Cette anthologie montre un rude affrontement des visions du monde. Au nom des droits individuels, des libéraux s'opposent aux communistes qui tiennent aux droits collectifs. Des pragmatistes et des utilitaristes sont contre ceux qui pensent qu'il y a des idéaux à respecter. Des féodaux résistent à ceux qui pensent que tout arbitraire doit s'effacer devant le statut de citoyen. Des manipulateurs de superstitions et de croyances critiquent les rationalistes, les matérialistes et les athées. Des postmodernes s'affrontent contre les modernes. Des néolibéraux, adeptes de la destruction créatrice, se dressent contre les partisans d'un Etat-providence. Ces différentes visions de l'homme et du monde qui s'affrontent dans l'arène de la philosophie camerounaise ouvrent un champ de discussion intéressant pour l'avenir de cette discipline dont l'essence est essentiellement discursive.
Nombre de pages
510
Date de parution
29/05/2025
Poids
770g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782336537092
Auteur
Mbamfon Gervais Noël ; L.Mounpou Mohamed ; Ayissi
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Date de parution
20250529
Nombre de pages
510,00 €
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Mbamfon Gervais Noël ; Dupeyron Jean-François ; Wo
Cet essai peut nous aider à comprendre que la nécessaire déconstruction de la figure du colonisé comme "damné de la terre" n'est pas suffisante pour bâtir un avenir commun d'émancipation et de justice sociale. La Colonie renaît perpétuellement, ici et maintenant, dans l'esprit et dans la matière, sous de nouvelles formes suscitées par des politiques extractivistes, impérialistes, prédatrices, agonistiques, constituant un véritable cannibalisme planétaire selon le mot de Nancy Fraser. Elle brouille bien des consciences et importe même en Afrique, via des prédicateurs cupides et réactionnaires, des comportements régressifs dont certaines sociétés anciennes auraient eu honte : la haine de la différence sexuelle, culturelle, spirituelle ; le refus de la liberté féminine ; la diabolisation des corps et de la nudité, etc. Autant de plaies relevant aussi de la colonialité du pouvoir, du savoir et de l'être. Autant de motifs de critique philosophique. Il nous reste donc, à toutes et tous, beaucoup de pas à faire vers la "vie philosophique" dont parlait Socrate. Et les fortes paroles de Gervais Noël Mbamfon peuvent nous aider à avancer dans cette direction, même si, la vieille Afrique le sait bien, "seule la route connaît le chemin" .
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...