Histoire de la nouvelle gauche paysanne. Des contestations des années 1960 à la Confédération paysan
Martin Jean-Philippe
LA DECOUVERTE
24,99 €
Impression à la demande
EAN :9782707146311
À compter de l'affaire du McDonald's de Millau et de la manifestation de Seattle en 1999, la Confédération paysanne et José Bové sont devenus des acteurs centraux du mouvement altermondialiste français. L'originalité de la Confédération, constituée en 1987 par regroupement de mouvements ayant jusqu'alors suivi des stratégies et des chemins différents, réside dans sa volonté de lier (non sans débats ni tensions) défense professionnelle et débats de société, contestation et propositions, sur fond d'opposition au libéralisme. Par ailleurs, avec sa promotion d'une "agriculture paysanne", transparaissent la critique du modèle de développement et la question du projet de société. Pour retracer l'émergence des courants qui lui ont donné naissance, l'auteur revient ici sur un demi-siècle de syndicalisme agricole, ainsi que sur les luttes sociales et les expériences politiques qui ont marqué la France depuis les années 1960. Une placeparticulière est faite aux militants qui ont participé, dans leur diversité, aux combats de cette nouvelle gauche paysanne, ainsi qu'à l'évolution de leurs positions et de leurs modes d'action. Il en ressort que ce courant a su en maintes occasions incarner lamodernité et imposer des débats de société. Cette histoire restait à écrire. Il existait bien des ouvrages ou documents militants, des travaux de journalistes et quelques articles universitaires, mais aucun livre sur l'histoire globale de cette sensibilité à l'échelle nationale. Cette absence a parfois été source deconfusion, certains épisodes pouvant être glorifiés tandis que d'autres restaient occultés. Résultat de plusieurs années de recherches menées en toute indépendance, avec esprit critique et sans parti pris, ce livre propose donc une première synthèse.
Nombre de pages
311
Date de parution
10/11/2005
Poids
304g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707146311
Titre
Histoire de la nouvelle gauche paysanne. Des contestations des années 1960 à la Confédération paysan
Auteur
Martin Jean-Philippe
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
136
Poids
304
Date de parution
20051110
Nombre de pages
311,00 €
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Les années 1968 évoquent les étudiants, quelquefois les ouvriers mais rarement les agriculteurs. Pourtant, des luttes paysannes majeures, souvent oubliées, se déroulent dans l'Ouest et le Languedoc-Roussillon. Elles sont massives, fréquentes et novatrices : grève du lait, "guerre du vin", lutte du Larzac... Certaines prennent même une dynamique régionaliste et trouvent un large écho dans la société. Des paysans contestataires remettent en cause les syndicats majoritaires, défendent la nécessité d'un syndicalisme d'action démocratique, refusent le corporatisme, entrent en lutte contre la politique agricole des gouvernements voire se disent anticapitalistes. D'autres, moins engagés, empruntent au registre de la contestation et en reprennent le répertoire d'actions, les thèmes ou les alliances. Pourquoi et comment émerge un courant contestataire dans le monde paysan ? Qu'est-ce qui fait sa spécificité ? Quelles ont été ses évolutions ? Que reste-t-il aujourd'hui des débats portés par ces contestations ? En quoi la Confédération paysanne en est-elle l'héritière ? Voilà les principales questions abordées par cet ouvrage.
La Confédération paysanne est porteuse de débats et d'alliances sociales qui font son originalité et son intérêt. L'affaire dite du Mac Donald's de Millau en août 1999 et son amplification médiatique la font connaître largement. Tirée par la locomotive José Bové, elle bénéficie, un temps, d'une large reconnaissance. Les "années Bové", et leur moment d'optimisme, passées, l'enthousiasme médiatique envolé, le syndicat doit retrouver le chemin de l'action professionnelle plus classique. Il est confronté à des difficultés, proches de celles rencontrées par tout syndicat. L'objet de ce livre est d'essayer de voir comment la CP tente de répondre aux défis qui concernent l'ensemble du mouvement syndical. Comment mener de front défense professionnelle et projet de société? Quel répertoire d'actions privilégier? Une stratégie largement médiatique ne comporte-t-elle pas trop de risques? Quelles alliances sociales mettre en oeuvre et comment construire un mouvement paysan international? Enfin, défi majeur, comment renouveler les militants, souvent chenus, de la CP?
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il faut nourrir la France ! Les paysans des "Trente Glorieuses" s'attellent à la tâche. Ils modernisent leur exploitation : mécanisation, spécialisation, concentration, engrais, pesticides leur permettent d'accroître la production agricole de manière spectaculaire. Les paysans ont rempli leur mission nourricière. Mais voilà que des esprits chagrins les accusent désormais d'être des pollueurs... Très tôt pourtant une poignée d'entre eux a fait d'autres choix : du bio à l'agroécologie en passant par la biodynamie, l'agriculture durable ou paysanne, ces pionniers nommés ici "paysans-écologistes" , ont choisi de tracer des voies différentes. De nos jours, ils sont de plus en plus nombreux à avoir comme objectifs : la préservation de l'environnement, le respect de la biodiversité, la production d'une alimentation de qualité. Mais aussi l'autonomie vis-à-vis des firmes agro-alimentaires afin de garantir leur revenu. C'est l'histoire de ces hommes et de ces femmes que ce livre retrace. L'évolution de leurs pratiques est liée à leurs doutes, et à leurs interrogations sur le bien-fondé du modèle moderniste des années 1960. Si ces changements entrent en phase avec le souci accru des consommateurs envers leur alimentation, les choix des pouvoirs publics, souvent moins "verts" que leurs discours ne les favorisent pas toujours.
« Il s'est passé aujourd'hui des événements extrêmement graves dans la région de Narbonne [?]. Des manifestants [?] ont ouvert le feu sur des CRS, les forces de l'ordre ont riposté avec des pistolets-mitrailleurs. Le bilan est lourd, très lourd : deux morts [?] une vingtaine de blessés ».C'est avec ces mots, le 4 mars 1976, qu'Antenne 2 ouvre son journal télévisé. Ce soir-là, la France est sidérée et le Midi viticole, qui lutte pour sa survie depuis des années, est en deuil. Mais qui se souvient aujourd'hui que Joël le Goff, commandant de CRS, et Émile Pouytes, viticulteur, sont tombés à Montredon-des-Corbières ? Qui se souvient de la « guerre du vin » ...En retraçant les origines, le déroulé et les conséquences du drame, Jean-Philippe Martin ne livre pas seulement un récit poignant, il explore les mémoires enfouies du combat pour vivre de la terre. Combat qui, cinquante ans après, est toujours d'actualité.Jean-Philippe MartinAgrégé et docteur en histoire, il est spécialiste du syndicalisme agricole et de la gauche paysanne. Il a notamment publié Histoire de la nouvelle gauche paysanne (La Découverte, 2005), Des paysans écologistes (Champ Vallon, 2023) et Paysannes. Histoire de la cause des femmes dans le monde agricole (Éditions de l'Atelier, 2025).
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.