Extrait de l'introductionVous y êtes.Devant vous se dresse le plus célèbre château du monde. Quatre siècles d'histoire de France vous attendent au bout de la place d'armes. Sous vos pieds, ses pavés disjoints ont remplacé les étangs et les marécages. Les roues des carrosses et les sabots du peuple y sont passés avant vous.Le mot «versail» désignait jadis un terrain dont les herbes avaient été arrachées. Au temps des Valois et des premiers Bourbons, les rois de France menaient une existence nomade, partagée entre le palais du Louvre à Paris, les châteaux de la Loire et ceux de l'Île-de-France. Versailles, simple relais de chasse, connaît alors les faveurs d'Henri IV. Le Vert-Galant aime venir traquer le cerf et le sanglier dans les forêts franciliennes, en compagnie de son fils, le futur Louis XIII. Charmé par leurs escapades, ce dernier prend goût à la région au point d'y faire bâtir, en 1623, un pavillon de brique et de pierre juché au sommet d'une butte: c'est le «chétif château de Versailles» dont parle quatre ans plus tard le maréchal de Bassompierre devant l'Assemblée des notables. Au fil des ans, le roi acquiert des terres et transforme sa «chétive» demeure en «petit château de cartes». Neurasthénique et très pieux, il aspire à s'y retirer «pour ne plus songer qu'aux affaires de son salut». La mort déjoue ses plans et son fils, Louis XIV, entend faire de Versailles un séjour plus aimable.Dès 1661, les travaux commencent. Le Vau bâtit une ménagerie, une orangerie. Le Nôtre trace des jardins à la française. Ce nouveau cadre est le théâtre de fêtes sans pareilles. Le Roi-Soleil veut faire de la France la plus somptueuse cour d'Europe. Il lui faut un décor: c'est Versailles. En 1677, il décide d'y installer sa demeure principale, rompant avec la tradition qui assigne ce rôle au Louvre. Les travaux reprennent afin d'embellir ce domaine encore champêtre. L'architecte Jules Hardouin-Mansart sculpte dans la pierre le rêve royal. André Le Nôtre fait creuser des canaux, agrandit les jardins. Le 6 mai 1682, Versailles devient le siège de la cour et du gouvernement: il le sera jusqu'en 1789. Le parc et le palais servent d'écrin à la monarchie absolue, dont ils restent l'emblème encore aujourd'hui. Si le régent préfère donner ses «petits soupers» au Palais-Royal à Paris, Louis XV, attaché à Versailles, y fait élever l'opéra et le Petit Trianon.
Guy de Maupassant (1850-1893) a tout mené à vive allure: sa vie trop brève et son oeuvre. Son nom est associé aux jours dorés du canotage sur la Seine, aux dimanches à la campagne noyés d'un soleil impressionniste. Sportif accompli, amant insatiable, écrivain célèbre jusqu'en Russie, qui était vraiment Maupassant? Ce faune à l'étroit dans les ministères renonça à la sécurité de l'emploi pour suivre son destin tragique et flamboyant. Entré dans les lettres « comme un météore », il accomplit en dix ans une des oeuvres les plus importantes de la littérature française. Ses nouvelles, mais aussi ses romans, qui sont autant de victoire contre la syphilis et la folie, sont encore aujourd'hui portées à l'écran et témoignent de son étonnante modernité.
« Mon piano, c'est, pour moi, ce qu'est au marin sa frégate, c'est ce qu'est à l'Arabe son coursier, plus encore peut-être, car mon piano, jusqu'ici, c'est ma parole, c'est ma vie; c'est le dépositaire intime de tout ce qui s'est agité dans mon cerveau aux jours les plus brûlants de ma jeunesse; c'est là qu'ont été tous mes désirs, tous mes rêves, toutes mes joies et toutes mes douleurs? » Virtuose adulé tant par son charisme que par sa musique, écrivain, artiste cosmopolite épris de progrès social, compositeur prolifique, inventeur du récital de piano solo et des master classes, Franz Liszt (1811-1886), figure flamboyante du romantisme, né d'un père hongrois et d'une mère autrichienne, est le pianiste le plus influent du XIXe siècle. Sa liaison secrète et passionnée avec la comtesse Maried'Agoult, mère de ses trois enfants, leur fuite en Suisse, son mariage impossible avec une princesse russe, son amitié orageuse avec son gendre, Richard Wagner, son retour à la religion durant lequel il se fait ordonner prêtre, tout en continuant de jouer bénévolement, de composer et de prodiguer ses cours, font de sa vie un roman.
«En vacances, il faut désapprendre les allées ratissées qu'empruntent nos vies au cordeau : le temps est nu. Le cri aigre des goélands, la rumeur stridente des cigales submergent la fureur des métropoles. L'air plus vif rompt les entraves que la routine a posées sur nos âmes. Le ciel se rapproche de nous. Nous voici libres. Tapis au creux du temps comme dans une combe, nous faisons le gros dos sous la lune et reprenons peu à peu possession de nos corps qu'ébrèchent les travaux et les jours. Loin du béton, dans cette vacance qui nous rend à nous-mêmes, quelque chose doit arriver.»
