Le Pacifique sud, ça vous dit quelque chose? Là-bas, devant mon masque de plongée, nageait le poisson-lanterne. Il éclaire avec les yeux, quand il fait sombre dans la mer, si bien que les petits poissons, attirés par cette lumière dans les profondeurs, se retrouvent devant sa gueule ornée de dents comme des aiguilles, qui se referment sur leur proie. Vous êtes cela, un poisson-lanterne. Votre visage est un piège, le poids de la gravité vous sort par les yeux, on tombe dedans, enivré par une confiance imbécile, et on ne voit pas que vous avez une bouche stupide, preuve de votre stupidité, parce que vous avez ces yeux au-dessus, qui font qu'on ne regarde pas votre bouche stupide, quand elle mord, et je parie que vous-même ne fixez, dans une glace, que vos yeux graves et que vous hypnotisez votre propre cerveau pour le rendre imbécile. Alors happez maintenant." Dans Eldorado, l'entrepreneur Aschenbrenner-"brûleur de cendres" - envisage de transformer une large zone dévastée par la guerre en complexe industriel et immobilier. Son collaborateur Anton n'est pas à la hauteur des ambitions peu scrupuleuses de son patron. La femme d'Anton, Thekla, renonce quant à elle à sa carrière de pianiste tout en se faisant humilier par sa seule élève, Manuela. Greta, la mère de Thekla, et son amant Oskar ne rêvent que d'une chose: s'accaparer les actions des terrains constructibles. Après le suicide d'Aschenbrenner, cela devient possible. Sauf que ce dernier vient hanter le quotidien d'Anton, qui peu à peu sombre dans la folie... L'Enfant froid se passe dans le monde de la classe moyenne européenne: il y a Papa et Maman, qui ont de l'argent et veulent le garder pour eux, leurs deux filles, Lena la rebelle et Tine la greluche, et leurs amants respectifs, Johann, qui confond toujours Lena avec une certaine Melanie, et Henning, qui aime exhiber son sexe dans les toilettes des dames. Sans oublier un couple avec enfant, Werner et Silke, dont on croit, sans doute à tort, qu'ils n'ont pas grand intérêt.
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Nombre de pages
121
Date de parution
23/06/2004
Poids
130g
Largeur
107mm
Plus d'informations
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EAN
9782851815521
Titre
Eldorado %3B L'Enfant froid
Auteur
Mayenburg Marius von ; Muhleisen Laurent
Editeur
L ARCHE
Largeur
107
Poids
130
Date de parution
20040623
Nombre de pages
121,00 €
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Tandis que le new british theatre, celui de Sarah Kane, de Harrower et de Ravenhill, est issu de l'ère Thatcher, de la dureté du changement que la société britannique a dû opérer dans les années quatre-vingt, la nouvelle scène allemande est indéniablement liée au flegme politique qui s'était installé à l'Ouest à cette époque et à la confrontation brutale avec l'Est après la chute du Mur. Il est peu étonnant que la virulence des résultats soit comparable. Les explosions qui retentissent alors sont donc très violentes aussi. En revanche, le style du théâtre anglais, sa préférence pour un théâtre réaliste et psychologique, est très différent du théâtre allemand qui n'a jamais nié sa parenté avec la littérature. Chez Mayenburg, les personnages sont souvent jeunes mais leur comportement n'en est pas moins bizarre. Ils n'ont rien de bon et semblent être suspendus dans un noman's land entre ciel et terre. Des égoïstes qui se haïssent eux-mêmes. Ils fabriquent des bombes artisanales sans appartenir à un mouvement clandestin. Leurs pulsions incestueuses exigent des victimes. Ils sont impotents ou attachés à un fauteuil roulant. L'auteur coupe un morceau de la réalité et le présente tel quel, sans l'étayer d'un projet politique ou social. Contre toute attente, leur langage n'est pas cru ou sans délicatesse ; il est loin d'un assemblage de propos orduriers. Marius von Mayenburg est né en 1972 à Munich. Après le bac, il entame des études d'ancien allemand. A partir de 1994, il suit des cours d'écriture dramatique à l'Ecole des Beaux-Arts de Berlin. Pour Visage de feu, il obtient en 1998 le prestigieux prix Kleist. Il est conseiller artistique de Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne à Berlin qui a créé non seulement Visage de feu mais également Parasites, sa dernière pièce. Visage de feu sera mis en scène par Alain Françon au Théâtre de la Colline. La première aura lieu le 10 mai.
Tout le monde revient toujours. Au plus tard quand la lumière s'éteint. Quelqu'un rallume, et alors tout le monde est de retour. Jamais vu autre chose.
