L'économie des passions. Essai sur le Décaméron de Boccace
Mariani Zini Fosca
PU SEPTENTRION
23,00 €
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EAN :9782757403990
Contre l'historiographie dominante, qui réduit le Décaméron à un projet poétique en langue vernaculaire, marqué par le principe de plaisir, ou à l'expression d'un parcours chrétien du vice à la vertu, cet essai propose une interprétation philosophique de l'oeuvre de Boccace. Ses nouvelles sont une " expérience de pensée " sur les conséquences extrêmes, voire l'échec, de l'introduction de l'utilité, de l'intérêt et de l'amour-propre dans l'éthique. L'économie des passions, le calcul entre le dû et le don, la recherche d'un surcroît minent la morale de la " grande âme ", caractérisée par la générosité et la magnificence. Contre cette logique, Boccace oppose le désintéressement et la désappropriation de soi des personnages des derniers récits. Son interprétation se caractérise par l'interrogation sur la vertu, empruntée à Cicéron et à Sénèque, mais reprise par les milieux laïques des cours italiennes, qui a revendiqué la place des biens secondaires (comme la renommée, le pouvoir ou la richesse) dans la réalisation de la sagesse et de la félicité. Cette approche philosophique, qui lie étroitement la réflexion morale à la forme poétique de la nouvelle, est inédite, et non seulement en France. Elle comble également un vide, puisque les deux autres grands poètes du XIVe siècle italien, Dante et Pétrarque, ont été récemment réintégrés dans l'histoire de la philosophie médiévale.
Nombre de pages
224
Date de parution
09/11/2012
Poids
438g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782757403990
Titre
L'économie des passions. Essai sur le Décaméron de Boccace
Auteur
Mariani Zini Fosca
Editeur
PU SEPTENTRION
Largeur
160
Poids
438
Date de parution
20121109
Nombre de pages
224,00 €
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La calomnie est la falsification volontaire du discours d'autrui : elle fait dire à quelqu'un ce qu'il n'a pas dit. A la Renaissance, lorsque la grammaire se transforma en philologie, la calomnie devint un "philosophème", l'unité focale d'un réseau de notions et de problèmes, exprimant la nouvelle conscience des écarts entre la pensée, son expression dans une langue historique et sa communication. Contre les lectures fautives, le philologue rétablit le sens authentique des oeuvres du passé. Par son pouvoir de miner la crédibilité d'autrui, la calomnie fut également un objet de réflexion politique et religieuse, incitant même Botticelli à en donner une représentation picturale. Cet essai se propose d'analyser les dispositifs de la calomnie, ainsi que ses effets et ses remèdes, dans ses lieux historiques d'apparition. Ainsi, après avoir examiné l'émergence de la calomnie à la Renaissance, on en étudiera la réélaboration dans la défense de Descartes contre ceux qui l'accusaient d'hérésie. Le problème humaniste de la communication se transforme ici dans celui de la juste compréhension des idées et dans l'examen des passions négatives et les vertus qui les contrecarrent, notamment la générosité. Si ces éléments constituent la préhistoire de l'herméneutique, l'étude de l'herméneutique générale du XVIIe-XVIIIe siècle, visant à contrer les calomnies de l'interprète malicieux, en représente sa première forme. On verra enfin comment la calomnie fut réduite ensuite à la médisance.
