Wittgenstein à Whitehead, des membres du Cercle de Vienne aux pragmatistes américains.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Peut-on considérer une partie des troubles du sommeil comme des pathologies sociales, faisant du sommeil une question politique ? C'est ce que propose cet essai : examiner et évaluer les rapports du dormeur à la fois au monde et à son environnement de sommeil dans une perspective de philosophie sociale, à partir de l'aggravation contemporaine des troubles du sommeil, et en mettant au coeur de l'analyse la question du rapport entre sommeil et travail. Cela exige de rompre avec l'idée que le sommeil constitue une privation de monde. En vérité, l'appartenance du dormeur au monde n'est pas suspendue par son endormissement, et le sommeil ne saurait être un véritable oubli des peines. S'il est manifeste que tous les dormeurs ne profitent pas du même repos, c'est que le sommeil est loin d'égaliser les conditions. Bien que nous dormions, les multiples chaînes qui nous relient au monde, certaines plus étroitement que d'autres, ne se trouvent pas déliées. Le sommeil humain est tenu pour éminemment plastique : l'homme seul aurait la possibilité de déconnecter milieu nocturne et sommeil, notamment en travaillant la nuit. Reste à déterminer ce qu'il en coûte de faire de la nuit le jour. A partir des atteintes à la santé qui en résultent, le livre propose de mettre au jour une articulation plus juste entre déterminants naturels (astronomiques et biologiques), déterminants sociaux et processus psychiques en jeu dans le sommeil.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.