Le culte des saints musulmans. Des débuts de l'Islam à nos jours
Mayeur-Jaouen Catherine
GALLIMARD
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EAN :9782072984884
Souvent considéré comme marginal, le culte des saints musulmans est aujourd'hui un sujet brûlant, au coeur de l'histoire de l'islam, de sa culture et de son imaginaire. Raconter ce "creux le plus douloureux", des sociétés musulmanes revient à écrire l'histoire religieuse de l'islam sous un nouvel angle. Né dans le riche terreau de l'Antiquité tardive, lié au culte des morts et au processus d'islamisation, le culte des saints musulmans puise dans la mémoire des prophètes antéislamiques, du djihad et de la vénération du Prophète et de ses descendants. Tout un ensemble de croyances et de pratiques adressées aux saints et à des lieux sacrés apparaît en pleine lumière au IXe siècle. Il unit les dévots aux saints toujours présents dans une mystérieuse absence, à travers l'espace et le temps. Visites pieuses, pèlerinages aux sanctuaires et fêtes patronales réclament une intercession ici-bas et dans l'au-delà, aux hommes de Dieu et à de rares femmes. Du Maroc à l'Indonésie, le culte des saints s'ancre aussi dans celui des ancêtres et dans la fréquentation de lieux sacrés anonymes. En rattachant un paysage à l'islam, il affirme une identité désormais musulmane et participe à la compétition entre chiisme et sunnisme. Le phénomène, légitimé par des écrits hagiographiques et encouragé par les dynasties successives, devient massif aux XIIe et XIIIe siècles, avec l'essor des confréries soufies, le culte du Prophète, et de nouvelles vagues d'islamisation. Le culte des saints domine le paysage dévotionnel musulman jusqu'aux attaques du wahhabisme au XVIIIe siècle, puis jusqu'à celles du réformisme et enfin du salafisme actuel. Au XXe siècle, les Etats indépendants privent confréries et descendants des saints de leur pouvoir, et tentent de déplacer le culte vers celui des héros et des martyrs. D'impressionnants renouveaux s'affirment pourtant à la fin du XXe siècle, avant de nouvelles ruptures au XXIe siècle, imposées par l'urbanisation et les migrations, par Internet et le règne de l'image, par la mondialisation et la sécularisation.
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Nombre de pages
622
Date de parution
05/09/2024
Poids
686g
Largeur
140mm
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EAN
9782072984884
Titre
Le culte des saints musulmans. Des débuts de l'Islam à nos jours
Auteur
Mayeur-Jaouen Catherine
Editeur
GALLIMARD
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140
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Date de parution
20240905
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622,00 €
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Au travers des pèlerinages et des lieux saints d'Egypte, s'écrit l'histoire de la piété de tout un peuple. Depuis le XVe siècle jusqu'à maintenant, les mouleds sont des fêtes patronales annuelles célébrées au tombeau des saints coptes comme musulmans, où cohabitent expressions de piété et récréations populaires. Les pèlerinages musulmans s'organisent sur le principe des Lieux saints de La Mecque et Médine et sont fortement imprégnés de soufisme, tandis que les coptes restent fidèles aux modèles du moine - au désert - et du martyr. La culture folklorique, qui façonne encore ces pèlerinages, longtemps la seule distraction des Egyptiens, était commune aux deux confessions. Les nombreuses photographies qui illustrent l'ouvrage en témoignent. Mais, depuis la fin du XIX, siècle, le réformisme musulman puis le Renouveau copte ont élaboré une nouvelle définition restrictive du sacré. La réforme éloigne de plus en plus pèlerinages coptes et pèlerinages musulmans et censure les foires et les fêtes foraines qui les accompagnaient.
