Des paysans écologistes. Politique agricole, environnement et société depuis les années 1960
Martin Jean-Philippe
CHAMP VALLON
22,00 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9791026711834
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il faut nourrir la France ! Les paysans des "Trente Glorieuses" s'attellent à la tâche. Ils modernisent leur exploitation : mécanisation, spécialisation, concentration, engrais, pesticides leur permettent d'accroître la production agricole de manière spectaculaire. Les paysans ont rempli leur mission nourricière. Mais voilà que des esprits chagrins les accusent désormais d'être des pollueurs... Très tôt pourtant une poignée d'entre eux a fait d'autres choix : du bio à l'agroécologie en passant par la biodynamie, l'agriculture durable ou paysanne, ces pionniers nommés ici "paysans-écologistes" , ont choisi de tracer des voies différentes. De nos jours, ils sont de plus en plus nombreux à avoir comme objectifs : la préservation de l'environnement, le respect de la biodiversité, la production d'une alimentation de qualité. Mais aussi l'autonomie vis-à-vis des firmes agro-alimentaires afin de garantir leur revenu. C'est l'histoire de ces hommes et de ces femmes que ce livre retrace. L'évolution de leurs pratiques est liée à leurs doutes, et à leurs interrogations sur le bien-fondé du modèle moderniste des années 1960. Si ces changements entrent en phase avec le souci accru des consommateurs envers leur alimentation, les choix des pouvoirs publics, souvent moins "verts" que leurs discours ne les favorisent pas toujours.
Nombre de pages
224
Date de parution
09/06/2023
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791026711834
Titre
Des paysans écologistes. Politique agricole, environnement et société depuis les années 1960
Auteur
Martin Jean-Philippe
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20230609
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Les années 1968 évoquent les étudiants, quelquefois les ouvriers mais rarement les agriculteurs. Pourtant, des luttes paysannes majeures, souvent oubliées, se déroulent dans l'Ouest et le Languedoc-Roussillon. Elles sont massives, fréquentes et novatrices : grève du lait, "guerre du vin", lutte du Larzac... Certaines prennent même une dynamique régionaliste et trouvent un large écho dans la société. Des paysans contestataires remettent en cause les syndicats majoritaires, défendent la nécessité d'un syndicalisme d'action démocratique, refusent le corporatisme, entrent en lutte contre la politique agricole des gouvernements voire se disent anticapitalistes. D'autres, moins engagés, empruntent au registre de la contestation et en reprennent le répertoire d'actions, les thèmes ou les alliances. Pourquoi et comment émerge un courant contestataire dans le monde paysan ? Qu'est-ce qui fait sa spécificité ? Quelles ont été ses évolutions ? Que reste-t-il aujourd'hui des débats portés par ces contestations ? En quoi la Confédération paysanne en est-elle l'héritière ? Voilà les principales questions abordées par cet ouvrage.
La Confédération paysanne est porteuse de débats et d'alliances sociales qui font son originalité et son intérêt. L'affaire dite du Mac Donald's de Millau en août 1999 et son amplification médiatique la font connaître largement. Tirée par la locomotive José Bové, elle bénéficie, un temps, d'une large reconnaissance. Les "années Bové", et leur moment d'optimisme, passées, l'enthousiasme médiatique envolé, le syndicat doit retrouver le chemin de l'action professionnelle plus classique. Il est confronté à des difficultés, proches de celles rencontrées par tout syndicat. L'objet de ce livre est d'essayer de voir comment la CP tente de répondre aux défis qui concernent l'ensemble du mouvement syndical. Comment mener de front défense professionnelle et projet de société? Quel répertoire d'actions privilégier? Une stratégie largement médiatique ne comporte-t-elle pas trop de risques? Quelles alliances sociales mettre en oeuvre et comment construire un mouvement paysan international? Enfin, défi majeur, comment renouveler les militants, souvent chenus, de la CP?
À compter de l'affaire du McDonald's de Millau et de la manifestation de Seattle en 1999, la Confédération paysanne et José Bové sont devenus des acteurs centraux du mouvement altermondialiste français. L'originalité de la Confédération, constituée en 1987 par regroupement de mouvements ayant jusqu'alors suivi des stratégies et des chemins différents, réside dans sa volonté de lier (non sans débats ni tensions) défense professionnelle et débats de société, contestation et propositions, sur fond d'opposition au libéralisme. Par ailleurs, avec sa promotion d'une "agriculture paysanne", transparaissent la critique du modèle de développement et la question du projet de société. Pour retracer l'émergence des courants qui lui ont donné naissance, l'auteur revient ici sur un demi-siècle de syndicalisme agricole, ainsi que sur les luttes sociales et les expériences politiques qui ont marqué la France depuis les années 1960. Une placeparticulière est faite aux militants qui ont participé, dans leur diversité, aux combats de cette nouvelle gauche paysanne, ainsi qu'à l'évolution de leurs positions et de leurs modes d'action. Il en ressort que ce courant a su en maintes occasions incarner lamodernité et imposer des débats de société. Cette histoire restait à écrire. Il existait bien des ouvrages ou documents militants, des travaux de journalistes et quelques articles universitaires, mais aucun livre sur l'histoire globale de cette sensibilité à l'échelle nationale. Cette absence a parfois été source deconfusion, certains épisodes pouvant être glorifiés tandis que d'autres restaient occultés. Résultat de plusieurs années de recherches menées en toute indépendance, avec esprit critique et sans parti pris, ce livre propose donc une première synthèse.
« Il s'est passé aujourd'hui des événements extrêmement graves dans la région de Narbonne [?]. Des manifestants [?] ont ouvert le feu sur des CRS, les forces de l'ordre ont riposté avec des pistolets-mitrailleurs. Le bilan est lourd, très lourd : deux morts [?] une vingtaine de blessés ».C'est avec ces mots, le 4 mars 1976, qu'Antenne 2 ouvre son journal télévisé. Ce soir-là, la France est sidérée et le Midi viticole, qui lutte pour sa survie depuis des années, est en deuil. Mais qui se souvient aujourd'hui que Joël le Goff, commandant de CRS, et Émile Pouytes, viticulteur, sont tombés à Montredon-des-Corbières ? Qui se souvient de la « guerre du vin » ...En retraçant les origines, le déroulé et les conséquences du drame, Jean-Philippe Martin ne livre pas seulement un récit poignant, il explore les mémoires enfouies du combat pour vivre de la terre. Combat qui, cinquante ans après, est toujours d'actualité.Jean-Philippe MartinAgrégé et docteur en histoire, il est spécialiste du syndicalisme agricole et de la gauche paysanne. Il a notamment publié Histoire de la nouvelle gauche paysanne (La Découverte, 2005), Des paysans écologistes (Champ Vallon, 2023) et Paysannes. Histoire de la cause des femmes dans le monde agricole (Éditions de l'Atelier, 2025).
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...