Je pensais, en vous lisant, à ces grands sapins qui se dressent sur les pentes rocailleuses des Vosges, posés sur une mince couche de terre végétale : en regardant de près, on aperçoit un immense réseau de racines et de radicelles, qui vont chercher au loin la nourriture et qui se contournent avec un art extraordinaire pour faire que l'arbre se tienne debout. Votre doctrine, elle aussi, est simple et droite ; mais elle pousse par la racine - vous venez de le montrer - une foule de prolongements qui assurent sa solidité et sa vitalité". C'est en ces termes qu'Henri Bergson accusait réception du dernier grand livre d'Emile Meyerson (1859-1933). Réputé surtout pour ses analyses de la science classique et de la physique contemporaine, Meyerson développe dans Du cheminement de la pensée, son "chant du cygne", la théorie générale de la connaissance qu'il avait en vue dès ses premiers écrits de philosophie des sciences. Cet exposé est pour lui l'occasion de mettre sa pensée à l'épreuve de nouveaux objets comme la logique et les mathématiques, et de s'expliquer, à travers un parcours foisonnant, avec les auteurs les plus célèbres de son temps, de Frege à Husserl, de Wittgenstein à Whitehead, des membres du Cercle de Vienne aux pragmatistes américains.
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Date de parution
12/04/2011
Poids
840g
Largeur
215mm
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EAN
9782711621866
Titre
DU CHEMINEMENT DE LA PENSEE
ISBN
2711621863
Auteur
MEYERSON
Editeur
VRIN
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215
Poids
840
Date de parution
20110412
Nombre de pages
0,00 €
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Paru pour la première fois en 1908, l'essai d'Emile Meyerson Identité et réalité demeure aujourd'hui un classique de la philosophie des sciences, dont A. Koyré a salué l'importance. Un premier aspect important de cet ouvrage concerne la conception et le statut même de la science (physique, biologie, etc.) : Meyerson développe une critique profonde de la conception positiviste de la science formulée par Auguste Comte, en montrant l'impossibilité de penser des rapports phénoménaux sans leur présupposer des supports : la "légalité" ne peut pas se résoudre dans la "causalité", C'est la raison pour laquelle l'auteur s'efforce de définir un substantialisme renouvelé, apte à échapper aux critiques positivistes. La science ne peut pas avoir pour devise la fameuse maxime de Comte "savoir pour prévoir, prévoir pour agir", car elle a aussi pour ambition de comprendre la nature : telle est finalement la thèse de Meyerson. " L'ontologie fait corps avec la science elle-même et ne peut en être séparée" écrit-il, et c'est pourquoi la science tend finalement bien à cette "rationalisation progressive du réel" dont avait parlé Le Roy. L'autre thèse essentielle de cet essai se rapporte bien entendu au célèbre concept de "causalité scientifique" : le concept de légalité mis en jeu dans la conception positiviste de la science ne suffit pas, car la science cherche également à expliquer les phénomènes ; et c'est précisément cette explication, qui consiste dans l'identification de l'antécédent au conséquent, que l'auteur appelle la causalité scientifique, et qu'il distingue et oppose à la causalité théologique aussi bien qu'à la causalité efficiente.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.