Par deux fois, Blanchot s'engage intellectuellement dans un combat extrémiste. Dans les années trente, jeune intellectuel de l'extrême-droite française, il prône ouvertement la terreur révolutionnaire aux dépens de toute possibilité politique. C'est là que, dans ses articles de presse, surgissent des occurrences antisémites. Dans les années soixante, il revient à l'engagement politique auprès d'une extrême-gauche intellectuelle qu'il côtoie jusqu'en 1969. Par deux fois, il se retire. D'abord, en 1938, pour entrer en littérature ; c'est à partir de là que se constitue le mythe de cet écrivain impersonnel et effacé que nous croyons connaître sous le nom de "Maurice Blanchot". Ensuite, en 1969, il s'engage au-delà de l'expérience littéraire dans la recherche d'une poétique qui, seule, pourrait approcher ce qui eut lieu à "Auschwitz" et toucher ainsi à l'essence négative d'un "Occident" imaginaire auquel il avait - jadis - prêté les valeurs les plus hautes. Cette succession en deux temps n'est elle-même qu'apparente, elle est comme l'apparence du désastre lorsqu'il vient à la conscience alors qu'il était déjà à l'oeuvre. Ces répétitions de l'engagement et du retrait sont, à vingt ans d'intervalle, surdéterminées par une division profonde qui travaille chaque période de l'intérieur. Chaque fois que Blanchot s'est engagé politiquement, il entretenait déjà un rapport éminent avec la judéité ; chaque fois qu'il a décidé de prendre part au cours des événements publics, sa pensée était déjà liée à la tradition d'une écriture qui l'appelait au-dehors de l'histoire, là où l'histoire peut être suspendue par le "maintenant" de la terreur...
Nombre de pages
350
Date de parution
03/05/2000
Poids
424g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738445773
Titre
Maurice Blanchot, le sujet de l'engagement
ISBN
2738445772
Auteur
Mesnard Philippe
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
424
Date de parution
20000503
Nombre de pages
350,00 €
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Témoin majeur des camps nazis et du génocide des Juifs, Primo Levi ne s’identifie pourtant pas uniquement au « devoir de mémoire » dont il nous a légué la responsabilité. Sa personnalité est bien plus complexe, comme son histoire. Même s’il rédige Si c’est un homme en 1946, il ne commence à témoigner qu’à partir de 1955. Peu à peu, il cumule les activités : écrivain, directeur d’entreprise, personnalité publique.Après les années 1970, il est gagné par une fatigue qui lui fait perdre espoir dans les capacités du témoignage à lutter contre l’oubli et contre les violences politiques. En 1987, il se suicide.Nourrie par de nombreux documents jusqu’alors inédits, cette biographie retrace la vie d’un homme qui, jusqu’à présent, ne nous avait été que partiellement présenté. En 2012, ce livre a remporté les prix de l’Académie Française et du Point.
Témoin majeur des camps nazis et du génocide des Juifs, Primo Levi ne s'identifie pourtant pas uniquement au «devoir de mémoire» dont il nous a légué la responsabilité. Sa personnalité est bien plus complexe, à l'image de son histoire. Au terme de ses études, comme le régime fasciste renforce ses lois antisémites, il se retrouve mis au ban de la société italienne. Alors qu'il s'apprête à entrer en résistance, il est arrêté et déporté à Auschwitz. Il survivra à sa détention en partie grâce à ses connaissances en chimie. Même s'il rédige Si c'est un homme en 1946, à son retour, il ne commence à témoigner qu'à partir de 1955. Peu à peu, il cumule les activités: écrivain, directeur d'entreprise, personnalité publique. Il compte parmi ses amis de nombreux grands intellectuels dont Italo Calvino ou Philip Roth. Mais après les années 1970, il est gagné par une fatigue et un pessimisme qui lui font perdre espoir dans les capacités du témoignage à lutter contre l'oubli et contre les violences politiques. Les terrorismes brun et rouge des années de plomb en Italie l'affectent profondément. En 1987, en pleine dépression, il se suicide. Nourrie par de nombreux documents jusqu'alors inédits, cette biographie retrace la vie exceptionnelle de cet homme aux multiples facettes qui, jusqu'à présent, ne nous avait été que partiellement présenté. Philippe Mesnard est professeur des Universités en littérature générale et comparée à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand et dirige la Fondation Auschwitz de Bruxelles. Il travaille sur Primo Levi depuis 2002, auquel il a consacré plusieurs ouvrages et une exposition.