Ces études soulignent le caractère novateur, dans la pensée du Quattrocento, de la philologie, en tant qu'art de la critique et de l'interprétation des ?uvres. La philologie se traduit par un retour réfléchi aux sources, entrepris dans une perspective que l'on peut déjà qualifier d'" historique " : la tradition cesse d'être le lieu d'une autorité incontestable pour devenir l'objet d'un examen critique. Les humanistes sont ainsi, par le biais de la philologie, les premiers véritables historiens de la philosophie : plus que des thèses immuables, les différents mouvements de pensée lèguent des problèmes et des objets de controverse. Ainsi, être " platonicien " ou " aristotélicien " ne signifie pas adhérer inconditionnellement à une "école" ou à une "secte", mais s'insérer dans une tradition de pensée où la restitution et l'interprétation de ses ?uvres vont de pair avec l'autonomie du jugement critique et le renouvellement de la réflexion. Le livre comporte trois sections : "Savoir lire", où E. Kessler, M. Bollack et A. Grafton examinent les modalités de lecture d'humanistes tels que B. Guarino, M. Marulle et J. Pic de la Mirandole ; "Les controverses philosophiques", où J. Hankins, J. Kraye, E. Rudolph et Ch.S. Celenza analysent l'originalité des opérations d'interprétation, de démontage et de remontage de certains problèmes philosophiques chez L. Bruni, A. Politien et en particulier chez M. Ficin ; "Lorenzo Valla, philologue et philosophe", où J. Monfasani, S.I. Camporeale et F. Mariani Zini examinent le caractère exemplaire du projet de l'humaniste romain.
Dante, Pétrarque et Boccace écrivent dans deux langues, le latin et le vernaculaire, et ils consacrent une partie de leur œuvre à la réflexion philosophique. Il s'agit pour eux d'élaborer, à coté d'un savoir en latin, une culture philosophique dans les deux langues, qui puisse répondre aux attentes du nouveau public laïc cultivé des cours princières. C'est pourquoi Dante défend le vernaculaire comme une langue possible de culture, ou Boccace présente une classification complexe de la fabula. Mais l'interrogation la plus significative concerne les critères de la " vie bonne ", à la fois heureuse et vertueuse, qu'il s'agisse de penser l'universalité d'un modèle politique et de se confronter aux idéaux universitaires, de prendre congé d'une morale universelle, ou de la difficulté de se reconnaître soi-même par l'imitation créatrice de modèles anciens. La physique ou la cosmologie ne sont pas dédaignées, mais restituées à leurs dimensions à la fois naturelles et symboliques.
Sous l'Ancien Régime, les finances du roi de France étaient nimbées de secret jusqu'au jour où le célèbre Necker décida de publier le montant estimé des recettes et surtout des dépenses de la monarchie. Le public découvrit alors le montant faramineux des pensions que Louis XVI payait à une grande partie de la noblesse. À la Révolution, l'Assemblée nationale décida d'enquêter puis révéla la manière dont les fonds publics tirés de la contrainte fiscale avaient pu servir à subventionner des courtisans. C'est à la fois l'histoire de cette enquête mais aussi celle de l'objet enquêté que ce livre propose de faire découvrir au lecteur. En décrivant pour la première fois, grâce à des archives inédites, les usages de cette pratique sociale qui liait le roi à la noblesse, l'auteur jette un regard nouveau sur les ressorts de la crise finale de l'Ancien Régime et retrace la genèse du premier système de retraite de la fonction publique d?État.4e de couverture : Sous l'Ancien Régime, les finances du roi de France étaient nimbées de secret jusqu'au jour où le célèbre Necker décida de publier le montant estimé des recettes et surtout des dépenses de la monarchie. Le public découvrit alors le montant faramineux des pensions que Louis XVI payait à une grande partie de la noblesse. À la Révolution, l'Assemblée nationale décida d'enquêter puis révéla la manière dont les fonds publics tirés de la contrainte fiscale avaient pu servir à subventionner des courtisans. C'est à la fois l'histoire de cette enquête mais aussi celle de l'objet enquêté que ce livre propose de faire découvrir au lecteur. En décrivant pour la première fois, grâce à des archives inédites, les usages de cette pratique sociale qui liait le roi à la noblesse, l'auteur jette un regard nouveau sur les ressorts de la crise finale de l'Ancien Régime et retrace la genèse du premier système de retraite de la fonction publique d?État.Notes Biographiques : Benoît Carré est chercheur en histoire moderne, spécialiste de l'Ancien Régime et de la Révolution. Il est docteur de l'Université de Lille depuis 2018. Distribuer l'argent du roi au XVIIIe siècle est son premier livre.