Le fantastique, l'a-t-on assez dit, serait de tout temps affaire de spéculation inventive et d'imagination luxuriante, de visions horrifiantes d'une improbable surnature et de figurations fuligineuses d'un intime irreprésentable, seules à même de générer un sentiment d'envoûtement mêlé d'effroi. C'est ce présupposé en forme de poncif critique que la présente étude voudrait, sinon remettre en cause, tout au moins interroger et pondérer par une poétique dite " ! enraie " passant le champ concerné au (x) spectre (s) de la lettre. Car, contrairement à ce que tendent à laisser penser des kyrielles d'adaptation cinématographiques (dont certaines au demeurant admirables), les récits fondateurs du genre (Frankenstein, Dr. Jekyll & Mr. Hyde, Dracula) sont d'abord et surtout - et ce n'est pas un hasard - d'imposants dispositifs textuels laissant proliférer la lettre et l'écrit dans tous ses états, fût-ce à la faveur d'épiphanies délétères, voire mortifères. En définitive, ce n'est rien de moins qu'une certaine performativité de la lettre fantastique que l'on s'attachera à mettre en lumière, à partir d'un corpus protéiforme (confrontant des époques, des aires linguistiques et des degrés de notoriété très variés) et à travers certains motifs clés : la pseudo-traduction à visée mystificatrice ; les variantes du livre maudit et du manuscrit trouvé ; l'écriture fictive de soi qui vient buter et s'oblitérer sur un impossible je meurs, terme ultime de la lettre (qui) tue.
Nombre de pages
267
Date de parution
12/03/2009
Poids
388g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782757400791
Titre
La lettre tue. Spectre(s) de l'écrit fantastique
Auteur
Met Philippe
Editeur
PU SEPTENTRION
Largeur
140
Poids
388
Date de parution
20090312
Nombre de pages
267,00 €
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Résumé : La réflexion ici menée s'appuie sur un double postulat : si, s'inscrivant dans une pratique accrue de la forme brève et du fragment, la production de formules verbales informe tout un champ de poéticité moderne, elle n'est pas dissociable d'une tentative de définition de la poésie même. Non pas simple conjonction du poétique et du métapoétique, mais poésie formulaire qui fournirait idéalement la formule de la poésie, qui serait dans le même temps une mise à plat du statut et du jeu propres de cette poésie. Recherche nécessaire d'un impossible point d'ancrage, d'une irrécouvrable origine ; poursuite, à chaque fois singulière, à chaque fois réitérée, d'un objet sans cesse se dérobant. D'où le choix, pour tenter d'éclairer quelque peu ce qui fonde pour partie notre modernité poétique, d'un corpus " à géométrie variable ", parcouru d'effets de récurrence et de différence, composé d'?uvres sans doute plus solitaires que solidaires, entretenant avec la sphère poétique des rapports le plus souvent problématiques et instables. C'est à ce prix que l'on pourra espérer suivre les multiples avatars de la formule, tout en dégageant la formule globale propre à chacune des poétiques considérées.
L'électron libre de la Nouvelle Vague, l'aventurier animé d'une immense curiosité qui, des quatre coins du monde, rapportait et racontait la vie des gens : qui d'autre que Louis Malle a créé une oeuvre aussi complète ? " (Wes Anderson). Voilé bien, en effet, une oeuvre à la fois protéiforme et profondément cohérente, imprévisible et inclassable qu'il importe aujourd'hui de réexaminer dans sa plus grande amplitude, de déployer dans tous ses états afin de mieux en apprécier les richesses insoupçonnées. Pour ce faire, la carrière de Louis Malle est ici replacée - de la manière la plus juste possible - au sein de contextes multiples : l'histoire du cinéma français, l'industrie hollywoodienne, le cinéma américain indépendant, la production internationale. L'ouvrage évoque aussi la question de l'adaptation, et plus généralement, l'histoire littéraire et intellectuelle ; les rapports entre le cinéma et la musique ; le documentaire et la fiction ; les relations sociales et les soubresauts de l'histoire. Outre des textes monographiques s'attachant aux multiples sommets de la filmographie de Louis Malle, d'Ascenseur pour l'échafaud à Au revoir les enfants, et des essais transversaux s'intéressant à des questions plus larges, techniques ou thématiques, ce volume comporte une version scénaristique inédite et fascinante d'un des projets inaboutis qui hantèrent Malle tout au long de sa carrière : l'adaptation de Victory de Joseph Conrad. Last but not least, Volker Schlöndorff, Susan Sarandon et Wes Anderson apportent leur généreux témoignage.