On a souvent répété que l'expérience concentrationnaire était indicible. Et pourtant de très nombreux textes, oeuvres ou films s'efforcent d'en témoigner en cherchant le langage et les images capables d'approcher ce qui est au-delà de l'imaginable. A partir d'un vaste corpus littéraire et cinématographique, Philippe Mesnard étudie les différentes formes d'expression mobilisées par les témoins, écrivains et artistes. Il distingue ainsi quatre configurations testimoniales : l'écriture réaliste supposée transparente (chez Vassili Grossman, David Rousset et d'autres), l'écriture transcendante qui transpose la réalité sur une scène symbolique (comme dans Le Dernier des Justes d'André Schwartz-Bart ou La Vie est belle de Roberto Benigni), la configuration critique ménageant la place du vide et de la perte (par exemple chez Imre Kertész, Robert Antelme ou Claude Lanzmann) ou encore l'écriture pathique , émotionnelle, bousculant le récit pour en faire surgir la violence extrême. Ces écritures varient selon les auteurs, les moments et les contextes de leur production, chacune ajuste, entre distance et proximité, son rapport à al catastrophe. Mais toutes utilisent les ressources de la culture contre ce qui, détruisant l'homme, la détruisait aussi. Telle est la résistance polyphonique du témoignage dont Philippe Mesnard donne ici une analyse originale, ample et synthétique qui fera référence.Philippe Mesnard est aître de conférence en littérature. Il enseigne à la Haute Ecole de Bruxelles (ISTI) et à l'université de Marne-la-Vallée. Il est également directeur de programme au Collège international ,de philosophie. Auteur, entre autres, de Maurice Blanchot, le sujet de l'engagement (1996), Conscience de la Shoah (2000), Giorgio Agamben à l'épreuve d'Auschwitz (2001), La Victime écran, la représentation humanitaire en question (2002), il a également édité deux inédits de Primo Levi ainsi que les manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz.
Depuis les années 1980, la reconnaissance du génocide des Juifs a acquis une importance considérable dans les activités culturelles et politiques du monde occidental. Cependant, il est nécessaire de distinguer la conscience de la Shoah que l'on a acquise depuis peu, du génocide qui, il y a une soixantaine d'années, s'est historiquement produit. C'est cet écart que cherche à interroger le présent ouvrage ; écart multiple qui répond à des caractéristiques nationales, communautaires et mémorielles qu'il n'est pas possible de subsumer sous un seul type de conscience, ni un seul régime d'écriture. C'est pourquoi se répondent, ici, plusieurs voix venant d'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de Hongrie, d'Israël, d'Italie, de France. L'auteur alterne des présentations qui problématisent les différents aspects de la conscience contemporaine du génocide des juifs, avec des entretiens (Rony Brauman, Jochen Gerz, Alain Jaubert, lmre Kertész, Yeshayahu Leibovitz, André Mandouze, Maurice Rajsfus, Régine Robin, Emma Schnur, Tom Segev, Eyal Sivan, Tzvetan Todorov) et des textes d'auteurs, pour la plupart, inédits (Michel Celse et Pierre Zaoui, Philippe Corcuff, Valentina Pisanty, Carlo Saletti) ou non traduits en français (James E. Young, Ian Hancock). Cette composition questionne la complexité de l'oubli, le sentiment collectif de culpabilité, la pédagogie, les facteurs générationnels de transmission, les points de vue des homosexuels et des Tsiganes, les enjeux du négationnisme, la représentation artistique des archives, l'évolution des figures du juste, de la victime, du résistant du bourreau.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...