Au tournant des années trente, plusieurs photographes ont commencé à utiliser les portraits dans une optique documentaire. Cette torsion du genre n'allait pas de soi : comment les photographies d'individus fixés dans leur singularité pouvaient-elles devenir les portraits de groupes sociaux ou d'une société tout entière ? Une telle transformation soulève des questions sur les rapports du particulier au général, sur les notions d'exemplarité, de représentativité, sur les conditions de généralisation, etc. Or, dans le même temps où la photographie documentaire s'inspirait plus ou moins librement des sciences sociales, ces dernières se détournaient de l'image pour mieux s'affirmer dans les enceintes académiques. De ce divorce, sont issues les disciplines que nous connaissons aujourd'hui, années du seul discours écrit et fermées aux données visuelles et, plus largement, sensorielles. Constater la rupture est une chose, la dépasser en est une autre. Ce livre se propose d'explorer quelques pistes ouvertes par la confrontation de la démarche artistique, celle des photographes en particulier, et de la démarche scientifique. Pour peu, en effet, que l'on prête intérêt à la manière dont l'art et la science se font, et non plus seulement dont ils se pensent, il devient pertinent de décloisonner les différents regards qui se croisent sur les mêmes réalités et, au risque de bousculer les hiérarchies intellectuelles, de s'appliquer à réfléchir les sciences sociales dans le miroir des images. Au bout du compte, l'enjeu serait de réussir à penser aussi avec les yeux.
Nombre de pages
267
Date de parution
07/03/1997
Poids
354g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738447746
Titre
La photographie, un miroir des sciences sociales
ISBN
2738447740
Auteur
Maresca Sylvain
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
354
Date de parution
19970307
Nombre de pages
267,00 €
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Les représentants de la paysannerie possèdent généralement des propriétés économiques, culturelles ou sociales peu répandues, qui les distinguent des autres paysans. Autrement dit, ceux qui ont la charge de donner la représentation de la paysannerie sont parmi les moins conformes à la réalité de la paysannerie. La mise en évidence de la distance qui sépare les dirigeants du reste de la paysannerie est indispensable pour rendre compte de leur action à la tète des organisations professionnelles et de ses effets sélectifs. Mais comment des agriculteurs aussi distingués parviennent-ils à s'imposer comme représentatifs de la paysannerie ? Comment s'établit l'équilibre entre ce qui les distingue et ce qui les rapproche des agriculteurs ? Pour comprendre cet alliage complexe de distinction et de représentativité, il faut déterminer comment sont sélectionnés les représentants agricoles, comment se produit leur image officielle et comment s'impose leur discours sur l'agriculture, bref, il faut ressaisir, dans un cas hautement significatif, la logique des mécanismes de délégation.
Le numérique a touché de plein fouet les photographes professionnels en modifiant radicalement non seulement leurs outils, mais également leur manière de travailler. En l'espace de vingt ans, ils ont adopté l'informatique, complètement renouvelé leur matériel de prise de vue, modifié leurs façons de réaliser et surtout de finaliser, de transmettre leurs images, dans un contexte général marqué par l'essor d'Internet, source d'une circulation mondialisée des images. Ce livre explore les retombées sociales, culturelles, économiques de cette mutation technologique selon une approche délibérément ethnographique, émaillée de bout en bout par des plongées dans des cas singuliers et néanmoins représentatifs, parla restitution des propos de représentants divers de la profession photographique, par des extraits d'articles ou d'interviews parus dans la presse, etc. Le mouvement a beau avoir été général, on découvre ainsi que les réactions des photographes ont été multiples, précoces ou tardives, enthousiastes ou réticentes, convaincues ou dubitatives, révélant une fois de plus combien cette profession était hétérogène. Au-delà de ce milieu professionnel particulier, cette enquête s'est attachée à établir des points de comparaison avec les incidences du numérique dans d'autres professions créatives : cinéma, composition musicale, montage son, graphisme.
Les dernières années ont vu se multiplier en France les initiatives visant à discuter de l'intérêt des images dans les enquêtes de sciences sociales. Beaucoup de ces débats ont porté davantage sur des questions de principe (fiabilité des images, pertinence relative par rapport au texte, etc.) que sur la discussion d'expérimentations concrètes. Dans le même temps persiste une forme répandue de désintérêt, qui ressort par exemple à la lecture des principaux manuels consacrés à l'observation en sociologie. A mesure que les images deviennent une partie intégrante et essentielle de la culture des jeunes générations, dans une société elle-même envahie par les images, l'impératif se fait sentir d'entrer dans le vif du sujet en abordant les questions méthodologiques et techniques afin de donner aux étudiants de sociologie des outils pratiques pour utiliser les images avec à propos et rigueur. Ce précis de photographie se veut avant tout pratique, utile. Il vise à montrer ce que l'on peut faire concrètement avec un appareil photo dans le cadre d'enquêtes sociologiques. A l'occasion, il fera des incursions dans d'autres sciences sociales (ethnologie, géographie...), mais aussi ponctuellement dans le domaine du film.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...