Chaque année, au c?ur du delta du Nil, se déroule un pèlerinage qui fut, des siècles durant, le plus important du monde musulman: le mouled de Tantâ. Depuis le XIIIe siècle, des millions de croyants venus des provinces et des pays voisins affluent à Tantâ pour célébrer le culte d'un saint vénéré: Badawî, colosse bienveillant qui guérit les impuissants et soigne les femmes stériles. Ce livre raconte pour la première fois l'histoire du mouled, qui éclipsa longtemps le pèlerinage à La Mecque: organisé par une confrérie soufre, il devint une foire tapageuse et débridée qui excita la curiosité des voyageurs européens au XIXe siècle. Dans leurs récits, les danses suggestives et la prostitution sacrée qui animent le mouled de Tantâ sont l'objet de tableaux felliniens avant la lettre. Les réformistes musulmans, comme les orientalistes occidentaux, ne se feront pas faute de critiquer le culte de Badawi, assimilé à un fatras de superstitions, voire à la résurgence de pratiques païennes antéislamiques. Catherine Mayeur-Jaouen montre que, loin de s'opposer à une prétendue orthodoxie religieuse, le mouled de Tantâ est le miroir de l'islam d'Égypte, unissant dans la ferveur, aujourd'hui encore, les croyants ordinaires, les ulémas et les chefs de confréries soufres. C'est à la découverte de cet islam étonnamment libre et festif que nous convie son livre.
Résumé : C'est en Haute-Egypte, la région la plus pauvre du pays, que nous emmène cet ouvrage, à la rencontre des coptes-catholiques, minorité de la minorité, au milieu d'une mer copte-orthodoxe et d'un océan musulman. C'est en suivant des prêtres égyptiens, de leur formation au séminaire, puis à Rome, jusqu'au retour dans leurs paroisses rurales, avant et après la révolution de 2011, que le lecteur découvre l'histoire de cette petite Eglise. Le livre retrace aussi l'histoire des contacts séculaires des coptes-catholiques avec des franciscains italiens et jésuites français. Le lecteur découvre enfin les communautés villageoises de cette région, pauvres et actives. Curés de campagne, les prêtres coptes-catholiques arbitrent les conflits, arrangent les mariages et luttent contre le sous-développement chronique de la Haute-Egypte délaissée par un Etat à la fois omniprésent et déficient. Ils défendent la cause des femmes dans une société patriarcale, représentent leurs paroissiens au milieu de tensions confessionnelles croissantes et face aux autorités administratives et politiques. Ce livre, comme le souligne Robert Solé dans sa préface, réussit à nous faire partager, de manière saisissante, la vie quotidienne des habitants de la vallée du Nil.
Quelles furent les conséquences de l'intégration des provinces arabes dans l'Empire ottoman sur le soufisme ? Le nouvel espace impérial permet le renouveau des voyages, depuis le Maghreb, l'Inde ou l'Asie du Sud-Est jusqu'aux Lieux saints. La Mecque et Médine, Le Caire, Damas, Zabîd, Istanbul, font figure de carrefours intellectuels. Solidement campé dans ses assises d'époque mamelouke, le soufisme égyptien entre en dialogue avec le soufisme turco-persan, s'installe dans les Villes saintes, essaime jusque dans l'océan Indien. Une littérature soufie florissante fait partie intégrante de la culture générale (adab) de " l'honnête homme " ottoman. Ce livre explore différents auteurs et genres de littérature soufie et dévotionnelle de l'époque ottomane. A travers ces textes, apparaît le soufisme vécu et transmis de l'investiture (khirqa) à la voie (tarîga): le rattachement au cheikh, les chaînes et certificats de transmission (isnâds, ijâzas), les rituels du dhikr, du concert spirituel (samâ'), de la retraite (khalwa) et des visites pieuses (ziyârât). Les confréries soufies deviennent un phénomène de masse. Dans les âpres débats doctrinaux du soufisme ottoman domine l'influence sans précédent des idées d'Ibn'Arabi. La crise du me siècle, animée par les Qadizadeli, montre l'existence de contestations anti-soufies: elle montre aussi, a contrario, la domination quasiment sans partage du soufisme sur l'islam ottoman. Seize contributions, une introduction historiographique, un index et une bibliographie générale font de ce livre une référence et un outil de travail.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.