La calomnie, un philosophème humaniste. Pour une préhistoire de l'herméneutique
Mariani Zini Fosca
PU SEPTENTRION
20,00 €
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EAN :9782757409534
La calomnie est la falsification volontaire du discours d'autrui : elle fait dire à quelqu'un ce qu'il n'a pas dit. A la Renaissance, lorsque la grammaire se transforma en philologie, la calomnie devint un "philosophème", l'unité focale d'un réseau de notions et de problèmes, exprimant la nouvelle conscience des écarts entre la pensée, son expression dans une langue historique et sa communication. Contre les lectures fautives, le philologue rétablit le sens authentique des oeuvres du passé. Par son pouvoir de miner la crédibilité d'autrui, la calomnie fut également un objet de réflexion politique et religieuse, incitant même Botticelli à en donner une représentation picturale. Cet essai se propose d'analyser les dispositifs de la calomnie, ainsi que ses effets et ses remèdes, dans ses lieux historiques d'apparition. Ainsi, après avoir examiné l'émergence de la calomnie à la Renaissance, on en étudiera la réélaboration dans la défense de Descartes contre ceux qui l'accusaient d'hérésie. Le problème humaniste de la communication se transforme ici dans celui de la juste compréhension des idées et dans l'examen des passions négatives et les vertus qui les contrecarrent, notamment la générosité. Si ces éléments constituent la préhistoire de l'herméneutique, l'étude de l'herméneutique générale du XVIIe-XVIIIe siècle, visant à contrer les calomnies de l'interprète malicieux, en représente sa première forme. On verra enfin comment la calomnie fut réduite ensuite à la médisance.
Nombre de pages
173
Date de parution
20/08/2015
Poids
246g
Largeur
160mm
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EAN
9782757409534
Titre
La calomnie, un philosophème humaniste. Pour une préhistoire de l'herméneutique
Auteur
Mariani Zini Fosca
Editeur
PU SEPTENTRION
Largeur
160
Poids
246
Date de parution
20150820
Nombre de pages
173,00 €
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Contre l'historiographie dominante, qui réduit le Décaméron à un projet poétique en langue vernaculaire, marqué par le principe de plaisir, ou à l'expression d'un parcours chrétien du vice à la vertu, cet essai propose une interprétation philosophique de l'oeuvre de Boccace. Ses nouvelles sont une " expérience de pensée " sur les conséquences extrêmes, voire l'échec, de l'introduction de l'utilité, de l'intérêt et de l'amour-propre dans l'éthique. L'économie des passions, le calcul entre le dû et le don, la recherche d'un surcroît minent la morale de la " grande âme ", caractérisée par la générosité et la magnificence. Contre cette logique, Boccace oppose le désintéressement et la désappropriation de soi des personnages des derniers récits. Son interprétation se caractérise par l'interrogation sur la vertu, empruntée à Cicéron et à Sénèque, mais reprise par les milieux laïques des cours italiennes, qui a revendiqué la place des biens secondaires (comme la renommée, le pouvoir ou la richesse) dans la réalisation de la sagesse et de la félicité. Cette approche philosophique, qui lie étroitement la réflexion morale à la forme poétique de la nouvelle, est inédite, et non seulement en France. Elle comble également un vide, puisque les deux autres grands poètes du XIVe siècle italien, Dante et Pétrarque, ont été récemment réintégrés dans l'histoire de la philosophie médiévale.
Ces études soulignent le caractère novateur, dans la pensée du Quattrocento, de la philologie, en tant qu'art de la critique et de l'interprétation des ?uvres. La philologie se traduit par un retour réfléchi aux sources, entrepris dans une perspective que l'on peut déjà qualifier d'" historique " : la tradition cesse d'être le lieu d'une autorité incontestable pour devenir l'objet d'un examen critique. Les humanistes sont ainsi, par le biais de la philologie, les premiers véritables historiens de la philosophie : plus que des thèses immuables, les différents mouvements de pensée lèguent des problèmes et des objets de controverse. Ainsi, être " platonicien " ou " aristotélicien " ne signifie pas adhérer inconditionnellement à une "école" ou à une "secte", mais s'insérer dans une tradition de pensée où la restitution et l'interprétation de ses ?uvres vont de pair avec l'autonomie du jugement critique et le renouvellement de la réflexion. Le livre comporte trois sections : "Savoir lire", où E. Kessler, M. Bollack et A. Grafton examinent les modalités de lecture d'humanistes tels que B. Guarino, M. Marulle et J. Pic de la Mirandole ; "Les controverses philosophiques", où J. Hankins, J. Kraye, E. Rudolph et Ch.S. Celenza analysent l'originalité des opérations d'interprétation, de démontage et de remontage de certains problèmes philosophiques chez L. Bruni, A. Politien et en particulier chez M. Ficin ; "Lorenzo Valla, philologue et philosophe", où J. Monfasani, S.I. Camporeale et F. Mariani Zini examinent le caractère exemplaire du projet de l'humaniste romain.
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
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