Le beau court les rues : il y est désespérant, et la peinture ou plutôt la rage de peindre paraît la plus grande des folies". Eugène Delacroix (1798-1863) a connu une gloire paradoxale. Si sa Liberté guidant le peuple est sans doute un des tableaux les plus célèbres du monde, si son portrait ornait naguère les billets de cent francs, sa personnalité reste mal connue. Peintre génial, passant indifféremment d'oeuvres d'inspiration religieuse ou littéraire à d'autres plus en rapport avec l'actualité de son temps, il n'hésita pas à sacrifier le dessin au profit de la couleur. Peintre officiel du Second Empire, tantôt honni tantôt follement admiré, il fut l'un des tout premiers artistes à peindre l'Orient d'après nature. Romantique malgré lui, dandy et sauvage, misanthrope et mondain, ce grand mélancolique admiré par Baudelaire influença de nombreux peintres tels Signac, Van Gogh ou Cézanne, lequel observant Femmes d'Alger affirma : "Nous y sommes tous dans ce Delacroix".
En réalité, j'ai cédé à la facilité (...). Manque de conviction, manque de volonté car il m'en aurait fallu, de la volonté pour forcer les barrages derrière lesquels on camoufle les conditions de vie des travailleurs (...)."J'entends bien : tout le monde travaille ou presque, mais je pense aux mouilleurs de chemise, à ceux qui sont près du feu ou qui vont au charbon, et à tous ceux qui se font posséder par l'orgueil de faire un métier dangereux. "Si au lieu de donner dans le badin, j'avais mis ma patience au service de cette cause, aujourd'hui, je pourrais être gonflé d'importance".C'est par l'expression de ces regrets que Doisneau introduit cette série de photos rarement ou jamais publiées. Loin du Doisneau populaire connu et reconnu pour son Baiser de l'hôtel de ville, on découvre ici un Doisneau social, l'objectif tourné vers les milieux ouvriers. Un monde que Doisneau connaît bien. De 1934 à 1939, date de son licenciement pour retards abusifs, Doisneau fut photographe industriel aux usines de Renault Billancourt. Plus tard on sait que Doisneau fut à plusieurs reprises introduit secrètement par les militants dans les usines et les mines pour photographier leurs conditions de travail. Toutefois le style Doisneau est bien là : dès qu'il s'approche des gens, il restitue à chacun une formidable dignité faite d'émotion simple et d'humilité. On retrouve aussi cette même liberté, ce même esprit malicieux parfois subversif, léger mais non naïf. Un livre singulier, révélant des oeuvres rares et méconnues.
Découvrez les joyaux de la pâtisserie française, réalisés par Philippe Urraca, président du comité des MOF Pâtissiers depuis 2003, ainsi que 20 recettes inédites de MOF réunis à l’occasion de cet ouvrage.Philippe Urraca et Cécile Coulier proposent LE livre de référence de la pâtisserie française. Complet – tous les classiques de la pâtisserie sont présentés –, d’une extrême précision – chaque recette est détaillée en pas à pas –, il vous livre toutes les techniques, tous les gestes et tours de main pour réussir vos desserts. Des financiers aux macarons, des choux aux cakes, des moelleux aux entremets…Transmission, créativité et excellence sont les maîtres mots de cet ouvrage qui permettra à chaque pâtissier, amateur averti ou professionnel, de trouver LA recette « qui fonctionne », avec les conseils et les astuces de Philippe Urraca MOF Pâtissier. Un ouvrage d’exception à mettre entre les mains de tous les gourmands.
On l'a dit fou, astigmate, vaniteux, impie ou au contraire, fanatique... Certains ont avancé qu'El Greco n'avait jamais existé. Il fut complètement oublié, voire méprisé, avant de devenir une source d'inspiration effervescente pour Manet ou Picasso. Comment un peintre d'icônes crétois est-il parvenu à déchaîner les passions ?
1 couleur, 1 300 ans, 150 structures. Un regard inédit sur la beauté et sur l'éclat de la couleur rouge dans l'architecture, avec des réalisations signées entre autres Lina Bo Bardi, Steven Holl, Frank Gehry, Tadao Ando, Jean Nouvel et Philip Johnson. Rouge : Architecture monochrome présente des musées, installations artistiques, maisons de campagne, temples, théâtres, écoles et usines, offrant un nouveau regard sur le monde bâti à travers l'esthétique de la couleur rouge.
Explores the power of abandoned architecture, capturing the awe-inspiring drama of lost and forgotten, as well as reimagined and transformed structures across the globe. From Victorian gas holders, railway stations and factories, to World War Il flak towers and bunkers, from Gothic churches, as well as Modernist and Brutalist masterpieces, this book demonstrates that transforming our built heritage has the power to change lives, communities, neighbourhoods and cities the world over.
De l'université de Bologne, première université du monde occidental fondée en 1158, jusqu'aux prestigieuses universités anglaises et américaines, ce livre nous invite à découvrir les hauts lieux du savoir. Il pose un regard sur des universités au patrimoine architectural exceptionnel, dont la beauté traduit le pouvoir et dont l'histoire, déclinée au fil des siècles, rappelle à tous la grandeur. Au gré de la promenade photographique se succèdent amphithéâtres, bibliothèques, chapelles, salons d'honneur, théâtres anatomiques, jardins... Une visite inédite et spectaculaire de vingt-trois universités, parmi les plus renommées au monde, à travers quatorze pays, en France, en Suède, en Allemagne, en Pologne, en Italie, au Portugal, au Qatar, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada... Autant de lieux qui invitent le promeneur curieux à passer la porte de ces temples de la connaissance.