Gimello-Mesplomb Frédéric ; Met Philippe ; Menegal
Au croisement de l'histoire du cinéma et de l'étude despratiques culturelles, cet ouvrage interroge les genrescinématographiques en tant que phénomènes instables,socialement et localement construits. Prenant comme terraind'observation le fantastique, les auteurs ont tenté de pénétrer lesens que donnent les individus à la sérialité dans le champ del'auteurisme cinématographique en répertoriant les outils dejugement mobilisés pour mesurer la valeur des objets. Le rejetdu genre fonctionne comme une forme singulière duraffinement esthétique offrant à observer une véritabledistribution sociale des goûts. Ainsi, en dépit d'un corpusrelativement important allant des films de Cocteau à ceux deOzon, en passant par les oeuvres de Cocteau, Tourneur, ouRollin, la question de l'existence d'un "cinéma fantastiquefrançais" n'a jamais été tranchée par la critique savante decinéma quand bien même des intellectuels comme Mac Orlanen proposaient dès les années vingt des définitionsrigoureuses. D'abord identifié par les critiques français dans lecinéma expressionniste allemand, puis dans le cinémad'épouvante anglais et aujourd'hui dans le cinéma horrifiqueaméricain, le genre fantastique au cinéma n'en finit pas detraîner une géographie mouvante semblant peu concerner uneproduction française identifiée par les connaisseurs commeriche de près de quatre cents longs métrages. Cette instabilitédéfinitionnelle permet dès lors d'enregistrer les registres dejustification des communautés d'acteurs ayant tenté deconférer au genre fantastique une existence propre au sein ducinéma français. Cet ouvrage retrace les efforts qui furentmenés par ces intermédiaires (spectateurs ordinaires, critiques,programmateurs, revues, festivals, etc.) pour la reconnaissanced'une catégorie d'observation considérée, jusqu'à une périoderécente, comme des plus improbables.
Sous l'Ancien Régime, les finances du roi de France étaient nimbées de secret jusqu'au jour où le célèbre Necker décida de publier le montant estimé des recettes et surtout des dépenses de la monarchie. Le public découvrit alors le montant faramineux des pensions que Louis XVI payait à une grande partie de la noblesse. À la Révolution, l'Assemblée nationale décida d'enquêter puis révéla la manière dont les fonds publics tirés de la contrainte fiscale avaient pu servir à subventionner des courtisans. C'est à la fois l'histoire de cette enquête mais aussi celle de l'objet enquêté que ce livre propose de faire découvrir au lecteur. En décrivant pour la première fois, grâce à des archives inédites, les usages de cette pratique sociale qui liait le roi à la noblesse, l'auteur jette un regard nouveau sur les ressorts de la crise finale de l'Ancien Régime et retrace la genèse du premier système de retraite de la fonction publique d?État.4e de couverture : Sous l'Ancien Régime, les finances du roi de France étaient nimbées de secret jusqu'au jour où le célèbre Necker décida de publier le montant estimé des recettes et surtout des dépenses de la monarchie. Le public découvrit alors le montant faramineux des pensions que Louis XVI payait à une grande partie de la noblesse. À la Révolution, l'Assemblée nationale décida d'enquêter puis révéla la manière dont les fonds publics tirés de la contrainte fiscale avaient pu servir à subventionner des courtisans. C'est à la fois l'histoire de cette enquête mais aussi celle de l'objet enquêté que ce livre propose de faire découvrir au lecteur. En décrivant pour la première fois, grâce à des archives inédites, les usages de cette pratique sociale qui liait le roi à la noblesse, l'auteur jette un regard nouveau sur les ressorts de la crise finale de l'Ancien Régime et retrace la genèse du premier système de retraite de la fonction publique d?État.Notes Biographiques : Benoît Carré est chercheur en histoire moderne, spécialiste de l'Ancien Régime et de la Révolution. Il est docteur de l'Université de Lille depuis 2018. Distribuer l'argent du roi au XVIIIe siècle est son premier livre.