Les relations transsahariennes à l'époque contemporaine. Un espace en constante mutation
Marfaing Laurence ; Wippel Steffen
KARTHALA
31,01 €
Epuisé
EAN :9782845864757
Le Sahara, souvent considéré comme une barrière difficilement franchissable entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne, représente également un espace de transit, de rencontres et d'échanges pour les hommes, les biens et les idées. On retrouve dans cet espace les traces des relations qui existent depuis toujours, bien qu'elles aient souvent été inégales au fil du temps. Les relations actuelles, qui ont connu un regain d'intensité, surtout dans cette dernière décennie, incitent à parler d'une revitalisation des anciennes relations à travers le Sahara. C'est dans la multitude des perspectives que se dessine la complexité du Sahara et de l'espace transsaharien. Selon la perspective utilisée, on percevra un espace de relations aux références communes, tant historiquement parlant que de nos jours, ou au contraire un espace de violence et de conflits issus de tensions latentes contradictoires. Dans cet espace où les frontières établies pour limiter les Etats-Nations perdent une partie de leur signification et où leurs perceptions sont floues, où les logiques économiques et politiques sont telles que les alliances et les références se renouvellent sans cesse, les espaces de sociabilité sont en constante mouvance et forment de nouveaux espaces intermédiaires et de nouveaux points charnières. En prenant en considération l'espace maghrébin, saharien, sahélien et transsaharien, et leurs populations dans leur ensemble ce que l'on ne fait plus depuis l'époque coloniale, les auteurs parviennent à surmonter une " balkanisation " de fait de cet espace et sont allés sur les traces des acteurs par le bas, qui, eux, ne l'ont jamais prise en considération.
Nombre de pages
483
Date de parution
01/12/2003
Poids
660g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845864757
Auteur
Marfaing Laurence ; Wippel Steffen
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20031201
Nombre de pages
483,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce volume aborde des phénomènes de mobilité spatiale rarement pris en considération dans les débats actuels en sciences sociales où elle est considérée comme un "principe général de la modernité" et célébrée comme un nouveau paradigme. A l'exemple de l'espace Sahara-Sahel, les auteurs traitent ici de variantes "banales" de la mobilité et du mouvement dans la mesure où elles représentent des formes élémentaires de recherche de subsistance et de revenu. Ces formes sont le contraire de ce que l'on peut assimiler à des stratégies de "libre choix" ou à des expressions d'une individualité moderne. Une des particularités des contributions présentées ici est d'analyser diverses formes de mobilité spatiale, tant régionales qu'à travers des exemples classiques de migration européenne, non seulement en fonction de leurs effets économiques sur l'individu et la collectivité d'origine mais aussi des implications locales et régionales qu'elles génèrent. L'objectif de cet ouvrage est ainsi d'attirer l'attention sur le fait que ces mouvements présentent un potentiel inhérent de changement et de développement. Les textes ont été rédigés à partir des communications présentées à un atelier de travail interdisciplinaire financé par la Fondation allemande pour la Recherche (DFG), à Bamako en février 2011. Des études empiriques sur l'espace Sahara-Sahel y ont été mises en lumière dans une perspective "vue de loin", qui compare les conditions politiques et administratives des mobilités en Afrique de l'Ouest et en Amérique latine. S'y ajoute une perspective "vue de près" qui suggère une conception de la mobilité inspirée de celle des nomades sahélosahariens et non de celle des voyageurs occidentaux modernes.
La Chine et l'Afrique sont les deux faces complémentaires d'une même pièce représentant une mondialisation commerciale spécifique. On le sait, depuis une quinzaine d'années maintenant, nombreux sont les petits entrepreneurs chinois qui se sont installés en Afrique. Ce qui, en revanche, est moins connu, c'est que dans ce même laps de temps un grand nombre d'opérateurs économiques africains ont choisi la Chine pour y chercher des occasions d'affaires. L'impact de cette rencontre des entrepreneurs transnationaux chinois et africains n'a pas jusqu'à présent suscité beaucoup d'intérêt auprès des chercheurs. Pourtant les opportunités qui en émergent ont un effet stimulateur sur les adaptations sociales et, avec les importations des produits fabriqués en Chine, jouent un rôle évident sur les imaginaires. Les auteurs proposent ici une nouvelle perspective issue d'un riche corpus d'études empiriques menées ces dernières années, en Afrique comme en Chine, par des chercheurs originaires d'Europe, d'Afrique, de Chine ou encore d'Amérique du Nord, et venus de divers horizons disciplinaires. En incarnant la mondialisation par le bas dans leurs pratiques économiques transnationales, ces entrepreneurs sont porteurs de transformations dans leurs sociétés respectives. Et cela dans des domaines aussi divers que l'évolution des normes et des pratiques, les stratégies pour l'accès aux ressources, les habitudes de consommation, les modes, les goûts et les manières de vivre. Communément répertoriées sous l'expression générique de " mobilité Sud-Sud ", la rencontre et les interactions entre entrepreneurs africains et chinois ne sont plus considérées uniquement dans une perspective d'intégration dans la société d'accueil. Elles représentent un phénomène nouveau qui révèle les contours d'une rencontre toute particulière, introduisant les entrepreneurs africains dans un univers économique élargi, au-delà des relations commerciales avec l'Europe.
Soir d'avril 1976. Soir de printemps. L'air sent le parfum des jeunes filles folles, celles des publicités, hardies et rieuses, qui ne le remarquent jamais, lui qui semble encore être un gamin, à presque seize ans.- C'est gentil à toi de venir, dit la mère de Maud, mais elle ne veut voir personne.- Ah? dit Liber.La mère de Maud affiche son chagrin avec indécence: yeux rouges et gonflés, main agrippée à la boule sale et humide d'un mouchoir, coiffure plate et visage désolé. Liber rougit et baisse le nez. La mère de Maud est en pantoufles, des pantoufles orange vif bordées d'une fausse fourrure criarde.- Je vais quand même aller la prévenir, souffle enfin la mère de Maud. Tu t'appelles......- Liber, on est dans la même classe, dans la même seconde, tient-il à préciser car il sait qu'on le prend souvent (hélas) pour un collégien.- Oui, oui, gémit la mère de Maud, elle nous parlait parfois de toi.Pourquoi elle parlait? Pourquoi ce ton accablé? Maud n'est pas morte, non...La mère de Maud monte les escaliers, les semelles de ses pantoufles font Tap, Tap, Tap sur les marches, et la plante de ses pieds, en écho assourdi, fait Pschh, Pschh, Pschh, en rejoignant les talons de ses mules. La mère de Maud monte les escaliers pesamment.Tap-Pschh, Tap-Pschh, Tap-Pschh...Liber met les mains dans ses poches.C'est la seule chose solide sur quoi s'appuyer en ce moment. Merci aux enfants maigres et voûtés d'Asie, cousant, cousant, cousant, dans des ateliers sombres, humides, bourdonnants.Bâillement d'une porte qu'on ouvre.(Le fond de mes poches est solide, lui au moins est solide.)Soupir d'une porte refermée doucement. (Le fond de mes poches est solide, lui au moins est solide.)Bruits de... sanglots...Oui, ce ne peut être que des sanglots.Panique.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.