Monsieur Lette, ingénieur doué, fait une découverte fatale, sa laideur. Pourquoi personne ne lui en a-t-il jamais parlé? Et pourquoi son chef lui jette-t-il la pierre juste avant le voyage au congrès où il doit présenter sa dernière invention? Le Moche est un personnage typique de Mayenburg, tout comme M (dans Le Chien, la nuit et le couteau), qui se retrouve à une heure trente-huit, par une chaude nuit d août, dans un cul-de-sac et ne se souvient plus comment il est arrivé là. Lorsque des individus énigmatiques tentent de le harceler, une fuite surréaliste commence et mène à une complète dissolution. Ces personnages distillent un phénomène, celui que Roland Barthes observait à l époque chez les surhommes des romans d anticipation: le réifié. Sauf que la réification a pris ici possession du commun des mortels et devient elle-même le sujet.
1935: une famille juive doit vendre sa maison de Dresde. La vente ne portera bonheur à personne. Les systèmes politiques changent au cours des années, les habitants aussi. Les nouveaux propriétaires fuient le régime communiste de la RDA pour se refugier à l Ouest. La pièce retrace les lignes de vie qui s entrecroisent dans la maison jusqu aux années quatre-vingt-dix. La chute du mur Dresde est située à l Est provoque une dernière péripétie car la famille revient de l Ouest. La lumière tombe enfin sur un tissu de mensonges et de demi-vérités savamment entretenu par tous pour cacher les vraies responsabilités des occupants successifs de la maison. Marius von Mayenburg est né en 1972. Après des études à Munich, il rejoint d abord Thomas Ostermeier à la « Baracke » du Deutsches Theater puis devient par la suite son conseiller littéraire à la Schaubühne.
Le nouveau recueil de Kae Tempest renoue avec les motifs puissants de Etreins-toi et Courir sur les cordes, où s'entrelacent amour et quête de soi. Plus introspectif ; il explore les ressorts intimes de la pulsion de vie qui se heurte aux injonctions d'une société normative, et apprend peu à peu à embrasser la puissance libératrice de sa transidentité. Kae Tempest célèbre la force du lien à la nature et rend un magnifique hommage à sa famille queer, "à tous les anges". Divisible par lui-même et par un est un livre sur la forme humaine, le corps éprouvé comme frontière, et la brûlante nécessité d'apprendre à s'aimer tel.le que l'on est. Cette quête perpétuelle d'intégrité fait de Kae Tempest un poète profondément original de notre époque.
Résumé : Satire sur le monde litte ? raire, la violence de classe et l'amour, "E ? de`ne" est la nouvelle cre ? ation d'Alice Zeniter, qu'elle mettra elle-me^me en sce`ne au cours de la saison 2024-2025. Prolongeant des re ? flexions mene ? es dans "Je suis une fille sans histoire" (L'Arche) et dans "Toute une moitie ? du monde" (Flammarion), autour de la litte ? rature comme enjeu de domination culturelle et de validation sociale, Alice Zeniter propose ici une peinture forte et nuance ? e de mondes sociaux divergents, inspire ? e par le roman "Martin Eden" de Jack London. E ? de`ne, jeune femme d'un milieu populaire, tombe amoureuse de Rose, issue de la bourgeoisie culturelle. Dans cette satire sociale, qui rappelle les rapports de domination de ? crits par Bourdieu, se rencontrent "he ? ritie`res" et pre ? cariat ouvrier de la blanchisserie d'un abattoir, ou` E ? de`ne travaille pour gagner sa vie. La nuit, elle e ? crit. Convaincue malgre ? la fatigue, le me ? pris des autres et l'absence d'argent, que c'est la` sa vocation. Quelle le ? gitimite ? sociale pourrait alors offrir la litte ? rature ? D'ou` vient cette conviction que l'on peut devenir e ? crivain ? e alors me^me que son milieu social d'origine semble l'interdire ? "La honte sociale est un fouet tre`s efficace, me^me si personne ne sait qui le manie". Devient-on alors transfuge de classe ?
Malgré l'image d'ermite qu'il s'est forgée ou qu'on lui a faite, Thomas Bernhard a participé activement à la vie sociale de l'Autriche et de l'Allemagne. A partir des années 80, il a adressé à des journaux des textes provocateurs, des "dramuscules" traitant de la xénophobie, du racisme et de la haine de l'autre dans la société d'aujourd'hui.
Anéantis, la première pièce de la dramaturge anglaise fut créée en 1995 à Londres au Royal Court Theatre. La pièce comme l'auteur devenaient immédiatement célèbres, faisant les gros titres de la presse britannique parce qu'ils décrivaient le viol, la torture et la brutalité de cette guerre qu'on appelle civile.