Consciences de la Shoah. Critique des discours et des représentations
Mesnard Philippe
KIME
29,50 €
Épuisé
EAN :9782841742066
Depuis les années 1980, la reconnaissance du génocide des Juifs a acquis une importance considérable dans les activités culturelles et politiques du monde occidental. Cependant, il est nécessaire de distinguer la conscience de la Shoah que l'on a acquise depuis peu, du génocide qui, il y a une soixantaine d'années, s'est historiquement produit. C'est cet écart que cherche à interroger le présent ouvrage ; écart multiple qui répond à des caractéristiques nationales, communautaires et mémorielles qu'il n'est pas possible de subsumer sous un seul type de conscience, ni un seul régime d'écriture. C'est pourquoi se répondent, ici, plusieurs voix venant d'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de Hongrie, d'Israël, d'Italie, de France. L'auteur alterne des présentations qui problématisent les différents aspects de la conscience contemporaine du génocide des juifs, avec des entretiens (Rony Brauman, Jochen Gerz, Alain Jaubert, lmre Kertész, Yeshayahu Leibovitz, André Mandouze, Maurice Rajsfus, Régine Robin, Emma Schnur, Tom Segev, Eyal Sivan, Tzvetan Todorov) et des textes d'auteurs, pour la plupart, inédits (Michel Celse et Pierre Zaoui, Philippe Corcuff, Valentina Pisanty, Carlo Saletti) ou non traduits en français (James E. Young, Ian Hancock). Cette composition questionne la complexité de l'oubli, le sentiment collectif de culpabilité, la pédagogie, les facteurs générationnels de transmission, les points de vue des homosexuels et des Tsiganes, les enjeux du négationnisme, la représentation artistique des archives, l'évolution des figures du juste, de la victime, du résistant du bourreau.
Nombre de pages
419
Date de parution
31/07/2000
Poids
546g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841742066
Titre
Consciences de la Shoah. Critique des discours et des représentations
Auteur
Mesnard Philippe
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
546
Date de parution
20000731
Nombre de pages
419,00 €
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Témoin majeur des camps nazis et du génocide des Juifs, Primo Levi ne s'identifie pourtant pas uniquement au " devoir de mémoire " dont il nous a légué la responsabilité. Sa personnalité est bien plus complexe, comme son histoire. Même s'il rédige Si c'est un homme en 1946, il ne commence à témoigner qu'à partir de 1955. Peu à peu, il cumule les activités : écrivain, directeur d'entreprise, personnalité publique. Après les années 1970, il est gagné par une fatigue qui lui fait perdre espoir dans les capacités du témoignage à lutter contre l'oubli et contre les violences politiques. En 1987, il se suicide. Nourrie par de nombreux documents jusqu'alors inédits, cette biographie retrace la vie d'un homme qui, jusqu'à présent, ne nous avait été que partiellement présenté. En 2012, ce livre a remporté les prix de l'Académie Française et du Point.
On a souvent répété que l'expérience concentrationnaire était indicible. Et pourtant de très nombreux textes, oeuvres ou films s'efforcent d'en témoigner en cherchant le langage et les images capables d'approcher ce qui est au-delà de l'imaginable. A partir d'un vaste corpus littéraire et cinématographique, Philippe Mesnard étudie les différentes formes d'expression mobilisées par les témoins, écrivains et artistes. Il distingue ainsi quatre configurations testimoniales : l'écriture réaliste supposée transparente (chez Vassili Grossman, David Rousset et d'autres), l'écriture transcendante qui transpose la réalité sur une scène symbolique (comme dans Le Dernier des Justes d'André Schwartz-Bart ou La Vie est belle de Roberto Benigni), la configuration critique ménageant la place du vide et de la perte (par exemple chez Imre Kertész, Robert Antelme ou Claude Lanzmann) ou encore l'écriture pathique , émotionnelle, bousculant le récit pour en faire surgir la violence extrême. Ces écritures varient selon les auteurs, les moments et les contextes de leur production, chacune ajuste, entre distance et proximité, son rapport à al catastrophe. Mais toutes utilisent les ressources de la culture contre ce qui, détruisant l'homme, la détruisait aussi. Telle est la résistance polyphonique du témoignage dont Philippe Mesnard donne ici une analyse originale, ample et synthétique qui fera référence.Philippe Mesnard est aître de conférence en littérature. Il enseigne à la Haute Ecole de Bruxelles (ISTI) et à l'université de Marne-la-Vallée. Il est également directeur de programme au Collège international ,de philosophie. Auteur, entre autres, de Maurice Blanchot, le sujet de l'engagement (1996), Conscience de la Shoah (2000), Giorgio Agamben à l'épreuve d'Auschwitz (2001), La Victime écran, la représentation humanitaire en question (2002), il a également édité deux inédits de Primo Levi ainsi que les manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz.
Par deux fois, Blanchot s'engage intellectuellement dans un combat extrémiste. Dans les années trente, jeune intellectuel de l'extrême-droite française, il prône ouvertement la terreur révolutionnaire aux dépens de toute possibilité politique. C'est là que, dans ses articles de presse, surgissent des occurrences antisémites. Dans les années soixante, il revient à l'engagement politique auprès d'une extrême-gauche intellectuelle qu'il côtoie jusqu'en 1969. Par deux fois, il se retire. D'abord, en 1938, pour entrer en littérature ; c'est à partir de là que se constitue le mythe de cet écrivain impersonnel et effacé que nous croyons connaître sous le nom de "Maurice Blanchot". Ensuite, en 1969, il s'engage au-delà de l'expérience littéraire dans la recherche d'une poétique qui, seule, pourrait approcher ce qui eut lieu à "Auschwitz" et toucher ainsi à l'essence négative d'un "Occident" imaginaire auquel il avait - jadis - prêté les valeurs les plus hautes. Cette succession en deux temps n'est elle-même qu'apparente, elle est comme l'apparence du désastre lorsqu'il vient à la conscience alors qu'il était déjà à l'oeuvre. Ces répétitions de l'engagement et du retrait sont, à vingt ans d'intervalle, surdéterminées par une division profonde qui travaille chaque période de l'intérieur. Chaque fois que Blanchot s'est engagé politiquement, il entretenait déjà un rapport éminent avec la judéité ; chaque fois qu'il a décidé de prendre part au cours des événements publics, sa pensée était déjà liée à la tradition d'une écriture qui l'appelait au-dehors de l'histoire, là où l'histoire peut être suspendue par le "maintenant" de la terreur...
Résumé : Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n'a pas diminué aujourd'hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes nazis et leurs complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L'Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhuth). Mais le nazisme n'est pas leur seul centre d'intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d'hagiographes et l'ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusqu'à récemment dans des romans mémoriels espagnols. A propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s'attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s'intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du Sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin ?
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.