Utopie aux accents libertaires, La soi-disant utopie du centre Beaubourg imagine la création sous les fondations du centre Pompidou, alors en construction, d'une micro-société culturelle alternative. Artistes, militants, toute une faune de laissés pour compte autant que de curieux y affluent en quête d'une société autre, chargée de sens et génératrice de liens. Surfant sur les idéaux portés par l'élan de Mai 68, le lieu d'expérimentation social trouve là un bel espace d'expérimentation : partage de tout, abandon des hiérarchies, sexualité libre, remise en question de l'alimentation, de la monnaie... Le sous-sol de Beaubourg foisonne, avec ses débats et ses désaccords constants. Seul principe acceptable y lit-on : ne rien payer et voir venir ! Pourtant rien n'est simple, et les réunions d'organisation démontrent par le fait toutes les difficultés réelles de l'autogestion et de la mise en commun, sous le regard mi-amer, mi-amusé du narrateur. Lucide dans sa vision, doté d'une véritable et salutaire auto-critique de ce milieu, Albert Meister égratigne tout le monde et propose un anti-système, fruit de l'expérience d'années de terrain. Pragmatique et ouvert, tout peut y être discuté, amélioré, remis en question. Son récit nous offre un véritable regard sur la société humaine, si humaine justement, hors de tout parti-pris idéologique.
Nombre de pages
240
Date de parution
07/05/2026
Poids
250g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782889551392
Auteur
Meister Albert ; Dussert Eric
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
130
Date de parution
20260507
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
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Meister Ernst ; Klee-Palyi Flora ; Guillaume Louis
Poésie abstraite, qui pour autant ne se perd pas dans une forme hermétique ; ce n'est pas par hasard qu'on a appliqué à l'?uvre d'Ernst Meister (1911-1979) la surprenante qualification de " poésie à la Kandinsky où toute réalité est dissoute en impressions élémentaires alogiques ". Un seul grand sujet : le poème lui-même, seule et douloureuse possibilité de " dire " une phrase, et une seule expérience - le fond de toute expérience - la profondeur de la vie. Aucun poète allemand moderne, si ce n'est Paul Celan, n'a autant qu'Ernst Meister voulu affirmer, démontrer une confiance aussi inébranlable dans la poésie et le métier de poète. Dans une traduction effectuée sous la rédaction du poète Louis Guillaume (1907-1971), les poèmes publiés ici sont introduits par Eryck de Rubercy qui restitue leur portée au sein même de toute l'?uvre d'Ernst Meister. En peu de mots, ces poèmes abrupts, compacts, laissent pressentir sa lutte avec le monde extérieur, son anxieux acharnement. Fulgurances rigoureuses, mues par une inquiétude existentielle, éclairs, angoisse de la disparition de soi, l'abstraction qui les caractérise a notablement influencé la poésie contemporaine allemande. Elle a valu à Ernst Meister une reconnaissance ultime : le prix Pétrarque en 1976, le prix Rilke en 1978 et le prix Büchner en 1979.
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.
Abu Al-Hayyat Maya ; Mikhaïl Mireille ; Julien Hen
Cette anthologie des poèmes de Maya Abu Alhayyat prend pour thème la situation des Palestiniens en Palestine. A l'enseigne du titre qu'elle donne à l'anthologie, ses raccourcis ressemblent souvent à des litotes qui tournent mal. Quand elle demande "comment tu as traversé la rue" , elle se doit de préciser "à ta sortie de prison" . Une poésie de la douche froide, comme sans y toucher. La vie pourtant quand même passe, "Oh merveille" écrit-elle, avec ses petits bonheurs, ses peurs abyssales, ses révoltes rentrées, ses accès de panique. Encore et encore. Le recueil est une anthologie, composée par l'autrice Maya Abu Al-Hayyat, à partir de ses livres Ce sourire... ce coeur (2012), Robes d'intérieur et guerres (2015) et La peur (2021). La traduction s'efforce de respecter la limpide architecture formelle des poèmes et de perpétuer l'espèce de flottement d'une sensibilité à la fois toujours aux aguets et réceptive aux signaux faibles de la vie ordinaire pourtant presque impossible à vivre dans un tel contexte.
Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.